Junior Binyam Et Leyla Kaigama
8 Octobre 2008
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L'Etat américain a décidé de mettre quelque 700 milliards dans son système financier. Mais la bourse de Wall Street est toujours dans l'expectative et ne décolle pas. Est-ce à dire que les solutions proposées par le trésor seraient inopérantes?
Un trader de Chicago interviewé sur Cnn affirmait bien avant l'adoption du plan de 700 milliards qu'une telle injection reviendrait à verser de l'argent sur le problème sans pour autant résoudre le problème. Il se peut qu'en fin de compte qu'on n'ait pas besoin de débourser jusqu'à 700 milliards pour résoudre la crise financière actuelle. Cette somme provient d'une évaluation du risque de dépréciation des titres. On ne vend jamais tout le portefeuille à la fois ; de plus ce sont des provisions qui sont faites par des établissements financiers exposés à ces risques potentiels et ici comme en Assurance, les provisions ont un caractère subjectif car on peut provisionner à 10%, 20%, 30% selon l'appréciation subjective faite du risque encouru. En l'occurrence les provisions sont très élevées à cause du taux d'intérêt et de la crainte d'une récession générale de l'économie ; mais elles pourraient diminuer si les autres compartiments de l'économie s'améliorent suffisamment pour autoriser une baisse des taux d'intérêt.
Est-ce que ce ne sont pas des situations politiques qui ont conduit à la crise financière du moment?
Les causes sont des paramètres économiques mais il est certain que pour s'en sortir il faudra des négociations politiques impliquant le G8, certes mais pourquoi pas les nouveaux acteurs qui sont devenus incontournables. Et pour avoir des effets durables, ces négociations devraient porter sur la monnaie et les finances bien sûr, et également sur les prix de l'énergie et pourquoi pas des biens alimentaires aussi.
Qu'est ce que l'Afrique a à redouter d'une situation pareille ?
La vulnérabilité est très grande aux Etats-Unis parce le système financier est très développé ; à titre d'indication, le ratio des prêts par rapport aux dépôts qui mesure le degré d'intermédiation est loin au-dessus de 3 à 1 aux Etats-Unis ; mais juste de 1 à 1 dans des grands pays d'Europe comme le Royaume Uni, l'Allemagne et en également en Afrique du Sud ; au-dessous de 0,6 à 1 en Chine, Inde. Quant aux pays africains, l'Afrique du Sud mise à part, ils sont peu bancarisés, et les pays francophones encore moins. Dans la Zone franc, les banques éprouvent de la peine à se trouver des réemplois à leurs ressources. Nombre de nos banques sont des filiales de banques occidentales et pourraient perdre leurs avoirs dans les comptes de correspondants et leurs placements si cela se trouve. Mais la plupart des banques centrales africaines diversifient leurs placements et sont ainsi moins exposées. D'une façon générale nos pays africains sont peu bancarisés, et corollairement peu développés.
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