Fraternité Matin (Abidjan)
A. H
9 Septembre 2008
Abidjan — Cela fait plus d'une semaine que les agents de la Bourse café-cacao (BCC) sont en grève illimitée pour non paiement des salaires depuis plus de deux mois. Comme s'est inquiété, le 1er septembre dernier, le président du conseil de surveillance et médiateur dans la crise, Séry Gervais, si rien n'est fait dans l'urgence, c'est toute la campagne agricole du secteur qui sera menacée. A commencer par la campagne de commercialisation qui s'ouvre en principe en octobre. La grande interrogation qui hante les esprits est de savoir si la BCC pourra fixer à temps les prix d'achat. Il y a donc bel et bien menace de paralysie de la vente des produits avec tout ce que cela comporte comme risque d'intervention d'acheteurs véreux. Ceux-ci pourraient profiter de la situation pour prendre les produits à vil prix aux paysans en proie au manque d'argent. Surtout que le problème coïncide avec la rentrée scolaire.
D'ores et déjà, la situation est critique. On parle d'imminentes perturbations au niveau des opérations d'exportation. Dans la mesure où les différents prestataires ont commencé à suspendre leurs services et menacent d'interrompre le système d'enregistrement absolument nécessaire aux opérations de commercialisation.
L'Etat aussi est bel et bien menacé par la crise de la BCC. Le blocage des opérations d'exportation est préjudiciable au recouvrement du droit unique de sortie (DUS) et aux autres taxes parafiscales.
La crise de la BCC est née de la guerre de leadership que se livrent le PCA Edoukou Angoua et le vice-président Abo Daniel qui revendique aussi le poste de président.
Alakagni Hala
• L'emprunt obligataire s'invite dans les palabres
Cela n'a pas été annoncé officiellement. Mais, déjà une polémique enfle au sujet d'une affaire de 8 milliards de francs qui auraient été débloqués pour une souscription à l'opération d'emprunt obligataire lancée récemment par le Trésor public. Selon des producteurs proches de dirigeants actuellement en prison, «l'opération a été réalisée de façon irrégulière et à un moment inopportun». Pour eux, l'irrégularité vient de ce que l'autorisation de décaissement et de virement de la somme n'a pas revêtu le sceau des responsables régulièrement autorisés pour une telle opération. Ces derniers étant incarcérés à la Maison d'arrêt et de correction (Maca). Quant à l'inopportunité, ils estiment qu'au moment où la gestion de la filière connaît la plus grave crise de son histoire et fait même l'objet d'une procédure judiciaire, ce décaissement important ne devrait pas avoir lieu. Et puis, poursuivent-ils, cette sortie d'argent arrive au moment où la filière a besoin d'argent pour des impératifs vitaux. Notamment, le financement des phytosanitaires et le recensement des producteurs de café-cacao. Cette dernière opération qui avait été lancée, a été interrompue pour factures impayées à l'opérateur technique.
D'autres acteurs de la filière, moins sévères, tout en comprenant et soutenant l'opération d'emprunt obligataire lancée par le Trésor public, pensent tout de même «qu'il aurait fallu, pour bénéficier de l'argent des producteurs, procéder à la signature d'une convention claire entre les producteurs de café-cacao et l'Etat. Cela aurait eu l'avantage d'éviter toute forme d'interprétation».
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