La Presse (Tunis)

Paulo Duarte-"Je n'ai pas une grande équipe"

6 Septembre 2008


interview

L'entraîneur portugais des Etalons Paulo Duarte est devenu, en l'espace d'un mois, un entraîneur respecté grâce aux performances des Etalons dans les éliminatoires CAN-Mondial 2010 : 4 matches, 4 victoires, 12 points, 9 buts marqués contre 4 encaissés. Seul, avec le Nigeria, il n'a enregistré aucune défaite jusque-là.

Paulo Duarte

Le Burkina est sûr de jouer le second tour. Mais pour Paulo Duarte le travail reste important

Etre le seul entraîneur avec celui du Nigeria à avoir aligné 4 victoires en 4 matches dans ces éliminatoires CAN-Mondial 2010. Qu'est-ce que cela vous fait ?

Celui qui peut bien parler de mon travail, c'est le joueur. 4 victoires en 4 matches procurent un énorme plaisir. J'ai donné ce que je sais faire. J'ai inculqué à mes joueurs toute la discipline et toute l'organisation nécessaires à de pareils résultats. En football, il y a 3 résultats possibles : la victoire, le nul et la défaite.

Certains assimilent la victoire contre la Tunisie à Tunis, lors de la 1ère journée, au fait du hasard.

Pensiez-vous sincèrement avant ce match que vous réaliseriez une telle prouesse en Tunisie ?

Même un entraîneur à la tête d'une mauvaise équipe rêve toujours de faire un bon résultat. S'il y a un entraîneur qui ne pense pas ainsi, c'est mieux pour lui d'abandonner la profession. Je sais que la Tunisie est une grande équipe. C'est l'une des meilleures d'Afrique. Je sais aussi que je n'ai pas une grande équipe mais de bons joueurs. Le Burkina a beaucoup progressé dans le classement Fifa. De la 109e place, le Burkina est actuellement à la 64e place mondiale. Je pensais faire un bon résultat en Tunisie, même si logiquement cela était très difficile. Avant le match, je m'étais dit qu'un match nul allait être un bon résultat pour nous. Mais après la première mi-temps et quand bien même on était mené (1-0), j'ai dit qu'un nul n'était plus bon pour nous car j'ai senti que mes joueurs pouvaient gagner ce match. Ils ont fait une grande première mi-temps, ils avaient une grande concentration.

Je voyais déjà la force de mon équipe. C'est là que j'ai décidé de prendre des risques en faisant sortir un défenseur pour jouer un 3-4-3. Et voilà la grande victoire!

Il n'y avait donc pas de hasard ?

Tous ceux qui ont vu ce match et qui continuent de croire à de pareilles choses se trompent. Le Burkina a gagné la Tunisie avec tout le mérite. La Tunisie, dans ce match, a eu deux chances de but contre 3 à 4 chances de but pour le Burkina.

Quel est le compartiment qui vous a donné le plus de satisfaction et de soucis au cours de ces 4 matches?

Je suis satisfait de tout le monde. Le Burkina n'a pas les meilleurs joueurs d'Afrique. On n'a pas la meilleure équipe d'Afrique. Un équipe fonctionne avec des équilibres. Il y a un secteur mieux que l'autre, un joueur mieux que l'autre, c'est normal. On a tendance à accuser la défense. Pour moi, la défense a très bien joué. Il y a peut-être un bon joueur de la défense qui n'est pas totalement en confiance, qui manque d'agressivité, mais un joueur n'est pas tout un secteur.

Comment voyez-vous le second tour ?

Difficile. En football, le plus difficile, c'est de faire mieux. Plus une équipe gagne, plus les supporters en demandent. C'est ça le football. Actuellement, pour toute l'Afrique, le Burkina a créé la surprise. Avec une grande humilité, je dois vous dire qu'actuellement, au Portugal, tout le monde parle du Burkina, parce qu'il a un entraîneur portugais, parce qu'il a des joueurs qui gagnent, parce que c'est la première fois qu'il a 4 victoires consécutives, etc.

Avec les bonnes performances actuelles, quel est votre objectif ? La CAN ou le mondial ?

Lorsque j'ai signé mon contrat avec la fédération, elle ne m'a rien demandé dans ce sens. Elle m'a simplement demandé de réorganiser le football burkinabè. Elle n'a pas exigé une CAN ou un mondial. Si nous arrivons à nous qualifier pour une de ces compétitions, ce sera tant mieux. Comme tout entraîneur, c'est bien de participer à ces rendez-vous. Ma victoire, ce n'est pas de gagner tout de suite. Ma grande victoire sera qu'en 2015, lorsque je serais retourné dans mon Portugal, le Burkina parle toujours de moi.

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