Stéphanie B. Hissoak
15 Octobre 2008
interview
Pour ce chef de service de la Cndhl, le problème demeure récurrent.
Pourquoi les droits des personnes incarcérées sont-ils constamment violés ?
Si on parle de violation des droits de l'homme, cela implique forcément qu'il y a des personnes qui sont prêtes à violer ces droits. Très souvent, c'est un problème de manque d'éducation et de personnes. Car, il y a des personnes qui sont formées mais qui continuent à violer les droits fondamentaux des autres. Ce sont des problèmes qui sont récurrents dans notre société, et croire qu'il peut exister une société sans violation des droits relève de l'utopie.
Mais l'essentiel est de savoir ce qui est mis en oeuvre pour résoudre ces problèmes. Les droits des détenus sont violés à deux niveaux. Avant tout, il y a un problème lié à l'administration pénitentiaire. Très souvent cette administration n'a pas tout ce qu'il faut pour leur encadrement en terme de conditions sanitaires et de droit à la santé, mais aussi en terme de nutrition. L'autre aspect est relatif à l'administration de la justice, c'est-à-dire les longues détentions provisoires, le problème des lenteurs judiciaires. Ces deux aspects, je pense, constituent les principales violations des droits des détenus.
Quelles sont les actions mises en oeuvre par la commission nationale des droits de l'Homme et des libertés, pour remédier à ces problèmes ?
Nous menons des actions à plusieurs niveaux. Du côté de l'administration, nous opérons des médiations. Lorsque nous recevons des requêtes qui concernent des détenus, nous essayons de saisir les administrations qui sont impliquées et tentons de trouver des solutions aux problèmes. Nous avons également une seconde approche qui consiste à descendre dans les prisons. Les cas que nous relevons et qui paraissent préoccupants, nous attirons l'attention de l'autorité pénitentiaire qui est avec nous. Et puisque nous travaillons généralement en collaboration avec le procureur de la République, il y a des cas dont il se saisit et essaie d'y remédier immédiatement après notre passage. Au delà, nous menons constamment des activités d'éducation et formation pour sensibiliser les populations par rapport aux droits des détenus.
Qu'attendez vous concrètement des magistrats, avocats et officiers de police judiciaire au terme de ces deux jours d'ateliers de formation ?
Le système de police judiciaire constitue un tout. Toutes ces personnes concourent à la bonne administration de la justice. Lorsque nous les formons, nous entendons les doter d'outils qui leurs permettront de bien faire leur travail dans le du respect des droits de l'Homme. Parce que la formation en droits de l'Homme n'est pas encore systématique au Cameroun, c'est progressivement, à travers ces formations que nous entendons améliorer la condition des droits de l'Homme dans notre pays.
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