Oumar Sankhare
23 Septembre 2008
opinion
L'indignation suscitée par les mandats d'arrêt décernés contre de hautes personnalités sénégalaises a été à la mesure de la forfaiture d'un juge français. Seulement voilà ! La responsabilité de cette offense à la Nation n'incombe à personne d'autre que le gouvernement sénégalais. Son honteux agenouillement devant les puissances occidentales dans l'affaire Habré ne pouvait qu'engendrer une si grave injure à la souveraineté nationale.
Depuis l'éclatement du complot occidental contre Hissène Habré, tous les patriotes africains avaient mis en garde les autorités sénégalaises qui sont restées sourdes à l'appel de la raison ! Ni les traditions nationales d'hospitalité, ni les prescriptions religieuses, ni les institutions républicaines n'ont freiné l'aveuglement du gouvernement sénégalais à se faire le complice du néocolonialisme européen.
Malgré deux décisions de la justice sénégalaise favorables à Habré, le gouvernement n'a pas hésité à désavouer sa magistrature. Pire encore, il a tenté d'expulser illégalement ce réfugié politique sur injonction de l'Union européenne qui continue à distribuer des sommes considérables aux charognards de Habré, aux membres des organisations de finance des droits de l'homme et aux journalistes corrompus, aux avocats pourris et aux juges maffieux. Les dirigeants sénégalais n'ont dû reculer devant cette ignominie que face à la mobilisation du peuple. Devant l'énormité de ce projet criminel, le Sénégal est allé se réfugier derrière l'alibi de l'Union africaine.
C'est ici le lieu de rectifier une contre-vérité habilement entretenue par le pouvoir. Jamais l'Union africaine n'a donné mandat au Sénégal pour juger Habré. C'est bien plutôt le Sénégal qui est allé supplier l'Union africaine de le contraindre à le juger pour se décharger moralement de ce sale boulot !
Mais l'acte le plus irresponsable des autorités sénégalaises, c'est d'être allé jusqu'à modifier la Constitution nationale pour satisfaire le désir de vengeance des Européens et des Libyens contre Habré qui les avait chassés de son pays. Et quelle modification ! En introduisant dans notre Loi fondamentale un principe qui n'existe dans aucun texte juridique, à savoir la rétroactivité. Et tout cet activisme pour ne recevoir de la France que 18 milliards de francs ! 18 milliards pour vendre un ancien chef d'Etat africain aux négriers blancs ! 18 milliards investis par la France pour s'emparer du pétrole tchadien avec la complicité de Déby !
C'est donc à cause de cet à-plat-ventrisme et de cette cupidité de l'Etat sénégalais qu'un petit juge français de banlieue s'est permis de lui lancer cette insulte ! Il urge désormais de relever le défi en se présentant comme un Etat crédible qui se respecte ! Aussi, un terme définitif doit-il être mis aux poursuites que la France a ordonnées contre Hissène Habré.
C'est le minimum de dignité que l'Afrique attend du Sénégal !
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