Republic of Togo (Lomé)
10 Octobre 2008
L'hebdomadaire L'Union paru vendredi propose une longue interview de Gilbert Bawara, le ministre de la Coopération, qui revient sur les résultats de la réunion des bailleurs de fonds du Togo qui s'est déroulé fin septembre à Bruxelles. Pour M. Bawara, « ce qui est important, ce n'est pas de savoir combien de milliards sont venus, c'est de savoir que nous pouvons compter sur les pays amis et sur les partenaires au développement, parce qu'ils croient en nous et sont désireux de nous aider ».
Voici une sélection d'articles publiés cette semaine par L'Union.
Enseignement public
Les cotisations parallèles atténuent la totale gratuité
Par défaut d'une véritable communication explicative agressive autour de la décision - le conseil des ministres ayant eu lieu à quatre jours de son application -, des parents d'élèves ont été simplement surpris de se voir réclamer encore de l'argent au premier jour de la reprise des classes. Ils avaient cru à une cerise sur le gâteau, en se précipitant d'envoyer des enfants sans aucune pièce d'identification ou des enfants très âgées (11, 12 ou 13 ans) vers le cours élémentaire première année (CP1). N'en déplaise au ministre Yves Madow Nagou : «l'école gratuite ne veut pas dire que la porte est ouverte à toutes les dérives, seuls sont autorisés les enfants de 6 ans ou ceux qui vont avoir 6 ans au cours de l'année scolaire».
La réalité du 6 octobre 2008 a fait ressortir le vrai sens de ce qui a été décrété le 1er octobre. «Les frais d'écolage seront pris en charge par l'Etat pour tous les élèves des écoles préscolaires et primaires publics dès la rentrée du 6 octobre 2008», avait à juste titre précisé le texte gouvernemental. Avant d'ajouter qu'une étude appuyée par l'UNICEF aidera à définir les stratégies de mise en Å"uvre de la gratuité dans l'enseignement et les actions urgences à mener dans le cadre de l'introduction de cette gratuité, ainsi que les perspectives et enjeux futurs du système éducatif. Dans la pratique, il ne peut se dire que l'école préscolaire et primaire est totalement gratuite. Pour le moins, elle l'est pour les parents en considérant l'écolage qui ne constitue d'ailleurs pas les seuls frais à la charge des parents. La preuve en est que, sous la dénomination de cotisations parallèles, des établissements scolaires publics ont perçu par élève 1200 F par-ci, 1300 F par-là ou 1400 F ailleurs. Ce qui reste en dessous des frais d'écolage traditionnels.
Les cotisations parallèles sont nées du phénomène des écoles communautaires ou écoles d'initiative locale crées par les parents eux-mêmes. Progressivement, ces écoles sont considérées par les pouvoirs publics, malgré la parenthèse d'abandon des dernières années. Motif pris du service public rendu. Souvent, dans ces structures scolaires, les parents s'entendent par eux-mêmes pour décider du montant que chaque élève doit apporter pour couvrir des dépenses qui ne sont pas couvertes les fonds publics. Aujourd'hui, les cotisations parallèles sont encadrées par le Guide d'intervention des parents d'élèves dans les établissements scolaires qui précise qu'elles soient décidées à l'unanimité dans une assemblée générale, après saisine de l'inspection, de la direction régionale, du ministère. Elles sont étendues aux écoles formelles créées par l'Etat lui-même.
Concrètement, cette assistance des parents comble un vide laissé par l'Etat. A cette rentrée, elle est plus sollicitée face à la lente réalisation de la gratuité des frais d'écolage. Car, par tradition, les écoles publiques vivent de la subvention de l'Etat qui se résume aux 54% des fonds gardés sur les frais scolaires (écolages) versés par les parents ; chaque établissement devant produire à la rentrée un budget de dépenses à soumettre à l'autorité. Ce pourcentage est aujourd'hui pris en charge par l'Etat...dans les jours à venir pour lancer véritablement l'année scolaire. En attendant, le président de l'Union des parents d'élèves, Difernand Dossou, lance un plaidoyer : «cette forme de contribution n'est censée être décidée que par les parents d'élèves en assemblée générale ; elle sert à entretenir les bâtiments, à prendre en charge des enseignants, les gardiens et autres. C'est une contribution qui ne doit être gérée que par les parents. Pour nous les parents, il n'est pas question d'augmenter les cotisations parallèles. Au contraire, la précarité de la vie étant perceptible, il va de soi que nous procédions à la diminution de ces cotisations qui en principe couvrent des besoins qui sont censés être couverts par l'Etat».
La sérénité et l'inquiétude
Passé l'orage des inquiétudes du premier jour, les établissements scolaires publics tendent vers la sérénité. Avec le secours effectif du ministère des enseignements primaire et secondaire. Au cabinet de Yves Madow Nagou, on veut vite pallier le manque de fournitures et de matériels pédagogiques de la rentrée, même si certains centres n'ont pas attendu pour s'acheter déjà des boites de craies et quelques bics pour travailler et encadrer les enfants. Et le ministre de rassurer : «les rentrées précédentes se faisaient dans les mêmes conditions c'est-à-dire avec les mêmes difficultés de démarrage, car les enseignants ne pouvaient mobiliser en un jour les frais supprimés. Pour cette rentrée, le minimum a été donné et, au bout de la semaine, un décompte sera fait pour définir la clé de répartition des matériels».
Le grand bémol dans ces efforts de l'actuelle équipe gouvernementale restera la situation des écoles hangars qui continuent de pousser, surtout avec le boom des effectifs après la gratuité des frais d'écolage. On en a encore vu se pousser quelque part dans le Togo profond dans un reportage de la télévision nationale quand, face à la capacité d'accueil limitée, la direction d'une école publique a décidé de planter d'autres bois à couvrir de chaume...en attendant.
A l'heure actuelle, en pleine capitale, des écoles envisagent des cours rotatifs en formant deux équipes par classe (avec la moyenne de 60 ou 70 élèves), ou groupent carrément les classes deux à deux, le CP1 avec le CP2, le CE1 avec le CE2 et les CM ensemble.
Après la conférence de Bruxelles, le ministre Bawara parle
Un bilan qualitatif
A Bruxelles, il y a trois semaines, se tenait la conférence des bailleurs de fonds du Togo. Une rencontre somme toute réussie de par les engagements pris par les différents partenaires, y compris des partenaires non traditionnels. Le ministre de la Coopération et de l'aménagement du territoire, Gilbert Bawara, approché par L'UNION, nous dresse ici un tableau de l'après conférence et de ce que le Togo peut réellement attendre de ces assises.
L'UNION - Monsieur le ministre, il y trois semaines vous êtes revenu de Bruxelles avec beaucoup de satisfaction suite à la conférence des bailleurs de fonds du Togo. Avec tout le recul nécessaire, faites-nous un bilan quantitatif de ces assises.
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