Yves-M. Abiet
14 Octobre 2008
Ce n'est pas encore officiel. Mais le report de la présidentielle est désormais une évidence. Seule ombre sur le tableau? La nouvelle date des élections qui n'est pas encore connue. Lentement peut-être, mais sûrement, l'épaisse couche de vernis qui recouvrait la nouvelle date de la tenue de la future élection présidentielle ivoirienne, est en train de disparaître.
Ayant pris la mesure de la situation, le Comité d'Evaluation et d'Accompagnement (CEA) de l'Accord politique de Ouagadougou a confirmé le report de ladite élection hier, dans la capitale du Burkina, lors d'une réunion. Mais ne s'est pas arrêté là. Cette instance issue du dialogue direct et qui regroupe le camp présidentiel, celui des Forces nouvelles et le Facilitateur propose que les élections se tiennent en février ou mars de l'année prochaine. En raison notamment, des problèmes techniques et financiers selon une source proche de la médiation. Selon Alain Lobognon Michel qui conduit la délégation des Forces nouvelles à cette rencontre, le CEA est en discussion pour signer un autre accord complémentaire : le quatrième du genre après ceux de Korhogo signés le 28 novembre dernier. Ce léger report se justifie par le fait que le processus de paix conduit par le Premier ministre Guillaume Soro est déjà très avancé. Et aussi par le fait que ce report ne devra "pas être trop long" comme l'a souhaité Y.J. Choi hier, à l'issue d'une rencontre avec le chef de l'Etat.
La preuve, la communauté nationale et internationale se rend bien compte que l'on est à la dernière étape c'est-à-dire à l'identification des populations, la dernière ligne droite qui conduit à l'organisation d'élections transparentes, crédibles et justes comme l'a toujours souhaité, le locataire de la "Maison blanche" du Plateau. Au cours de cette rencontre au pays des hommes intègres, le CEA a aussi abordé d'autres questions et non des moindres. Il s'agit de la sécurisation et de la certification de tout le processus électoral en général et du processus d'identification en particulier. C'est pourquoi, il a souhaité que ces deux aspects soient confiés à l'ONU. En effet, l'on constate que depuis quelques jours en tout cas, l'identification qui a pourtant démarré sur des chapeaux de roue, a connu quelques blocages essentiellement orchestrés par des partisans du parti au pouvoir. Ces derniers ont emporté des valises de la Sagem, cassé des bureaux et molestés des agents.
A la suite d'un appel clair lancé par Sokouri Bohui, en charge des questions électorales au FPI. Des agissements qui ont poussé le RHDP à sortir ses griffes avant-hier dans une déclaration : «Le RHDP condamne énergiquement cette situation de blocage provoquée par le FPI et ses bras armés que sont : INS et les prétendus patriotes. Le RHDP en appelle à la vigilance du Premier Ministre et du Gouvernement afin que cette étape cruciale du processus de sortie de crise ne soit, ni dévoyée, ni prise en otage par le FPI qui redoute des élections crédibles et transparentes.» Avant d'attirer «l'attention de l'opinion nationale et internationale sur la volonté manifeste du pouvoir FPI d'empêcher ou de tronquer les opérations d'identification de la population et d'enrôlement électoral.» et d'interpeller «le Représentant du Secrétaire Général de l'ONU, M. CHOI, et le Représentant du Facilitateur, M. BADINI, sur leurs responsabilités quant à la certification des différentes étapes du processus électoral conduisant aux élections générales.
Le RHDP interpelle aussi les Forces de Défense et de Sécurité (FDS), les Forces armées des Forces Nouvelles (FAFN), le Centre de Commandement Intégré (CCI) et l'ONUCI sur la nécessaire sécurisation des opérations d'identification de la population et d'enrôlement des électeurs, conformément à l'Accord politique de Ouagadougou.»
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