United Nations Mission in the Democratic Republic of Congo (Kinshasa)
Hem Okaré / Monuc
3 Octobre 2008
Ces deux dernières semaines, un regain de tension a été observé en Ituri, spécialement dans le territoire d'Irumu. Les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) ont perdu plusieurs positions notamment Kagaba, Geti, Bavi et Tchey. Les hélicoptères de la MONUC en patrouille de reconnaissance ont même, par deux fois, essuyé des tirs. Alors que tout le monde accusait les éléments résiduels de la Force de Résistance Populaire de l'Ituri (FRPI) à la base de ces combats, c'est plutôt un nouveau groupe armé qui en revendique actuellement la responsabilité. Il s'agit du Front Populaire pour la Justice au Congo (FPJC), a constaté le bureau de l'Information Publique de la MONUC Bunia.
C'est lors d'un entretien avec la Radio Okapi mercredi 1er octobre qu'un des leaders de ce mouvement, le «colonel» Charif Manda a annoncé la naissance de ce nouveau mouvement qu'il présente comme non ethnique et distinct du FRPI. Selon lui, la direction du FPJC comprend des anciens membres de l'Union des Patriotes Congolais (UPC) de Thomas Lubanga, du FRPI, du Front des Nationalistes et Intégrationnistes (FNI) de Peter Karim et même des ressortissant du Nord Kivu. Si cela se vérifiait, c'est une première en Ituri car jusqu'alors les différents groupes armés qui ont écumé le district se distinguaient par leur coloration ethnique.
Pour le moment, la zone d'opération du FPJC se limite au territoire d'Irumu dominé majoritairement par l'ethnie Ngiti. Aucune information n'est disponible sur leur nombre ou leur armement. Cependant, des sources proches de la MONUC révèlent que le FPJC est bien armé.
Le «colonel» n'a pas précisé les objectifs de son groupe mais il a énuméré quatre griefs principaux que ce mouvement fait au gouvernement central pour justifier son action: l'incapacité à sécuriser le district de l'Ituri; l'armement des rebelles ougandais de LRA dans le territoire de Dungu; le non respect de tous les accords signés avec les anciens groupes armés de l'Ituri, citant par exemple les accords de Dar-Es Salaam et celui de Zumbe, à une dizaine des kilomètres de Bunia et enfin la non tenue de la promesse d'amnistie faite aux miliciens de l'Ituri.
D'après les autorités locales, le FJPC n'a pas jusqu'à ce jour cherché à prendre contact avec elles. Cependant, à l'issue d'une séance de travail extraordinaire de réunion du Comité de sécurité du district élargie à la MONUC, aux agences des Nations Unies et aux humanitaires, le Commissaire de district de l'Ituri, Germain Okumu a annoncé la mise en place d'une commission de dialogue composée de notables des cinq territoires de l'Ituri pour chercher à entrer en contact avec ce mouvement. Sa mission? Convaincre ces miliciens à déposer les armes et à intégrer le processus de paix.
Interrogé par la Radio Okapi sur un éventuel soutien ou une éventuelle connexion de FJPC avec l'extérieur, le «colonel» a été déclaré: «Contrairement à ce que l'on dit, nous n'avons aucune alliance avec Nkunda et nous ne recevons aucun soutien de l'Ouganda. Les armes que nous utilisons proviennent des FARDC qui les abandonnent au front».
La MONUC non plus n'a aucun contact avec le Front Populaire pour la Justice au Congo.
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