Notre Voie (Abidjan)

Côte d'Ivoire: Sessouma Abdoulaye - "Nos vélos de compétition sont dépassés"

Ephrem Touboui

14 Octobre 2008


interview

Ancien vainqueur de la Route de l'Est international, Sessouma Abdoulaye, sociétaire de l'ASFA Moossou, rompt le silence. Il dénonce la mauvaise préparation de son club et le manque de moyens. «Nous sommes abandonnés à nous-mêmes par nos dirigeants», révèle-t-il à Notre Voie qui l'a croisé après la 22ème édition de la Route de l'Est international remportée par le Camerounais Teguimaha Sadrack.

Les Camerounais ont gagné la 22ème édition de la Route de l'Est international en la dominant de bout en bout. Comment expliquez-vous la défaite des Ivoiriens ?

Nous ne nous sommes pas préparés comme il se devait. La préparation a été bâclée. Je connais bien la Route de l'Est international pour l'avoir gagné plusieurs fois. Elle ne se prépare pas de façon approximative.

Qu'est- ce qu'il aurait fallu faire ?

D'abord, la préparation doit se faire sur un long temps. Ce qui n'a pas été le cas. Et puis, pour une telle compétition, on n'y va pas avec le même vélo utilisé pour la préparation. Malheureusement, c'est ce qui s'est passé. Cela nous a causé pas mal de préjudice.

Vous posez là un problème de moyens

Il y a beaucoup de problèmes de moyens. Non seulement nous prenons les mêmes vélos utilisés à l'entraînement pour aller à la compétition, mais aussi ces matériels sont dépassés. Pendant que les Camerounais utilisent les vélos modernes de 3kg, nous courons sur les vélos de 15 kg. C'est tout à fait normal que nos adversaires aillent plus vite que nous. Ils (les camerounais) ne sont pas plus forts que nous. C'est la qualité des vélos qui a fait la différence.

Comment expliquez, vous que le groupe Fadoul qui est une grande structure ne puisse pas vous équiper en matériels plus compétitifs ?

Personnellement, je ne comprends rien. Ce sont les dirigeants qui peuvent certainement répondre à cette question. Je constate tout simplement que nous sommes abandonnés à nous-mêmes. Sa majesté le roi de Moossou, le sponsor officiel Fadoul et le président sont tous là. On nous fait des promesses jamais tenues. Ce qui a fait partir plusieurs de nos coureurs. Le club n'a plus de vélos. Chaque coureur paye lui-même son vélo aujourd'hui.

Est-ce à dire que l'avenir de votre club est hypothéqué ou y a-t-il de l'espoir quelque part ?

Franchement le club n'existe plus que de nom. Si les choses ne changent pas, il est évident qu'on ne parlera plus de l'ASFA Moossou dans quelque temps. Je lance donc un appel aux dirigeants en leur demandant de faire quelque chose. Car l'heure est grave. L'avenir du club est menacé. Les coureurs ne peuvent pas continuer à faire seuls les sacrifices.

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