Khaled Tebourbi
21 Septembre 2008
Dans la pléthore des «Nuits de Ramadan», et avec la primauté (d'usage) du «Médina» et de «Mûsîqât», de bons «petits» festivals sont plus ou moins laissés à l'écart des médias. La poussée touche, du reste, à la fréquentation même des publics. Comment remplir les espaces, alors que des spectacles sont programmés quasiment à distance de quartiers?
Nous avons évoqué, l'autre jour, le cas des «Ramadanesques» de La Marsa. Il y a aussi celui du «Festival de la musique spirituelle», rendez-vous de tenue et d'intérêt qui aurait mérité (le Dr Lotfi Rajhi a raison de le souligner) une plus grande attention de notre part.
Le festival de malouf, organisé (sous forme de concours) à l'initiative du commissariat culturel de l'Ariana n'est pas non plus suffisamment mis en exergue.
La manifestation a élu domicile au complexe d'El Menzah VI. Belle salle, belle scène et un bon plateau de soirées étalées sur une petite semaine (19 au 23 septembre). Nous y étions, vendredi 19, à l'occasion du passage du club Khemaïs Tarnane de Bizerte. Aucun regret, l'ensemble, orchestre et chorale, en majorité constitués d'éléments jeunes, avait du volume sonore et les justes accents du patrimoine andalou. Pour des «amateurs» (comme il se dit dans les cercles d'initiés), c'est une qualité que l'on ne doit pas passer sous silence.
Le malouf n'est pas un art facile. Il y faut de la mémoire, de l'apprentissage, un jeu et des intonations propres également. Tout cela était présent dans la prestation du club Khémaïs Tarnane, vendredi soir. Avec comme supplément et bonus, très appréciés, des morceaux proposés comme en «raccourcis», sous forme de «Tatriz», mêlant sur un même mode «foundous», chansons de patrimoine, extraits de Noubas. Ainsi, les longueurs attribuées à cette musique ancienne sont heureusement contournées, mais sans toucher ni à ses bases, ni à sa substance.
Un pari à réussir
Un seul bémol, les solos de chant. Ce chapitre devrait être revu par les responsables de la troupe, en attendant que des voix plus indiquées, un peu plus performantes se manifestent.
Quand on aime le malouf et la chanson tunisienne classique, on en prend soin en toute épreuve. L'amateurisme n'est pas une raison, au contraire.
Signalons, pour finir, que le festival en est, cette année, à sa deuxième édition. Les débuts promettent à coup sûr. Mais l'équipe organisatrice, très motivée et impulsée par le savoir et le dynamisme de M. Kodjet El Khil, maloufjiste au long parcours, espère réussir le décollage dès la prochaine échéance.
Avec un peu plus de moyens et de médiatisation et l'intérêt grandissant des jeunes musiciens du gouvernorat pour cet art des sources, le pari a de réelles chances de réussite.
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