B.k.n
11 Octobre 2008
Gagner ! Les « Lions » n'auront d'autres choix que la victoire, cet après-midi face à la Gambie. Au bout, il y aurait une qualification à la Phase III des éliminatoires combinées CAN/Mondial 2010. Autrement, bonjour la galère pendant au moins 2 ans.
Le 5 septembre dernier, dans les entrailles du stade Mustapha Tchaker de Blida, le sélectionneur national des « Lions », Lamine Ndiaye, avait lâché, quelque peu dépité, « nous n'avons plus notre destin en mains » !
Ses troupes venaient de s'incliner (2 - 3) devant l'Algérie en cette 5ème journée des éliminatoires combinées CAN/Mondial 2010 et de perdre la première place du Groupe 6 qu'ils occupaient depuis le lancement de la compétition, fin mai. Le lendemain, à Bakau, la Gambie infligea un cinglant 3 - 0 au Libéria et contribua du coup à enfoncer le Sénégal au classement. 3ème à une journée de la fin ! Les « Lions » n'avaient jamais été en aussi mauvaise position depuis bien longtemps.
Mais, curieusement, l'appréciation de Lamine Ndiaye était fausse. A force de solliciter les calculatrices au sortir de cette avant-dernière journée, il était apparu que les « Lions » avaient bel et bien leur destin en mains. 3ème donc avec 8 points + 2, ils avaient simplement besoin de s'imposer lors de la 6ème et dernière journée de cette Phase II des éliminatoires combinées CAN/Mondial 2010, pour passer au tour suivant. Comme premiers du groupe si, dans le même temps, les « Fennecs » algériens ne font pas mieux face au Libéria au Samuel K. Doe stadium de Monrovia que le Sénégal (nul 2 partout) et la Gambie (nul 1 partout) ; ou dans la fournée des 8 meilleurs deuxièmes.
Les voici donc face à l'ultime obstacle les séparant du Top 20 continental à qui reviendra l'honneur de se disputer les visas pour « Angola 2010 » et « Afrique du Sud 2010 ». Un obstacle nommé Gambie, 2ème avec le même nombre de points (8) mais un goal difference favorable (+ 3 contre + 2). Et ils savent parfaitement ce qu'il leur reste à faire. Puisque leur coach a soutenu dernièrement que « les joueurs attendent ce match depuis le coup de sifflet final de Blida ». La balle est donc dans leur camp.
Les « Lions » ne savent que trop bien que dans un « contexte social bien difficile, fait de coupures de courant aussi longues que fréquentes, d'inondations et de cherté de la vie, « une qualification serait une réelle source de réconfort » pour leurs compatriotes, avait encore déclaré Lamine Ndiaye. Une victoire, si courte soit-elle, et les choses seraient remises en place ; et le staff pourrait travailler en toute quiétude ( ?) pour la suite des compétitions et le long terme.
En regroupement depuis lundi dernier, l'équipe a eu plusieurs occasions de peaufiner la copie qu'elle doit rendre cet après-midi. Les insuffisances avaient été bien identifiées et le coach avait promis de travailler à les gommer. On ne va plus tarder à savoir si tout cela n'était que déclarations d'intention.
Sinon, les conséquences risquent d'être fâcheuses pour le football sénégalais. Car, en plus d'une infamante élimination avant même le début des « choses sérieuses » (la 3ème et dernière phase), les « Lions » tomberaient encore plus bas. Pour n'avoir plus manqué de phase finale de CAN depuis 2000 au Nigeria, ce serait une grosse cassure pour un pays qui a disputé les quarts de finale du Mondial 2002 et qui faisait partie des équipes qui comptent sur le continent.
Plus grave encore, le Sénégal resterait au moins 2 ans - et le début des éliminatoires de la CAN 2012 prévue au Gabon et en Guinée équatoriale, dans le meilleur des cas lors du dernier semestre de 2010 - pour renouer avec le haut niveau officiel. Car, on imagine mal l'Etat financer à coup de dizaines de millions de francs des matches amicaux qui ne déboucheraient sur rien du tout. Sans compter les départs à la retraite forcée de bien des « cadres » voire le départ de l'entraîneur national et de tout son staff. Lamine Ndiaye a bien compris cet aspect de la chose lui qui affirmait clairement en début de semaine « nous jouons notre avenir, mon staff et moi » sur ce match.
Puisqu'au-delà du résultat brut de ce Sénégal - Gambie, il sera également jugé sur sa décision de n'avoir pas sélectionné Mamadou Niang, l'attaquant - vedette de l'OM et à un degré moindre Souleymane Diawara, le solide défenseur de Bordeaux. Pour Lamine Ndiaye, les « critères humains » sont au moins aussi importants que « l'aspect purement sportif » dans la confection d'une liste. Il en a fait la sienne en âme et conscience en misant sur les éléments qu'il espère pouvoir relever le défi gambien. On attend de voir s'ils sont assez imprégnés des enjeux de ce match et surtout s'ils ont les moyens de s'en sortir.
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2008 Le Soleil. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.