Hanitra R.
24 Septembre 2008
Le feuilleton continue sur le dossier du remède contre le VIH/sida que l'équipe du Pr Andriamanalina Nirina, à travers sont institut IMAGE APPLI, dit avoir découvert. Après le dépôt le 13 juillet dernier auprès du comité d'éthique, d'un dossier en vue d'une approbation pour un essai clinique contrôlé, ce comité a émis plusieurs recommandations - cinq pour être précis - dont, notamment celle de dévoiler la composition du produit.
Dans leurs recommandations, en effet, le comité d'éthique et la commission d'évaluation scientifique... recommandent à Image Appli de « faire protéger son produit par un brevet à l'OMAPI et dévoiler sa composition pour leur permettre de statuer ».
Recommandation aussitôt rejetée par l'équipe de recherche. Dans un document renfermant ses commentaires, Image Appli s'explique, en affirmant ne pas avoir la certitude, à travers l'OMAPI, que son produit sera suffisamment protégé. Et de déclarer que, loin de dénigrer l'OMAPI, « il est pourtant de notoriété publique que l'OMAPI ne dispose pas d'une crédibilité digne de son statut... ». Allusion a été faite aux nombreux dossiers sur les propriétés intellectuelles, encore en contentieux.
Point par point
Quand aux autres recommandations, elles font notamment référence à la réalisation d'une phase expérimentale selon les normes établies par l'OMS, à l'application des bonnes pratiques dans la fabrication du remède, à présenter un « dossier chimie » conforme, vu le nombre de plantes utilisées et enfin, à élaborer un protocole de recherche respectant les normes scientifiques établies. En spécifiant qu'il n'est point nécessaire de passer à l'essai clinique tant que les résultats de la phase expérimentale ne soient connus et permettent un tel essai.
Sur chacune de ces recommandations. IMAGE APPLI emet, là aussi, et point par point, des commentaires en affirmant que « le rôle d'approbation dans le statut du comité d'éthique a été dévié vers une intention de coopération de la commission d'évaluation scientifique ». Et d'ajouter : « La garantie de confidentialité de la préparation est encore de garder les codes pendant l'essai clinique contrôlé, jusqu'à la détermination des molécules et de la composition chimique...
Il existe une confusion d'opinions entre phase expérimentale et essai clinique, entraînant la demande de la commission d'évaluation scientifique de recommencer ce qui a déjà été fait... ». Visiblement, Image Appli ne voit pas d'un très bon oeil la manière de faire de la commission d'évaluation scientifique, qui, selon lui, « se place comme un organisme à part pouvant donner une autorisation de faire des recherches ».
Peut-on alors envisager une bonne évolution de ce dossier, sachant que d'emblée, Image Appli ne veut, en aucun cas, dévoiler la composition de son produit et préfère, à juste titre selon lui, garder les codes comme identifiants de chacune des composantes du remède ? On en saura peut-être davantage après la réunion conjointe du comité d'éthique et de la commission d'évaluation scientifique, à laquelle le Pr. Andriamanalina Nirina est invité. Cette réunion est prévue de se tenir aujourd'hui, à l'Hôpital Joseph Ravoahangy Andrianavalona.
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