Le Soleil (Dakar)

9 Septembre 2008

Sénégal: La Qadiriya Boutchichiya du vénéré, Sidi Hamza Al Qadiri Al Boutchichi - Une "Tarika" en pleine expansion dans le monde

La Tarika qadiriya boutchichiya, dirigée par le très influent et vénéré Sidi Hamza al Qadiri al Boutchichi, descendant direct d'Abdou Khadre Jelanni, est en pleine expansion à travers le monde. On retrouve ses disciples au-delà du Maroc où habite son guide spirituel, Sidi Hamza al Qadiri al Boutchichi. Mor Diagne, le représentant de cette Tarika au Sénégal, revient sur les enseignements et principes de la Tarika boutchichiya.

La Tarika qadiriya boutchichiya est une voie soufie, basée sur les enseignements du saint Coran et de la Sunna du Prophète Mohamed (Psl). Son guide spirituel se trouve au Maroc ; le saint homme se nomme Sidi Hamza al Qadiri al Bouchichi, et c'est un descendant d'Abdou Khadre Jélanni. Le maître de la Tarika séjourne, selon les circonstances, soit à Madagh, au Nord-Est du Maroc, soit à Naïma, sa résidence, deux lieux qui attirent les têtes en quête de savoir spirituel, mais aussi en quête de bénédictions de Sidi Hamza.

Le rapprochement le plus possible de Dieu est inscrit au coeur des recommandations de cette Tarika. Mais, pour ce faire, il faut, selon Mor Diagne, un guide spirituel qui définisse une méthode adaptée à l'époque. D'où toute la place que la Tarika boutchichiya donne au guide religieux. « Le Ihssan, c'est la station de l'excellence dans l'adoration de Dieu. Il consiste à adorer Dieu comme si on le voyait, sachant que si on ne le voit pas, Lui nous voit. Il faut des méthodes pour se rapprocher de cette station de l'excellence », souligne Mor Diagne. Le guide aide le disciple à soigner les maladies du coeur, sources d'obstacles sur le chemin du rapprochement du Tout-Puissant.

« Aujourd'hui, ce sont les maladies du coeur qui empêchent les gens de suivre les recommandations divines. Il faut un guide pour soigner ces maladies », dit-il. Le guide aide donc ceux qui le veulent à adopter les qualités nécessaires dans la voie du soufisme. Comme pour certaines confréries, les talibés de la Tarika qadiriya boutchichiya se consacrent régulièrement à des réunions pour les invocations collectives à haute voix ou silencieuses, tout se faisant selon les indications du Cheikh. L'invocation est très importante, principalement celle de la formule La ilaha illallah, Il n'y a de dieu que Dieu, qui est un des fondements de la Tarika. Le disciple doit invoquer le plus souvent possible cette formule.

Faudrait-il le rappeler, le fidèle doit aussi s'efforcer de servir la Tarika, c'est le Khidma. Le disciple sert ses frères en les aidant, en les conseillant ou en faisant des tâches aussi simples que la vaisselle ; il s'investit dans l'organisation des grandes manifestations de la Tarika comme le Maouloud. Le service consiste aussi à expliquer les principes de la Tarika « Il y a un travail à faire, un effort, pour expliquer. On explique les choses clairement, c'est à eux de décider ; mais la meilleure des explications consiste à avoir un comportement exemplaire qui est le fruit des invocations », indique Mor Diagne.

La Tarika qadirya boutchichiya conseille ses disciples de ne pas porter de jugement sur le comportement d'autrui. « Il ne faut pas juger. C'est un point essentiel sur lequel insiste le Cheikh. On ne doit pas juger les gens ; on ne sait pas si demain Dieu fera d'eux des saints. Méfiez vous du vide, vous serez protégés du plein. », dit Mor Diagne. On doit donc se garder de critiquer et essayer de voir les choses de façon positive. De cette façon, on peut arriver à avoir un regard pur sur l'ensemble de la création, ce qui est un des buts du soufisme, indique Mor Diagne.

Le guide Hamza est très influent. Sa Tarika enregistre l'adhésion de fidèles de tous les continents. Elle est en pleine expansion un peu partout.

Le nombre de fidèles au Maouloud 2008 à Madagh était estimé à 100.000, venus principalement du Maroc, mais aussi du monde entier. « Les disciples sont en expansion numérique et géographique. Il existe des disciples en France, en Angleterre et aussi en Roumanie.

Nous avons des disciples en Amérique, au Mali et même en Chine », avance Mor Diagne. Lui et d'autres personnes travaillent au Sénégal pour faire connaître la Boutchichiya. « Nous sommes quelques disciples au Sénégal. On se retrouve pour nos invocations. Le Cheikh Sidi Hamza est connu par plusieurs guides religieux au Sénégal et par l'élite spirituelle. Mais, nous souhaitons qu'il soit aussi connu par la masse populaire », indique Mor Diagne qui a rallié la Tarika en 1998.

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