Fidèle Honvou
13 Octobre 2008
Port Louis — La situation boursière a amené la dépression dans les salles de marché. «Il ne faut pas paniquer», disent les experts locaux.
Dans l'ambiance actuelle de crise financière, les spécialistes en gestion de patrimoine apportent leurs conseils. Ils demandent aux investisseurs de se tenir à leur programme d'investissement et aux épargnants de ne pas se laisser aller à l'affolement.
«Ce n'est vraiment pas le moment de vendre ses actions. Les décisions rapides, irréfléchies, se feront au détriment des vendeurs. Avant de prendre quelque décision, demander conseil aux spécialistes».
C'est en substance ce que conseillent les gestionnaires de fonds aux investisseurs, petits ou grands. Ils s'expriment en cette période où la peur de subir les contrecoups de la crise financière internationale suscite des réactions irrationnelles chez les investisseurs.
«En vendant maintenant, quinze mois après le début de la crise, qui a vraiment démarré en juillet 2007, le public ne ferait que vendre au plus bas, et subirait une perte sur ses investissements», a expliqué Stéphane Henry, managing director d'Investment Professionals Ltd. Il invite les Mauriciens à garder leur calme face à cette crise qui ébranle le monde de la finance.
Pour Stéphane Henry, le début de la crise remonte au milieu de l'année dernière, quand les gestionnaires de fonds ont réduit les risques dans leurs portefeuilles. Comme partout ailleurs, le marché boursier mauricien a connu une période volatile. Chose que les gestionnaires de fonds jugent suffisamment normale. Les pertes enregistrées sur les marchés boursiers, surtout celui de Maurice, sont motivées par le manque de visibilité des investisseurs sur les tendances du marché.
«Personne n'arrive à expliquer ce qui se passe ces derniers jours sur le marché boursier. On est tombé dans l'irrationalité totale et, sur la base des rumeurs, des actions perdent de leur valeur», s'étonne Swadicq Nuthay, Fund manager chez ACMS Ltd. Il serait nécessaire pour les investisseurs mauriciens de s'en tenir à leur programme d'investissement.
«Les Bourses du monde entier ont en moyenne perdu 35 % de leur valeur depuis le 1er Janvier 2008. On ne saurait, à ce niveau, réduire les risques de perte en vendant ses actions. Une option de Stop-loss, qui demeure l'apanage des spéculateurs, était encore envisageable à -10 %. Un programme d'investissement s'étale sur du long terme, en moyenne 7 à 10 ans, et sur cette période, le retour sur investissement sera toujours, en fonction des risques du portefeuille, de 10 % ou plus», analyse Stéphane Henry.
Tous unanimes, les gestionnaires de fonds conseillent aux investisseurs mauriciens de prendre leur mal en patience. «Je ne conseille à personne de vendre en suivant les tendances actuelles du marché», recommande Swadicq Nuthay. Pour lui, des opportunités vont bientôt commencer à surgir sur le marché.
Raj Tapesar, managing director de MCB Stockbrokers et président de l'association des courtiers de change, est du même avis que ses confrères quant au comportement à adopter face à la crise. Mais il précise que les investisseurs gagneront beaucoup à prendre des conseils de leurs gestionnaires de fonds. Il insiste sur la nécessité pour les gestionnaires de fonds d'être beaucoup plus réactifs dans le contexte actuel, où il y a un manque de visibilité du marché.
A l'instar des investisseurs en Bourse, des épargnants en banque, très inquiets, souhaiteraient connaître les dispositions à prendre pour éviter de mettre en péril leur épargne. A cette préoccupation, les spécialistes rassurent : la situation financière des banques mauriciennes cotées en Bourse est très confortable et toutes les institutions bancaires sont sujettes à une réglementation locale très stricte qui les met à l'abri de grands risques.
Malgré la faillite de certaines grandes banques, les déposants ont jusque-là été épargnés. «Aucun déposant dans le monde n'a, depuis le début de cette crise, perdu le moindre dépôt. Il n'existe pas de marché interbancaire à Maurice et les banques implantées ici ont des contacts très réduits avec le reste du monde», dit Stéphane Henry.
Swadicq Nuthay voit, dans les nationalisations des banques, un geste rassurant qui prouve que les gouvernements ne sont pas prêts à laisser s'effondrer le système bancaire international. Les épargnants n'ont, en principe, pas de souci à se faire pour leurs dépôts. Que ces fonds soient dans des banques ici ou dans des établissements à l'étranger.
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2008 L'Express. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.