Le système Eco-lef a permis de créer près de 13.000 sources de revenu dans le domaine de la collecte de bouteilles et divers objets en plastique.
Recyclé, ce plastique peut servir à la fabrication d'objets divers, dont des chaises, des tables
Lundi 6 septembre près du Marché central de Tunis à 10h00. Les nombreux passants qui passent par la rue d'Espagne et la rue Charles-de-Gaulle ne semblent pas donner beaucoup d'importance à ces sachets noirs et ces emballages en plastique qui se trouvent sous les voitures stationnées, dans les caniveaux et sur les trottoirs.
Ces sachets contribuent à enlaidir les rues et ruelles de la capitale malgré les efforts déployés par les agents municipaux qui s'efforcent de ramasser toutes sortes de déchets, y compris ces sachets en plastique. A peine le travail terminé que la rue retrouve son visage initial, c'est-à-dire des sachets en plastique jetés ici et là en plus des gros paquets en carton qui ont servi comme étalage pour les vendeurs ambulants !
Et dire que des mois plus tôt des campagnes de grande envergure ont été organisées avec diffusion de spots à la télévision incitant les consommateurs à utiliser juste le nécessaire de plastique et à jeter les restes dans les poubelles. On a même interdit la fabrication des sachets noirs qui, selon les spécialistes dans le domaine de la santé, ont un impact négatif sur la santé quand ils sont utilisés pour l'emballage, durant une longue période, des produits alimentaires destinés à la consommation. Le choix s'était porté sur les sachets de couleurs différentes, excepté le noir.
Pourtant, dans les marchés municipaux et autres points de vente, les consommateurs constatent encore que les sachets noirs reviennent en force. Ils sont préférés par un grand nombre de consommateurs vu leur prix dérisoire, à savoir 50 millimes le sachet, mais aussi à cause de leur couleur qui ne laisse rien apparaître. Les consommateurs ne veulent pas montrer aux indiscrets les produits ou objets achetés. De petites unités fonctionnent également à plein régime pour la production de ces sachets.
Aussi, tout un dispositif de lutte contre les déchets en plastique a-t-il été mis en place. Des points Ecol-lef pour la collecte contre paiement ont été créés dans plusieurs régions, ce qui a permis la création de micro-entreprises et de faire travailler des diplômés de l'enseignement supérieur et d'autres personnes de tous les niveaux d'instruction.
En plus de la collecte, des entreprises spécialisées dans le broyage du plastique pour en faire de la matière première (des granulés) ont vu le jour. Recyclé, ce plastique peut servir à la fabrication d'objets divers dont des chaises, des tables La collecte à la source a pu être maîtrisée grâce au système «Cheb» qui signifie le réseau des amis de l'environnement.
Concrètement, le système Eco-lef a permis, selon une source au ministère de l'Environnement et du Développement durable, de créer près de 13.000 sources de revenu dans le domaine de la collecte de bouteilles et divers objets en plastique.
Dans les souks, places publiques et artères de la capitale, on rencontre au gré du hasard, de temps en temps, des jeunes et moins jeunes munis de sacs en train de fouiller les corbeilles municipales pour dénicher une bouteille en plastique. L'objectif est de collecter le maximum de bouteilles pour avoir une somme conséquente. Le système Eco-lef a permis, de même, de créer des dizaines de micro-entreprises en plus des soixante entreprises exerçant dans le domaine du recyclage.
Vu le rendement économique de la valorisation et du recyclage du plastique - suite à la mise en oeuvre des divers dispositifs - les demandes des jeunes promoteurs qui veulent créer leur propre entreprise ne cessent d'augmenter.
Si les collecteurs s'intéressent aux bouteilles en plastique, ils ne semblent pas donner beaucoup d'importance aux sachets vu leur poids très léger et qui ne sont pas très demandés par les unités de recyclages. C'est pour cela que l'on constate une prolifération de ces sachets qui s'envolent au moindre coup de vent.
Une réglementation oblige, pourtant, les producteurs et distributeurs des emballages en plastique à récupérer par leurs propres moyens les quantités vendues ou à confier cette tâche à l'Etat contre paiement d'une somme d'argent.
On sait, par exemple, que les grandes chaînes de distribution et des usines de boisson gazeuse et d'eau minérale ont adhéré massivement à Eco-lef et leurs emballages portent le slogan de «Labib», cette mascotte qui représente le fennec protecteur de l'environnement. Mais du travail reste encore à faire pour débarrasser les artères de Tunis des sachets en plastique

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