Sud Quotidien (Dakar)

Sénégal: Wasis Diop à la rencontre de son public dakarois -Chansons sur fond de petites scènes

Les mélomanes de la musique acoustique seront bien servis ce week-end. Le musicien sénégalais Wasis Diop compte en effet se produire à l'Institut français de Dakar (ex-Ccf). Ceci pour présenter au public son dernier album intitulé Judu Bèk, la joie de vivre tout simplement. Une rencontre avec la presse, hier au Just for you, a permis à l'artiste de revenir sur les thèmes abordés dans son nouvel opus.

10 ans après l'album Toxu, Judu Bék, ou la joie de vivre tout simplement, est la nouvelle production que Wasis Diop compte présenter aux Sénégalais. Dans cet album, il évoque le souvenir comme une ode de son enfance mais aussi rend hommage aux êtres et aux esprits. Composé de 13 titres, l'artiste y raconte aussi la vie des parias et des petites gens. Il se souvient des rues de Dakar où il errait et raconte sa vision du monde, surtout celui parcouru avec ses yeux d'adulte.

Cet opus très acoustique a été enregistré en gros dans l'antre de l'artiste et le reste achevé en studio. Ce recueil a été composé et écrit entre les croquis et les peintures qu'il esquisse dans ses carnets ou sur ses toiles. Pour ce qui est des instruments, mis à part les outils traditionnels, Wasis s'est approprié la pedal steel ou l'accordéon pour rappeler l'omniprésence du vent sur les terres du Sahel.

Pour la touche finale, l'album est mixé par Oz Fritz partenaire sonore de Tom Waits. Il révèle d'ailleurs que ses chansons sont composées par de petites scènes, des films sans image en quelque sorte. « Vous savez, j'ai été photographe, j'ai aussi fait la composition de nombreuses bandes originales pour le cinéma et la télévision, aussi bien pour des productions japonaises que françaises, brésiliennes et africaines », rappelle l'artiste. Aujourd'hui, il cherche sa « voie ».

Sur ses longues absences du Sénégal, Wasis confie qu'il effectue des visites sans production parce qu'il tient à sa liberté. Il affirme qu'il ne recherche pas la gloire mais qu'il est toujours en quête de quelque chose :« En réalité quand je suis à Dakar, je tiens à ma liberté. Je ne suis pas une star et je n'ai rien contre les stars. Mais je pense que les artistes sont des gens ordinaires. Je suis né ici, je veux pouvoir être ici sans jouer de la musique. Je ne viens pas pour conquérir le Sénégal, je viens retrouver mon enfance » dixit Wasis Diop.

Le premier titre de l'album So la la est porté par une voix chaude sur un air poétique aux harmonies lusophones. Dans l'opus, il chante en wolof, parfois en français comme dans son titre écologique sur la pollution Automobile mobile. Les voix féminines sont aussi présentes dans Let it go avec Grace. Ainsi que celle de la japonaise Kaoru dans Jiné ji et Tutti sop. On retrouve aussi dans ses chansons des incantations séculaires empreintes de modernité et d'ouverture.


Copyright © 2008 Sud Quotidien. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire — ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 130 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations d' AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.

Comments Post a comment