9 Septembre 2008
éditorial
Port Louis — Notre sélection de football a encore perdu samedi dernier. La culture de la défaite est désormais un leitmotiv pour le Club M. Gagner ne figure plus dans le vocabulaire de notre équipe nationale depuis maintenant une année. C'est à croire qu'on est devenu maso et que prendre des raclées à la pelle ou des humiliations successives nous procure une joie immense
C'est le simple constat qu'on est forcé de faire depuis la claque que nous a infligée la Tanzanie à Curepipe (1-4). La victoire n'est plus le maître-mot de cette équipe de Maurice. En une douzaine de rencontres cette année, compétitions officielles et amicales confondues, le Club M n'a réussi que deux matches nuls. Et certains osent s'en réjouir C'est grave !
Cette culture de la défaite au sein de notre sélection s'étend à plusieurs niveaux. Ne nous leurrons pas. Le ballon rond local souffre de tous les maux. Mais pas au point quand même de ne pas être capable de présenter une équipe nationale digne de ce nom. Depuis quelques mois, ça va de mal en pis. On frise même le ridicule. Et dramatiquement, ce gâchis a la bénédiction de certains décideurs
Où va-t-on ? Question pertinente qui reste sans réponse jusqu'à maintenant. La reconduction d'Ashok Chundunsing à la tête de la sélection par l'exécutif fédéral, après la débâcle contre les Seychelles, 0-7, dans la Cosafa Cup, laisse croire que tout marche à merveille. Surtout que certains, qui ont le destin du Club M entre les mains, dénichent toujours des points positifs dans ces accumulations de revers !
Le Club M est en pleine reconstruction pour un avenir meilleur avec des jeunes pour l'après 2010, nous rabâche-t-on. On veut bien le croire, mais une année plus tard, on ne voit rien venir. Pas une lueur d'espoir. Au contraire, l'avenir s'assombrit au vu du triste spectacle que nous a gratifié l'équipe de Maurice au stade George V contre les Tanzaniens.
Il faut reconnaître que la sélection a connu un coup de jeune avec Ashok Chundunsing. Les anciens avaient fait leur temps. Mais qu'est- ce que l'entraîneur national a fait des autres ? Notre Club M, sans âme ni fond de jeu, se cherche toujours après plusieurs mois. La faute à celui qui a les destinées de l'équipe nationale en main et qui dérange avec sa politique de gestion, pour ne pas dire de chasse aux joueurs
D'ailleurs, il doit y avoir un problème quelque part pour que bon nombre de joueurs boudent ainsi la sélection. Que certains refusent carrément de s'entraîner avec Ashok Chundunsing. Ou encore que d'autres éléments valables soient déjà bannis du Club M sans aucune raison apparente au profit de ceux - soyons honnêtes - qui ne sont pas réellement prêts pour évoluer à ce niveau. Comprenne qui pourra !
Il est alarmant de voir qu'une bonne quarantaine de joueurs est passée dans la présélection et Ashok Chundunsing n'a pas encore défini une ossature pour bâtir une équipe décente. Pour assurer l'avenir, il faut jeter les bases. Chose qui n'a pas encore été faite jusqu'ici, pour des raisons que seul l'entraîneur national est en mesure d'expliquer par manque d'éléments de qualité.
Après une année de reconstruction, la lumière que tout le monde guette au bout du tunnel est toujours loin. Elle risque, d'ailleurs, de ne pas éclairer de sitôt ce Club M qui court à la catastrophe. A ce rythme, d'autre défaites cinglantes pointent à l'horizon. Il est temps que les responsables de notre football siégeant à Trianon, à qui incombe la faillite actuelle, pensent à donner un réel second souffle à une sélection qui pousse son dernier soupir.
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