Mame Seydou Diop
15 Octobre 2008
Libérer le président Abdallahi pour lui permettre de contribuer avec toutes les parties prenantes à la recherche d'une solution acceptable et définitive. C'est l'une des propositions faites par les organisations des droits de l'homme pour sortir la Mauritanie de l'impasse.La confusion semble aussi régner dans le camp des organisations des droits de l'homme dans l'appréciation de la situation en Mauritanie.
Et pour cause, au moment où le président de l'Observatoire international des droits de l'homme, M. Touré Moustafa affirmait, dimanche soir à Nouakchott, qu'il n'avait pas eu de coup d'Etat en Mauritanie, car le putsch n'avait occasionné aucun dégât humain ou matériel, et il n'a abouti à aucune arrestation ou atteinte aux libertés publiques, ses autres partenaires n'émettaient pas sur la même longueur d'ondes.
Le président dudit Observatoire s'exprimait ainsi au cours de rencontres séparées qu'il a eues, en compagnie de son secrétaire général, M. Elie Hallassou, et en présence des représentants des députés et sénateurs de la majorité présidentielle et des organisations de la société civile.
Trois organisations mauritaniennes des droits humains ont proposé dimanche un plan de sortie de crise, après le putsch ayant renversé l'ex-président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, le 6 août dernier.
La Commission nationale des droits de l'homme (Cndh), la Rencontre africaine pour la défense des droits de l'homme (Raddho) et le Forum des organisations nationales des droits humains (Fonadh) ont constitué un groupe de contact pour présenter leurs propositions.
Selon elles, il s'agit de 'conduire une facilitation pour une sortie de crise réelle et définitive'. Des propositions de ce groupe, on note 'la libération du président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi pour lui permettre de contribuer avec toutes les parties prenantes, à la recherche d'une solution acceptable et définitive'.
Les trois Ong ne précisent, cependant, pas si elles proposent le rétablissement de Ould Cheikh Abdallahi dans ses fonctions ou uniquement sa libération.
Mais elles préconisent l'organisation d'une rencontre sans exclusive entre toutes les parties prenantes, dont l'agenda reste à définir ; ainsi que le retour à l'ordre constitutionnel en passant par l'organisation de consultations électorales pour permettre au suffrage universel de jouer son rôle d'arbitre dans le cadre des élections présidentielles et législatives notamment.
Aussi, des garanties sur la transparence des élections, comme la formation d'un gouvernement consensuel de transition et d'une institution électorale nationale aux compétences élargies, devront être données.
Autre garantie demandée : l'interdiction faite aux membres des forces armées et de sécurité en activités, conformément à la loi, d'être candidat à tout poste électif et ou de manifester leur opinion ou leur choix politique.
La Cndh, la Raddho et le Fonadh, qui indiquent avoir eu des entretiens avec les chefs de partis politiques représentés au Parlement et les parlementaires auteurs d'une feuille de route, proposent d'inviter les partenaires au développement de la Mauritanie à accompagner ce processus.
Toutefois, leur proposition risque de dormir dans les tiroirs, car M. Touré Moustafa, en réponse aux parlementaires et aux organisations de la société civile, indiquait que la Mauritanie est victime de campagnes internationales qui ont pour but de déformer la réalité. Ces campagnes visent, selon lui, à donner l'impression que le pays souffre de la non-stabilité.
Ce qui est contraire à la vérité, soutient-il, précisant qu'il a remarqué depuis son arrivée à Nouakchott et à travers ses rencontres et autres visites dans les quartiers que la situation est normale. Et qu'il n'y a aucune manifestation prouvant l'instabilité dans le pays.
Profitant de cette remarque, le député El Arby Ould Sidi Aly, 1er vice-président de l'Assemblée nationale et le sénateur Cheikh Mohamed El Hacen Ould El Hadj Mohamed, d'autres parlementaires et des représentants de la société civile, ont présenté à la mission de l'Observatoire international des droits de l'homme des exposés détaillés sur la situation du pays depuis les élections de Mars 2007 jusqu'au 6 août 2008 (date du putsch).
Et c'était pour affirmer que l'ancien président n'a pas pu diriger le pays. Il a failli à son engagement électoral et a suivi une politique de blocage des institutions constitutionnelles.
Les parlementaires ont passé en revue leur différend avec l'ancien président de la République. Un différend qui avait débuté, selon eux, avant son installation ; lorsqu'il a notamment passé des accords, sans les informer en tant que majorité qui l'a amené au pouvoir, avec d'autres parties, précisant qu'il a voulu se débarrasser d'eux juste après son élection.
Pour rendre les faits plus réels, ils ont précisé qu"en limogeant les dirigeants de l'armée, l'ancien président a commis une folie qui pouvait entraîner le pays dans une situation dont les conséquences négatives sont incalculables'.
Selon eux, ce qui s'est passé le 6 août 2008 est un 'mouvement de rectification' du processus démocratique qui a sauvé le pays d'une catastrophe certaine.
Ils déclarent être surpris par les réactions de certains pays et d'organisations extérieures qui veulent imposer à la Mauritanie un agenda que rejette le peuple mauritanien.
Ils ont, par ailleurs, précisé que ceux qui s'opposent à cette rectification sont une minorité alors qu'elle est soutenue par 221 parlementaires sur les 251 membres des deux chambres et 201 maires de communes sur les 216 que compte le pays.
Les parlementaires ont enfin demandé à l'Observatoire d'aider le pays à faire face aux campagnes tendancieuses dont il est victime.
Copyright © 2008 Wal Fadjri. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.
Read comments. Write your own.