La Prospérité (Kinshasa)
10 Octobre 2008
Kinshasa — Le Président a fixé les priorités du nouveau Gouvernement. Fin de la guerre à l'Est, 5 chantiers, réformes des secteurs de la sécurité, la justice, décentralisation, agriculture, etc. L'équipe gouvernementale à venir n'aura pas droit à l'erreur et devait travailler en profondeur et en toute urgence. Joseph Kabila lance un appel à la mobilisation générale et à la résistance face à la menace Nkunda.
Depuis la reprise de la guerre le 28 août dernier, c'est pour la première fois que le Président Joseph Kabila s'adresse directement au peuple congolais. Il a prononcé une allocution à la RTNC sur deux points. La guerre dans la partie orientale du Congo et la désignation du futur Premier ministre. Par rapport à la guerre, Joseph Kabila condamne les congolais au service de l'étranger qui veulent réinstaller le pays dans l'incertitude du lendemain.
Toute remise en question de la volonté exprimée par le peuple avec la Constitution de février 2006 et lors des élections générales de 2006 est inacceptable. Les FARDC, a-t-il dit, malgré leur jeunesse, doivent continuer à résister aux attaques de l'ennemi. Les clivages politiques sont à mettre de côté, tous les Congolais doivent se mobiliser derrière l'armée. Il responsabilise l'Assemblée nationale, le Sénat, les organes délibérants et exécutifs provinciaux à cette fin. Le Président s'est dit favorable à un dialogue pour résoudre la crise. Aux brebis égarées, il demande de regagner le Programme Amani.
Un Gouvernement de mission
Le Président a rendu hommage au Patriarche Gizenga Antoine, Premier ministre démissionnaire. Dans les prochaines heures, le nom de l'oiseau rare sera connu. Le nouveau Gouvernement aura pour mission, entre autres, de mettre fin à la guerre à l'Est, accélérer les grands travaux dans le cadre de 5 chantiers de la République, améliorer les conditions salariales et de travail des travailleurs, poursuivre et faire aboutir les reformes engagées dans les secteurs de la sécurité, la justice, la décentralisation, agricole, etc. Le prochain Gouvernement n'aura pas droit à l'erreur, devait travailler en profondeur et en urgence.
Suspense et anxiété
Les esprits ont commencé à se surchauffer à Kinshasa. Deux faits semblent expliquer cette montée soudaine de tension. D'une part la longue attente de la nomination du Premier ministre par le Président de la République et, de l'autre, les mauvaises nouvelles qui tombent de l'Est du pays. Dans l'opinion, le prochain Premier ministre est perçu comme quelqu'un qui devait apporter des solutions, parfois miracles, à tous les problèmes de la RDC. Signe que la femme ou l'homme qui sera choisi pour succéder à Gizenga Antoine ne bénéficiera pas d'une période de grâce.
Les jours et les actes lui seront comptés. Ses actions pour faire face à la situation seront jugées au quotidien. Sur le plan social, il n'y aura pas de répit pour le prochain Premier ministre. Les infirmiers et autre personnel paramédical sont en grève. A l'Epsp, la rentrée scolaire n'est toujours pas effective dans plusieurs écoles. Les professeurs de l'université sont sur le point d'aller en grève. Les populations congolaises subissent de plein fouet les conséquences des crises alimentaire et financière mondiales. Les chantiers du Président sont loin d'atteindre la vitesse voulue. Sur le plan politique, il n'est pas faux de dire que l'Etat congolais est paralysé depuis la démission de Gizenga.
A l'Assemblée nationale, aucune plénière n'est en vue. Les députés, ministrables ou pas, sont préoccupées par des réunions de leurs formations politiques, question de repositionnement. Les divisions apparues au sein de la coalition au pouvoir l'ont fragilisée. On ne savait pas prévoir qui serait, après la désignation du Premier ministre, dans l'opposition et qui restera dans la majorité. Autant, il y a eu des risques réels de voir la coalition majoritaire éclater. Le Palu et l'Udemo n'en faisaient pas mystère. L'hypothèse avait été sérieusement et publiquement évoquée, à plusieurs reprises d'ailleurs, dans le cas où les fameux Accords du 30 septembre 2006 (AMP-Palu-Udemo) étaient enterrés.
L'équation Nkunda
La guerre qui oppose les éléments du CNDP aux troupes des FARDC dans le Kivu montagneux constitue un véritable casse-tête pour le nouveau Premier ministre. Les nouvelles en provenance du front n'ont pas été bonnes ces derniers jours. Il faudrait, à tout prix, relever le front courbé et bouter les envahisseurs dehors. Contenir, dans un premier temps, Nkunda et lancer la contre-offensive contre les rebelles pour récupérer les positions perdues, voilà ce que veut le peuple. Mais, le ministre de la Communication nationale a insisté sur le respect du Programme Amani et du Communiqué conjoint de Nairobi.
La nuit aux longs couteaux
Toute la soirée d'hier jeudi 9 octobre 2008, les spéculations sont allées bon train sur la personne qui devait succéder à Gizenga. Tout le monde avait des choses à dire, tout le monde était à la recherche de l'information. Deux noms ont continué à circuler dès la tombée de la nuit. Une source a présenté quatre certitudes. Le Premier ministre viendrait de l'Ouest, jouissant de la confiance de Gizenga, quelqu'un du Palu et la nomination interviendrait dans la nuit de jeudi 9 octobre 2008. Quelques instants plus tard, la candidature de Vital Kamerhe est redevenue au devant de la scène.
L'argument selon lequel l'AMP avait du mal à trouver un alter ego à Kamerhe au perchoir a été attaqué. Quelqu'un de la majorité a dit que des personnalités, comme Olivier Kamitatu, justifient d'une expérience éprouvée au perchoir. Reste à savoir comment Olivier Kamitatu pourrait regagner l'hémicycle. Pour ce faire, certaines dispositions de la Constitution et du Règlement intérieur de l'Assemblée nationale devraient être revues.
Read comments. Write your own.
Copyright © 2008 La Prospérité. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.