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Guinée: Le trafic de drogue « potentiellement plus dangereux qu'en Guinée-Bissau »

14 Octobre 2008


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La lutte du gouvernement

Selon M. Camara de l'OCAD, l'organe de lutte contre la drogue a réalisé quelques progrès. L'OCAD, qui a tenté de faire interdire l'atterrissage des petits avions, collabore avec les populations locales, qui l'avertissent lorsqu'elles entendent parler de l'arrivée d'un avion.

M. Camara a expliqué que son bureau avait contribué à déloger 100 trafiquants de drogue du pays. Cette information n'a pu être vérifiée de manière indépendante.

L'OCAD est néanmoins limité par un manque de fonds, de personnel et d'équipement, a déploré M. Camara. Il ne dispose que d'un seul véhicule pour contrôler le trafic dans l'ensemble du pays (soit près de 246 000 kilomètres carrés de territoire), ses deux autres véhicules ayant subi des dégâts au cours de l'impasse qui opposait les soldats à la police, en juin 2008, a-t-il expliqué.

D'après M. Camara, les locaux de l'OCAD ont également été pillés pour effacer toute trace de l'implication de l'armée dans le trafic de drogue. D'autres sources anonymes ont indiqué que l'incident était lié à la saisie de 300 kilogrammes de cocaïne, à laquelle l'OCAD avait contribué quelques semaines plus tôt. « Nous nous battons à mains nues contre ce phénomène et contre des trafiquants de drogue qui utilisent des armes très sophistiquées », a noté M. Camara. « Nous pourrions en faire bien plus si nous avions le soutien de l'armée et des forces paramilitaires ».

Aujourd'hui, l'OCAD tente d'aller plus loin, pour s'introduire dans les réseaux de contrebande, a-t-il expliqué, mais ces derniers sont difficiles d'accès.

Une mesure importante dans la lutte contre le trafic, selon M. Mazzitelli de l'ONUDC, consiste à collaborer avec les banques pour surveiller les transactions financières irrégulières afin de faire échec au blanchiment de fonds en Guinée. « Si l'argent des gens est saisi, a expliqué M. Mazzitelli, ils seront impuissants, et ils seront exposés au jugement de personnes tierces ». Mettre en place un tel système de surveillance en Guinée ne sera pas une mince affaire, a-t-il néanmoins ajouté.

Les responsables des différents pays d'Afrique de l'Ouest doivent aborder cette question ainsi que d'autres s'y rapportant à l'occasion d'une conférence ministérielle de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) sur le trafic de drogue, qui se tiendra le 26 octobre au Cap-Vert.

« Nous espérons que les autorités guinéennes profiteront de cette occasion [la conférence] pour prendre la décision de dénoncer cette situation, et pour appeler la communauté internationale à prendre des mesures strictes et à les soutenir dans cette lutte », a indiqué M. Mazzitelli à IRIN. « Nous espérons qu'elles adopteront la même position que la Guinée-Bissau il y a trois ans, pour tenter de rompre ce cycle et de dénoncer les individus impliqués ».

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