Cameroon Tribune (Yaoundé)

Cameroun: Luc Yatchokeu - « La ville de Douala ne nous suit pas »

S.T.

13 Octobre 2008


interview

Promoteur du Kolatier, Luc Yatchokeu dénonce les limites de la synergie autour de la bourse qui démarre demain.

Les soutiens que vous avez eus suffisent-ils à faire un bon Kolatier cette année ?

Ils nous ont assurément beaucoup aidés parce que faire venir les participants de loin est une grosse charge. Mais le souci que nous avons et continuons d'avoir est local.

En disant merci au ministère de la Culture qui nous a soutenus, nous déplorons beaucoup que la ville de Douala, qui est celle qui bénéficie le plus du Kolatier, s'en fiche, passez-moi le mot.

Depuis plusieurs éditions, nous avons essayé de montrer l'intérêt de ce que nous faisons, mais nous ne sommes pas suivis. Cette année d'ailleurs, on nous oblige à payer 50% pour occuper la salle des fêtes d'Akwa. Nous payons pour animer la ville et y faire entrer des devises. Voilà à quoi nous sommes réduits.

Quel est l'objectif fondamental des activités périphériques de la bourse ?

A part les spectacles, le marché est l'aboutissement de ce que nous faisons. C'est là que vont se nouer les échanges et que peuvent être signés les contrats.

Parce que, après avoir regardé les spectacles, il faudrait bien qu'on rencontre les représentants d'artistes ou les artistes eux-mêmes.

Il faut donc que nous aménagions cet espace pour que les artistes aient une adresse où ils peuvent montrer autre chose que ce qu'on a vu sur scène.

Il y a également des professionnels qui peuvent prendre un stand pour présenter ce qu'ils font, tous ceux qui sont dans la sphère du spectacle y sont invités.

Les ateliers rentrent-ils dans la même logique ?

On peut le dire. Un atelier en management culturel sur la promotion et la commercialisation d'un produit culturel, avec le cas spécifique des arts de la scène, est notamment prévu.

Nous permettons aux managers et aux administrateurs d'artistes d'être outillés. Ils ne le sont pas pour la plupart.

Après avoir présenté un spectacle, il faudrait qu'ils aillent au devant des diffuseurs pour le vendre.

L'atelier à la pratique du journalisme culturel vise à aguerrir les journalistes qui, souvent et malgré leur bonne volonté, ont du mal à rendre compte d'un spectacle. Nous avons besoin d'eux et devons les outiller.

Que voulez-vous démontrer de manière ultime ?

J'ai envie de voir des artistes camerounais faire le tour du monde. Même si nous ne sommes pas compris, nous souhaitons vraiment que la culture contribue au développement économique de notre pays. Danielle Eog est une de nos perles.

Bantou Posse, même s'il n'a pas grand-chose à démontrer, fait du surplace. Il a besoin d'un coup de pouce. Je recommande aussi Alfred et Bernard, les cousins du Burundi.

Le but du Kolatier n'est pas de présenter ce qui est déjà connu. C'est de faire découvrir les choses cachées. C'est ce qui fera venir du monde plus tard quand on se sera rendu compte qu'à chaque édition il y a des découvertes.

Copyright © 2008 Cameroon Tribune. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.

Read comments. Write your own.


SELECT
SELECT

Le top des actualités