Fraternité (Cotonou)

Afrique: Alerte maximale pour les banques africaines

Moussa El-Hadji Mama

15 Octobre 2008


Le malheur n'arrive pas qu'aux autres. Un adage qui met les banques africaines dans une situation d'alerte maximale face à la crise financière que traversent les banques européennes et américaines. Il urge donc que les Etats africains pensent à leur plan de riposte. A l'image du plan Sarkozy...

"360 milliards d'euros pour les banques qui devront payer à l'Etat une prime en échange de sa garantie ". C'est l'une des mesures d'urgence pour sauver les banques françaises de la crise bancaire qui secoue la France et l'Europe toute entière. Et face à une crise aux lendemains incertains, Nicolas Sarkozy n'a pas mâché ses mots pour dire "la vérité" aux Français qui "ont peur pour leurs économies". Et conscient de l'inquiétude des Français face aux faillites bancaires aux États-Unis, il a pris un engagement solennel : "Je n'accepterai pas qu'un seul déposant perde un seul euro parce qu'un établissement financier se révélerait dans l'incapacité de faire face à ses engagements." Plus volontariste que jamais, Nicolas Sarkozy a répété qu'il excluait "une politique d'austérité" et n'accepterait pas des "hausses des impôts et des taxes".

En fait, l'État français entend surtout agir comme un facilitateur de refinancement pour les banques, en échange de quoi il bénéficiera d'une petite rémunération. C'est tout l'objet de la création d'une "caisse de refinancement des établissements de crédit", gérée par les équipes du Trésor et placée sous le contrôle de la Banque de France. Concrètement, cette caisse empruntera sur les marchés financiers à un taux d'intérêt avantageux puisqu'elle bénéficiera de la garantie de l'État. Et elle prêtera ensuite aux banques à un taux plus élevé. "La caisse de refinancement fera une marge sur chaque prêt, représentatif de la garantie accordée par l'État et cette marge dépendra de la solidité de la banque", explique-t-on à Bercy. "Nous serons très attentifs aux conditions de tarifs de ces opérations. Il faudra des règles de jeu équitables pour tous les établissements", précise de son côté Philippe Marini (UMP), rapporteur général de la commission des finances du Sénat.

C'est donc une véritable croisade qu'a lancée Nicolas Sarkozy. Une croisade pour en finir avec les "spéculateurs" et tourner la page des "dérives du capitalisme financier". "Le monde est passé à deux doigts de la catastrophe, on ne peut pas prendre le risque de recommencer", a-t-il averti dans un discours qui marque incontestablement le début de la phase 2 du quinquennat. Mais loin d'un discours propagandiste, Nicolas Sarkozy a réussi à faire des propositions justes pour sauver la France et l'Europe de la crise bancaire qui met à mal aujourd'hui le marché financier mondial. Surtout à un moment où les Etats-Unis continuent de spéculer sur les plans pour sauver leurs banques et tout le système financier. Dans cette quête de sortie de crise bancaire, les Etats africains eux semblent indifférents, attendant qu'ils soient submergés avant d'agir. On se rappelle encore dans les années 80, de la faillite de la Banque commerciale du Bénin malgré les tentatives de rescousse de l'Etat béninois. Un scénario qui n'est pas loin de se reproduire avec la déroute actuelle des banques américaines sans qu'un plan de sauvetage ne soit trouvé par les candidats à la présidence américaine. Et ce malgré un système financier très fiable des Etats-Unis. C'est dire que la situation qui prévaut aujourd'hui en Amérique est un signal fort pour les banques africaines qui sont désormais en alerte maximale. Et aux Chefs d'Etat africains de prendre leurs responsabilités pour éviter que leurs banques ne coulent dans les jours à venir... C'est une question de responsabilité et de souveraineté.

Copyright © 2008 Fraternité. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.

Read comments. Write your own.


SELECT
SELECT

Le top des actualités