Paule Kadja Traore
23 Septembre 2008
Au vu des risques pour la santé humaine et l'environnement liés au mercure, le ministère des Mines, de l'Industrie et des Petites et moyennes entreprises du Sénégal, en collaboration avec certains pays de l'Afrique de l'Ouest, élabore une stratégie axée sur six objectifs, assortis d'actions spécifiques visant principalement à réduire la quantité et la circulation du mercure.
Les profits de l'exploitation de l'or sont à mettre dans la balance de ce qu'elle coûte à la société. Les coûts sont élevés, en raison surtout de la part importante de l'activité clandestine, car sont additionnées les factures écologiques, sanitaires et sociales. Il s'agit entre autres de la dégradation des milieux naturels, du pillage des ressources vivrières des populations locales, de la pollution de l'eau, de la propagation et de l'augmentation des maladies, etc.
Afin que le bien-être de tous soit préservé, la réduction des impacts négatifs de l'exploitation de l'or est essentielle et peut se faire en partie grâce aux mesures suivantes dont l'implantation d'une équipe de surveillance des frontières et la pratique quotidienne d'opérations de saisie des mercures de grandes quantités. Si ces mesures sont pour la plupart du ressort des décideurs et des professionnels de l'activité, c'est aussi à chacun d'agir là où il le peut.
C'est tout le sens de l'atelier que le ministère des Mines, de l'Industrie et des Petites et moyennes entreprises, a organisé hier. Aussi, pendant toute une journée, plus d'une quarantaine d'experts venus du Mali, du Burkina Faso, du Niger, de la Guinée et du Sénégal se sont concertés pour l'élaboration d'un mécanisme pouvant combattre l'orpaillage illégal. Et de promouvoir des techniques à moindre impact, pour former et accompagner la filière.
Mais surtout développer la prévention sanitaire pour maintenir les populations résidantes des zones qui commencent à être détruites par l'utilisation abusive du mercure.
Les orpailleurs clandestins, essentiellement en provenance de la Guinée, sont estimés entre 6 000 et 20 000 à Kédougou, selon le sociologue Kaly Niang. Ils travaillent de façon non contrôlée, généralement avec du mercure, sans souci de leur impact sur l'environnement, dans des conditions de travail, d'hygiène et de sécurité souvent déplorables.
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