Patricia NGO Ngouem
13 Octobre 2008
Il lui aura fallu attendre 71 ans pour être récompensé "pour ses efforts importants sur plusieurs continents et sur plus de trois décennies, pour résoudre des conflits internationaux". En recevant le prix Nobel de la Paix, décerné vendredi 10 octobre dernier par le comité Nobel à Oslo en Norvège, l'ancien chef d'Etat finlandais Martti Ahtisaari succède ainsi à l'Américain Al Gore.
"Tout au long de sa vie adulte, que ce soit en tant que haut fonctionnaire et président finlandais ou dans une fonction internationale, souvent liée aux Nations unies, Ahtisaari a travaillé pour la paix et la réconciliation", a déclaré le comité pour justifier son choix.
Contrairement à Al Gore qui s'est vu décerné cette récompense l'année dernière pour ses actions en faveur de la sauvegarde de l'environnement, Martti Ahtisaari se voit couronné aujourd'hui pour ses efforts menés ces vingt dernières années dans la résolution de plusieurs conflits internationaux auxquels il "a figuré au premier plan".
Des efforts salués par le comité car ayant contribué "à un monde plus pacifique et à la "fraternité entre les nations", dans l'esprit d'Alfred Nobel". En effet, alors qu'il est sous-secrétaire général des Nations unies pour l'Administration, ce diplomate né le 23 juin 1937 à Viipuri en Carélie alors annexée à la Russie par Staline, est envoyé en Namibie avec 8.000 casques bleus et civils chargés d'organiser la transition vers l'indépendance et les premières élections libres en mars 1989.
Son rôle "significatif" dans l'établissement de l'indépendance de ce pays administré à cette époque-là par l'Afrique du Sud, lui vaut le titre de "citoyen namibien honoraire".
De même, son rôle "central" dans le désarmement de l'Armée républicaine irlandaise (Ira) en Irlande du Nord et dans les négociations de paix en Aceh entre le gouvernement indonésien et les séparatistes du Gerakan Aceh Merdeka en 2005 à travers son Ong, Crisis Management Initiative (Cmi) dont la mission est d'aider à créer et développer la paix dans les régions troublée, et sa recherche, "dans des circonstances particulièrement difficiles à trouver une solution au conflit du Kosovo", ont-ils été déterminants pour l'attribution de ce prix.
Un prix qui lui a filé entre les doigts en 2005 au profit de l'Agence internationale de l'énergie atomique et en 2006, alors qu'il faisait parti des favoris. Malgré son "inlassable engagement personnel" pour la paix, ce n'est que cette année qu'il se obtiendra le prix Nobel de la Paix, devançant ainsi la Franco-colombienne Ingrid Betancourt qui était pressentie comme la principale favorite. Une récompense qui lui a valu des félicitations de plusieurs personnalités, dont celles de l'actuelle présidente finlandaise, Tarja Halonen qui n'a pas hésité à l'embrasser publiquement.
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