PIERRE EMANGONGO
15 Octobre 2008
Kinshasa — Le médiateur sud-africain Thabo Mbeki a commencé hier mardi 14 octobre à rencontrer les leaders politiques du Zimbabwe pour tenter de sauver l'accord de partage du pouvoir. Cependant, cette médiation risque d'essuyer un échec cuisant étant donné que Robert Mugabe fait fi de l'autorité de Mbeki depuis que ce dernier a quitté la présidence de l'Afrique du Sud.
Le médiateur sud-africain Thabo Mbeki a commencé hier mardi 14 octobre à rencontrer les leaders politiques du Zimbabwe pour tenter de sauver l'accord de partage du pouvoir, menacé depuis l'attribution unilatérale par le président Robert Mugabe des postes clés du futur gouvernement à son parti, a constaté l'AFP.
Ces consultations ont débuté en milieu de journée, peu avant le début de la première session du Parlement, où le parti de M. Mugabe siège dans la minorité pour la première fois depuis l'indépendance en 1980.
Les députés qui ont prêté serment fin août, vont étudier un amendement constitutionnel afin de permettre à M. Mugabe de rester président et au chef de l'opposition Morgan Tsvangirai de devenir Premier ministre, conformément à l'accord signé le 15 septembre.
Mais cet accord, signé sous l'égide du médiateur, est aujourd'hui dans l'impasse et achoppe sur la répartition entre le pouvoir et l'opposition des portefeuilles clés du gouvernement d'union.
Le Mouvement pour le changement démocratique (MDC) de Morgan Tsvangirai entend discuter avec l'ex-président sud-africain Mbeki, arrivé lundi soir à Harare, de la répartition des ministères comme l'Intérieur ou les Affaires étrangères.
INTRANSIGEANCE DE MUGABE
Mais le parti au pouvoir, l'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF), estime que cette question est réglée. Cette intransigeance de la Zanu-PF s'explique par le fait que le président Robert Mugabe fait déjà fi de la médiation de Thabo Mbeki étant donné que ce dernier ne tient plus les rênes du pouvoir en Afrique du Sud qui passe pour la première puissance économique du continent.
Ce qui signifie, en d'autres termes, que la médiation de Thabo Mbeki risque d'essuyer un échec cuisant dans ce pays en proie de la violence post-électorale. Une situation qui fait dire à plus d'une personne que la Communauté internationale devra exercer de fortes pressions sur le président Robert Mugabe qui doit respecter scrupuleusement l'accord du 15 septembre 2008. C'est alors seulement qu'on parviendra de former un gouvernement d'union nationale et mettre fin à cette crise qui paralyse les activités au Zimbabwe.
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