Créée en 1993, la réserve naturelle de Tella se trouve dans la délégation de Kasserine-Sud. Elle est située dans un plateau à la limite ouest du Parc national de Jebel Chaâmbi.
La réserve est accessible par l'entrée du parc via la piste carrossable menant vers le sommet de Jebel Chaâmbi, le plus haut point de la Tunisie.
A mi-parcours de cette piste, une autre piste part vers la gauche et rejoint la réserve.
Le but de la création de la réserve était la conservation de ce plateau renfermant une flore abondante et variée avec un patrimoine archéologique particulier. La station météorologique de Kasserine voisine de la réserve de Tella enregistre une pluviométrie annuelle moyenne de 335mm. Au niveau de la réserve et du fait de son altitude (1.300 mètres), la pluviométrie devrait être supérieure à cette mesure. En ce qui concerne les températures, la moyenne des minima est de 2°C et celle des maxima de 30°C.
La réserve renferme une clairière entourée d'une forêt de pins d'Alep, ainsi que des ruines romaines dont notamment celles d'un théâtre et des presses à huile. L'existence de ces huileries indique que cette zone était occupée, jadis, par une importante oliveraie, mais aucune trace de cette dernière n'est aujourd'hui visible.
Le pin d'Alep constitue la principale espèce végétale des environs de la réserve. Il est associé au genévrier de Phénicie et au romarin. L'alfa, qui constitue des nappes au bas du massif de Chaâmbi, ne se retrouve plus que sous forme de touffes isolées aux alentours de la réserve. Notons également l'existence particulière de retama sphacrocarpa. La clairière est dominée par des graminés et des légumineuses de pelouse.
Par ailleurs, la réserve abrite actuellement une faune diversifiée comprenant notamment le mouflon à manchettes, le sanglier, la gazelle de montagne, l'hyène rayée, le chacal, le chat ganté, le renard, le lièvre, le hérisson, le porc-épic et le goundi.
On peut rencontrer aussi dans la réserve des reptiles comme la couleuvre de Montpellier, des amphibiens comme le crapaud de Mauritanie et des oiseaux tels que l'aigle royal, l'aigle botté, la buse féroce, le faucon pèlerin, le faucon crécerelle, le circaète Jean-le-blanc, la perdix gambra, la tourterelle des bois, le guêpier d'Europe
Les timbres-poste qui illustrent notre article représentent le mouflon à manchettes et le porc-épic se trouvant dans la réserve naturelle de Tella.
Le mouflon à manchettes
C'est le seul représentant sauvage des caprins en Afrique. Cet animal a une crinière courte et dressée sur le cou et les épaules et très longue sur la gorge.
Les femelles sont plus petites que les mâles, leurs cornes sont moins développées et les poils du tablier moins longs.
Les mouflons à manchettes sont des animaux sédentaires qui vivent en petits groupes familiaux de 5 à 20 individus menés par un mâle dominant.
La femelle met bas au printemps, parfois en automne, après une gestation de 150 à 165 jours. Il peut y avoir deux portées par an constituées d'un seul petit ou exceptionnellement deux.
Le mouflon à manchettes est un herbivore qui se nourrit de feuilles et de fruits de diverses espèces de graminées, herbacées ou arbustives.
Quand il en a la possibilité, il s'abreuve quotidiennement. Il se rencontre dans les zones montagneuses arides, à parois rocheuses escarpées au centre et au sud de la Tunisie. C'est un grimpeur et un sauteur remarquable.
Le porc-épic
Ce rongeur parcourt jusqu'à 15 km la nuit en quête de racines, de tubercules, de baies et de fruits, seul, en couple ou en petits groupes. Il passe la journée dans une grotte ou une anfractuosité rocheuse. Après une gestation de 6 à 8 semaines, la femelle donne le jour à une portée de 1 à 4 petits aux soins desquels le mâle participe.
Cet animal communique en entrechoquant ses piquants et en grognant.
S'il se sent menacé, le porc-épic dresse ses piquants et charge l'ennemi à reculons. Ceux-ci se détachent alors facilement et leur pointe barbelée s'enfonce dans la chair de l'agresseur. Ces armes ont un effet dissuasif sur les prédateurs.

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