Nord-Sud (Abidjan)

Ghana: Côte d'Ivoire-Ghana - Un conflit frontalier évité de justesse

Jean Michel Ouattara

6 Octobre 2008


Les villages de Soko (Côte d'Ivoire) et de Sampah (Ghana), distants de 7 km, ont failli entrer dans un engrenage de violence qui aurait eu des conséquences incalculables.

Les autorités préfectorales de Bondoukou en Côte d'Ivoire et Sampah au Ghana ont sans doute évité le pire à leurs pays. Vendredi, à Soko, localité ivoirienne située à six kilomètres de Bondoukou, les populations ont brisé les vitres d'un taxi-brousse ghanéen qui tentait de traverser le village.

« Le chauffeur les a nargués », explique le porte-parole de la population, Ouattara Adama dit Katanga. En représailles, les habitants de Sampah, localité ghanéenne située à 7 km de Soko et à 13 km de Bondoukou ont séquestré quatre ressortissants de Soko qui se trouvaient aux moments des faits à Sampah.

Leurs vélos ont été incendiés. Informées, les habitants de Soko ont promptement coupé la route aux véhicules ghanéens qui contournaient le village en passant par Tissié. Quatre Ghanéens ont été blessés. Le préfet de Bondoukou, Didier Kragbé, s'est rendu samedi à Sampah pour rencontrer Mme Elisabeth Obaa, préfet de Sampah afin de ramener le calme.

Dans l'après-midi c'était au tour de Mme Obaa de se rendre à Soko où elle a demandé aux populations de cette localité de laisser passer les véhicules de transport en commun venant de son pays. Ce que les villageois ont refusé en lui brandissant l'arrêté préfectoral qui stipule que les échanges de biens et de marchandises doivent se faire à la frontière entre les deux pays.

En fin de journée, le haut fonctionnaire ghanéen a rencontré le préfet de région, Goun François Germain. Après une heure de discussion, les deux préfets ont convenu que les échanges de marchandises s'effectuent à la frontière. Ils se sont en outre accordé deux semaines, le temps d'impliquer les autorités politiques, les cadres, les populations concernées et les transporteurs afin d'apporter une solution heureuse à cette crise.

Rappelons que ce conflit est la suite d'une tension latente de part et d'autre de la frontière. Après un accident de la circulation survenu le 28 décembre 2007, le 26ème du genre, les jeunes de Soko, excédés, ont interdit depuis ce jour-là aux véhicules ghanéens d'emprunter le segment de la route internationale Sampa-Bondoukou qui traverse leur village. Une gare routière devait être construite à la frontière. Mais une fois le calme revenu, rien n'a été fait.

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