Republic of Togo (Lomé)

Togo:Bawara met en avant un "bilan qualitatif"

10 Octobre 2008


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Gilbert BAWARA - À ce stade, il est difficile de faire un bilan quantitatif, surtout si vous placez ce bilan en terme d'argent. J'ai toujours estimé que l'objectif de Bruxelles, c'était l'occasion d'un vrai dialogue élargi et rénové avec un nombre plus élevé de partenaires et de bailleurs de fonds. Parce que nous sommes conscients que contrairement à beaucoup de pays de la sous région ou africains, le nombre de partenaires accrédités auprès de nous, et surtout ceux qui sont résidents au Togo, est très peu élevé.

Et donc, il fallait, après l'ensemble des mesures, des réformes et des progrès qui ont été accomplis au cours de ces trois dernières années, trouver l'occasion pour engager un dialogue avec l'ensemble de ces partenaires, d'abord pour leur expliquer les mesures que le Togo est en train de prendre et les résultats auxquels nous sommes déjà parvenus, mais aussi pour tenir un langage de vérité, celui qui consiste à leur dire que nous avons encore beaucoup de défis, beaucoup de difficultés, qu'au cours des 15 années de suspension de coopération, les infrastructures de base se sont délabrées, les services sociaux sont très bas, les capacités de l'administration se sont affaissées... Nous avons donc besoin qu'ils nous aident et nous accompagnent dans les efforts de redressement et de reconstruction du pays.

A Bruxelles, nous avons été très surpris mais en partie seulement, parce qu'il faut reconnaître que le président de la République a toujours veillé à ce que je puisse, en tant que ministre de la Coopération, aller dans plusieurs capitales sensibiliser, expliquer et motiver les interlocuteurs pour participer à la Conférence. Et même leur dire que nous ne voulons pas qu'ils viennent parce que nous attendons de l'argent de leur part, mais parce que nous voulons avoir un dialogue fructueux. Ce qui est une satisfaction pour nous, c'est d'abord le niveau et l'importance de la participation à la conférence.

En deuxième lieu, pendant les deux journées, il y a eu un bon débat. La délégation togolaise était très représentative, comprenant aussi bien la société civile, les organisations syndicales, le patronat, les opérateurs économiques et certains députés. Malgré nos divergences internes, nous avons pu, dans une démarche participative et inclusive, restituer la réalité de la situation au Togo. Je vois donc le bilan plutôt en terme qualitatif.

Est-ce que cette conférence n'a pas finalement eu d'incidences sur les grandes mesures prises par le conseil des ministres du 1er octobre ?

Si vous voulez dire que cela nous a réconfortés et encouragés, et que nous nous sommes dit "n'hésitons plus, posons des actions, faisons des réalisations", oui ! Avec le président de la République et le gouvernement, nous avons toujours travaillé avec le souci de répondre aux préoccupations des populations mais avec un peu de réserve, un peu de retenue voire de la prudence. Certains programmes tel que celui de l'éducation primaire universelle ne peuvent être déployés que si nous pouvons les soutenir et les pérenniser dans le temps.

A partir du moment où les partenaires nous disent " allez-y, nous vous encourageons, tout ce que vous faites depuis quelques années est dans la bonne direction ", cela nous encourage. Mais il faut aussi se rappeler que certaines de ces mesures, notamment la gratuité de l'écolage, étaient un engagement du Président Faure pendant la campagne de 2005. Certains vont dire pourquoi il ne l'a pas fait en 2005 ou en 2006. Nous nous sommes d'abord mobilisés pour rendre possible la reprise de la coopération, qui a commencé avec l'Union européenne, et s'est poursuivie avec le réengagement des institutions financières internationales, le FMI, la Banque mondiale, la BAD...

Tout a été fait avec méthode. Quand nous avons commencé par engranger davantage de recettes publiques, et que nous commençons à retrouver un peu de marge de manÅ"uvre, le président s'est dit capable d'aller de l'avant avec la suppression de l'écolage, mais en étant certain de le faire sur une longue durée. Il ne faut pas oublier le programme développé par le Premier ministre, aussi bien devant la représentation nationale, à Bruxelles qu'à la télévision nationale dont une bonne partie était déjà en préparation. C'est la continuité de l'action gouvernementale.

Six cent milliards de francs pour une période de trois ans ont été annoncés à la presse comme promesse des bailleurs de fonds à la conférence de Bruxelles. Confirmez-vous officiellement cette information et quel en est à peu près le tableau ?

Non ! Je ne peux pas confirmer ce chiffre, c'est beaucoup plus de spéculations. Avant la Conférence de Bruxelles, le gouvernement avait un discours ; après le dialogue, le gouvernement a toujours le même discours. Nous avons toujours fait de Bruxelles une occasion d'un dialogue qui permette de dégager une convergence de vue entre le Togo et ses partenaires concernant le chemin parcouru, les défis et les priorités, et les perspectives. Nous avons aujourd'hui un Document de stratégie intérimaire de réduction de la pauvreté (DSRP) qui va être finalisé à travers l'approche participative et inclusive. Nous n'étions jamais allés à Bruxelles avec l'optique de mobiliser des ressources ; nous avons été heureux qu'il y ait un certain nombre d'annonces et d'engagements dont certains sont la confirmation de programmes qui sont déjà en cours d'exécution ou qui ont été élaborés.

Eventuellement, une partie de ces annonces porte sur des ressources nouvelles. Pour cela, nous allons travailler avec le ministre de l'Economie et des finances pour procéder à la consolidation de ces annonces. Et je voudrais que nous sachions raison gardée, que nous continuons à compter d'abord sur l'effort interne pour notre développement, pour l'éradication de la pauvreté. Tout ce que les partenaires peuvent faire, c'est un accompagnement, c'est des contributions d'appoint.

Donc, je ne suis pas de ceux qui seraient tentés de confirmer ce genre de chiffres qui sont, à mon avis, excessifs. Comme l'a dit le commissaire Louis Michel le week-end dernier à Lomé, ce qui est important, ce n'est pas de savoir combien de milliards sont venus, c'est de savoir que nous pouvons compter sur les pays amis et sur les partenaires au développement, parce qu'ils croient en nous et sont désireux de nous aider. C'est à nous de maîtriser à la fois nos priorités et nos besoins de développement. C'est à nous de veiller à ce qu'on assainisse les fiances publiques, qu'on optimise les recettes publiques.

Cependant, il y a eu quand même des annonces notamment de la BID, de l'Allemagne, etc. ?

Je ne suis pas insensible aux annonces qui ont été faites, que ce soit l'accroissement de la contribution de la Banque mondiale, du FMI, de la BAD, de la BID..., je ne sous-estime pas l'ampleur des engagements. Je ne sous-estime pas l'ampleur des annonces faites par le Fonds saoudiens, par l'Iran... Je dis que cette coopération doit venir en appui des efforts en interne.

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Parlant d'engagement, le gouvernement a élaboré le DSRP intérimaire. Y a-t-il un planning pour son exécution ?

Bien sûr, il y a un planning qui n'est pas totalement achevé. Avant même la conférence des partenaires au développement, vous vous souviendrez qu'au mois de mai, nous avions lancé à Lomé le processus de finalisation du DSRP complet. Et un des résultats de la conférence de Bruxelles, c'est la mise en place d'un groupe d'accompagnement dont l'un des objectifs sera d'accompagner le Togo dans ce processus de finalisation du DSRP. Le DSRP, c'est le canevas de toutes les priorités et des actions de développement de notre pays pour les prochaines années. Ce document est d'ailleurs l'une de conditionnalités pour atteindre le point d'achèvement dans l'initiative PPTE.

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