Jean-Denis Permal
15 Octobre 2008
Port Louis — Emprunter les trottoirs de Port-Louis devient de plus en plus une corvée pour les piétons : ils sont contraints de marcher sur la route. La raison en est les obstructions occasionnées par les étalages de marchands de rues, de propriétaires de magasins et de tabagies, sans compter les voitures garées sur les trottoirs pour tenter d'éviter les zones de stationnement interdit.
La municipalité de Port-Louis s'est penchée sur ce problème pour éviter que la situation n'empire à l'approche des fêtes de fin d'année quand une véritable prolifération de marchands, dits ambulants, est constatée.
Elle projette d'appliquer très prochainement les dispositions du Local Government Act qui prévoient une amende Rs 500 à tout contrevenant.
Les autorités sont conscientes que ces obstructions risquent de mettre en péril la sécurité des piétons et de gêner les automobilistes qui doivent se frayer un passage parmi la foule aux heures de pointe. L'exemple de la rue La Corderie est cité.
Le problème d'obstruction des trottoirs est complexe. Certains propriétaires de magasins affirment qu'ils se voient dans l'obligation de vendre certains de leurs articles sur les trottoirs afin d'éviter que les marchands ambulants ne viennent occuper ces espaces.
Ils disent avoir décidé d'agir ainsi puisque les autorités concernées tolèrent la situation créée par les marchands de rues depuis des années .
«C'est une concurrence déloyale que nous avons à gérer quotidiennement. Les marchands de rues vendent pratiquement les mêmes articles qui se trouvent dans mon magasin» , dit Govinden Pragassen.
Si la situation persiste, dit-il, il va lui falloir changer de créneau pour pouvoir survivre. Pour lui, il n'est pas normal que les autorités tolèrent une telle situation.
Alors que certains marchands de rues opèrent dans l'illégalité, il doit, lui, être en règle avec les caisses de la municipalité pour ses frais d'opération.
Pour Mamad Khodabaccus, conseiller municipal à Port-Louis, il faut régler le problème à deux niveaux : «Convaincre les propriétaires de magasins à ne plus exposer leurs produits sur les trottoirs et décourager les marchands des rues à vendre leurs articles devant ces commerces. Une fois ce problème résolu, la circulation deviendra fluide sur les trottoirs.»
Amende de Rs 500 à Rs 1 500
Port-Louis n'est pas la seule ville concernée par ce problème. Curepipe en subit aussi les conséquences. Anil Dhorbal, conseiller municipal de la ville lumière, a signifié son intention d'évoquer la question au cours de la réunion du conseil aujourd'hui.
Il suggère que les propriétaires de magasins cessent de vendre leurs articles sur les trottoirs devant leur commerce. Il demande aussi au conseil municipal de prendre une décision par rapport aux marchands de rues qui viennent vendre leurs articles devant les magasins.
Le conseiller de Curepipe rappelle que l'obstruction des trottoirs est un délit, avec une amende variant de Rs 500 à Rs 1 500.
A Quatre-Bornes, le maire suppléant, Jean-François Batour, affirme que les commerçants sont disciplinés. Les inspecteurs municipaux ont des instructions précises pour sévir contre les contrevenants.
«Nos inspecteurs visitent régulièrement la ville pour veiller au respect des dispositions du Local Government Act concernant l'obstruction des trottoirs. De plus, les marchands préfèrent vendre leurs articles dans les foires.»
Pour sa part, le maire de Vacoas-Phoenix, Rehmankhan Hemutally, se réjouit d'avoir pu mettre bon ordre dans le chaos des trottoirs obstrués.
«Nous avons été intransigeants sur cette pratique et nous avons infligé des amendes de Rs 1 500 aux contrevenants.»
La mairie de Beau-Bassin - Rose-Hill se félicite, de son côté, d'avoir pu sévir contre les marchands de rues qui obstruaient les trottoirs le long de la route Royale dans le centre-ville.
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