11 Septembre 2008
Plus de 1200 représentants de gouvernements, de bailleurs de fonds, et de la société civile, se sont réunis à Accra du 2 au 4 septembre 2008 sur l'efficacité de l'aide. Il s'est agi de faire le bilan à mi-parcours de la Déclaration de Paris sur l'efficacité, un document de référence qui fixe les principes et les objectifs de l'aide au développement. A Accra, les parties prenantes ont fait de nouveaux pas dans la coordination de l'aide au développement selon les principaux organisateurs de la Conférence.
Les séances plénières de la rencontre de haut niveau étaient conduites par des personnalités de premier plan. Le président du conseil d'administration du secrétairat permanent des ONG, le Pasteur Moïse Napon a conduit la délégation de la société civile burkinabè.
«Le Forum a confirmé la pertinence des engagements de la Déclaration de Paris (voir principes en encadré) en dépit des difficultés qui ont émaillé la discussion du document de Plan d'action d'Accra», a confié M François Zoundi,, secrétaire permanent des politiques et programmes financiers, chef de la délégation du Burkina Faso au troisième forum de haut niveau sur l'efficacité de l'aide.
Le ministre des Finances et de la Planification économique du Ghana, M Kwadwo Baah Wiredu a au cours de la conférence finale indiqué que «l'aide devrait être un catalyseur pour débloquer les potentialités d'un pays à se développer et non une fin en soi.»
Quoiqu'il en soit a-t-il poursuivi, une aide en quantité et bien programmée et en utilisant les systèmes nationaux pour exécuter les projets constituent des voies pour accélérer les pas de chaque pays vers le développement. Chaque pays devrait d'abord trouver à l'interne les ressources nécessaires pour sortir de la dépendance de l'aide. Il indique que le Ghana dépend à 80% de la mobilisation des ressources internes, les 20% restant proviennent des contributions extérieures. Il a appelé les pays en développement à ne pas croiser les bras dans l'attente des subventions extérieures, mais, à prendre en main leurs propres destinées et à travailler pour sortir leurs populations des affres de la pauvreté.
Mme Ngozi Okonjo-Iweala de la Banque mondiale, coorganisatrice de la rencontre a pressé les pays donateurs et les pays développés à ne pas contempler les progrès réalisés sur le papier, mais à travailler plus urgemment pour tenir et mettre en Å"uvre les promesses faites au cours de ce 3ème forum.
«Nous ne devrions pas être fiers de ce qui a été réalisé jusqu'à présent. Maintenant le Plan d'action d'Accra nous offre l'opportunité d'accélérer le mouvement», a-t-elle constaté.
Elle a ajouté que la crise financière actuelle ne devrait pas être un prétexte pour les pays donateurs de manquer d'apporter l'aide, mais devrait constituer une raison principale de presser le pas pour que les gains économiques réalisés par les pays en développement ne connaissent pas la récession.
«Quand nous coordonnerons plus efficacement l'aide, cela devient un meilleur catalyseur pour augmenter les ressources du pays bénéficiaire» a-t-elle asséné.
Pour la représentante de la Banque mondiale, le Plan d'action adopté à Accra montre que les pays donateurs permettent maintenant aux pays en développement de décider où ils veulent affecter l'aide, dans quelles proportions et à quels moments. Pour Mme Okonji-Iweala, le 3ème Forum de haut niveau d'Accra a offert aux parties prenantes, l'opportunité de développer de nouveaux instruments pour rendre l'aide plus efficace, en indiquant que la Banque mondiale va continuer de se réformer et de simplifier ses systèmes dans les trois prochaines années : «à partir de maintenant nous devrions parler en termes d'action pas de mot », a-t-elle
Le secrétaire général de l'Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE), M. Angel Gurria, l'un des coorganisateurs du Forum s'est félicité de l'agenda d'Accra. Il s'est appesanti sur les principes d' «appropriation», de prévisibilité et de la non liaison de l'aide. Il a invité les pays donateurs à faire fi des difficultés passagères dues à la récession économique et à ne pas rester dans des situations d'attentisme. Il a ajouté que le comité d'aide de l'OCDE n'augmenterait pas seulement les ressources aux pays qui se conforment à la Déclaration de Paris, mais qu'il délierait davantage la bourse. Cela signifie que les pays bénéficiaires vont recevoir les ressources extérieures et décider où elles veulent investir et non plus que cela leur soit indiqué par les pays donateurs tel que ça se passait ces dernières années.
Dans un contexte où l'efficacité de l'aide est un catalyseur et non plus une exigence pour des Objectifs du Millénaire pour le développement, le président de la Banque africaine de Développement, M. Donald Kabureka a invité les pays bénéficiaires africains à, entre autre mieux faire en dirigeant l'aide vers les domaines créateurs de croissance tels que le développement du secteur privé et l'éducation et la formation des citoyens.
« Le Plan d'action d'Accra signifie que le volume de l'aide disponible devrait être utilisé plus efficacement pour produire des résultats pour booster les économies » a-t-il dit.
Pourtant, l'adoption du Programme d'action d'Accra a connu ses moments de tensions. Les délégations américaine et japonaise, rapportent plusieurs sources, ne voulaient ni alignement, ni appropriation, encore moins un calendrier de suivi. Les pays bénéficiaires trouvaient que le document fait la part belle aux donneurs. L'Union européenne insistait sur l'appropriation et l'alignement. Un compromis a été trouvé au cours du dîner des ministres et des chefs de délégation dans la nuit du mercredi 3 au jeudi 4 septembre, grâce aux concessions américaines.
Les organisations de la société civile apprécient.
La société civile du Nord et du Sud a tenu maintes rencontres pour affirmer ses positions pour plus d'aide de qualité. M. François Zoundi, secrétaire permanent des politiques financières a conduit la délégation officiel burkinabè.
Pasteur Moïse Napon, président du Conseil d'administration du secrétariat permanent des ONG du Burkina Faso est satisfait des conclusions du Forum d'Accra sur l'efficacité de l'aide. Mais il souhaite que le Programme d'action d'Accra soit traduit dans les faits au niveau des Etats afin que les organisations de la société civile puissent aider les gouvernements à atteindre les objectifs de développement. «En venant à Accra, c'était pour être à l'écoute des autres, pour apprendre des autres, pour partager avec les autres et pour essayer de tirer profit des acquis des bonnes pratiques des autres pays afin de pouvoir consolider ce que nous avons commencé»a -t-il déclaré.
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