Angui Mangan
12 Septembre 2008
Le championnat d'élite féminin est arrivé à mi-parcours sous fond de revendications.
Démarré effectivement le 26 juillet 2008 avec le match d'ouverture qui avait eu lieu au stade Mbappé Lépé à Douala, le championnat national de football première division version féminine, a franchi sa première étape dimanche, 7 septembre dernier, à l'issue de la septième journée. En rappel, huit clubs ont été affiliés pour la première édition de ce championnat national pour lequel la Fédération internationale de football association (Fifa) semble désormais accorder un intérêt tout particulier. Parmi les protagonistes, il y a Femina d'Ebolowa, Canon et Lorema de Yaoundé, Express de Garoua, Gentle Ladies de Bamenda, Sawa Utd girls, Justice Fc et Franck Rohlicek de Douala.
Cette compétition qui, dès le départ, dispose d'un public cible, a démarré avec tout son engouement et sa détermination tant chez ses acteurs que chez les dirigeants qui trouvaient déjà en cela une façon de prendre en compte leurs sacrifices longtemps consentis. Malheureusement, cela n'a pas semblé être le cas du côté de la commission nationale du football féminin de la Fécafoot. Car, contrairement à ce que bon nombre pensaient, un paquet minimum devrait être mis à la disposition des clubs pour faciliter la gestion de leurs effectifs au quotidien. Ce qui n'a pas eu lieu. Pour madame Rose Nyobè, présidente nationale de ladite commission, "Quand on créé un club, on doit pouvoir disposer des moyens pour l'entretenir".
Pourtant, certaines sources révèlent qu'une enveloppe de près de cinquante millions de francs Cfa a été allouée pour le fonctionnement du football féminin que certains, manifestement, tentent déjà d'asphyxier au moment où il veut prendre son envol. "Madame Nyobè ne veut associer personne à sa gestion. Elle veut tout faire seule alors que le bureau est constitué de plusieurs membres", confie un membre de la commission nationale. On a, en effet, aperçu la présidente nationale au four et au moulin plus d'une fois. A elle seule, elle se charge, par exemple, de négocier des restaurants et des hôtels pour les équipes lors de la coupe du Cameroun ; de disposer des pots de fleurs au stade ; d'assister à des réunions techniques et autres... le tout sous le regard ironique de ses collaborateurs.
Discorde
Les présidents de clubs qui sont au courant depuis la phase aller de cette disposition financière du football féminin en sont remontés. De son côté, la présidente nationale, qui semble jouer l'interface entre tout ce monde, pense qu'il faut mettre à la disposition des clubs, seuls les frais de déplacements, dont elle est également seule à définir les critères de répartition. Une répartition qui ne se ferait pas toujours dans la logique, estiment certains promoteurs de clubs.
Ces derniers se disent être prêts à boycotter la phase retour du championnat, si leurs revendications ne sont pas prises en compte.
"Nous ne pouvons pas reprendre la phase retour du championnat sans savoir où on va et comment y allons-nous. Nous n'avons pas demandé à jouer en première division. Si la Fécafoot n'était pas encore prête pour ce championnat, elle n'avait pas à précipiter les choses. Parce que, actuellement, on dirait qu'on a mis la charrue avant les bÅ"ufs. Donc, nous exigeons qu'on mette à notre disposition, notre paquet et nous saurons comment le gérer", a déclaré Eloundou Bessala, président de Franck Rohlicek de Douala.
Sur le terrain, par contre, les clubs tentent autant que faire se peut, de donner le meilleur d'eux-mêmes. Ce qui permet de constater qu'en vingt huit rencontres pendant cette phase aller, l'on aura enregistré quatre vingt cinq buts ; soit une moyenne de 3,03 buts par match. Malgré la menace de boycott proférée par les clubs, les préparatifs de la phase retour dont le démarrage est annoncé pour le 20 septembre prochain se poursuivent tant bien que mal au sein des différents staffs.
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