Nord-Sud (Abidjan)

Côte d'Ivoire: Pêche illicite - Un bateau clandestin stoppé à Assouindé

Cissé Cheick Ely

14 Octobre 2008


La police maritime a réalisé un grand coup hier sur les côtes nationales. A l'aide de moyens rudimentaires les gardes-côtes ont immobilisé un bateau clandestin qui pratiquait de façon illégale la pêche dans les zones interdites aux navires étrangers.

Une prouesse. C'est ce que la police maritime a réussi dans la nuit de dimanche à lundi aux larges des côtes nationales à Assouindé (environ à 100 km d'Abidjan). Sans vedette, ni patrouilleur mais avec deux grosses pirogues motorisées (appelées Tines) les agents de la direction des affaires maritimes et portuaires ont arraisonné un bateau clandestin en pleine pratique illégale de pêche dans les eaux nationales.

Le navire en question est le Global Tree (battant pavillon ghanéen) appartenant à la société Global marine basée au Ghana. A l'intérieur 23 membres d'équipage composés de 8 Chinois et 15 Ghanéens. C'est un chalutier à bord duquel les gardes-côtes ont saisi 800 cartons de poissons soit 2, 4 tonnes. La capacité du bâtiment atteint les 5,4 tonnes.

Ce navire est en situation illégale puisque ne possédant aucun document officiel hormis l'ordre de mission qui lui donne l'autorisation de ne pêcher que dans les eaux ghanéennes.

8 Chinois et 15 ghanéens pris

Ce bateau n'a aucune licence de pêche, ni livret maritime ni rôle bord (un document dans lequel sont consignées les informations sur chaque matelot). La prise aurait été plus importante si la police maritime était suffisamment outillée et plus armée puisque telle que l'explique le sergent-chef Bato Tapé, c'est aux environs de 23heures qu'ils ont été alertés par les villageois en majorité des pêcheurs de la présence d'une douzaine de navires clandestins dans les zones interdites.

Beaucoup d'entre eux servent d'informateurs en cas de situation anormale observée sur les côtes. La première équipe d'intervention composée de deux agents viendra d'Adiaké en louant une Tine. Elle lancera l'assaut face à huit bateaux alignés et quatre autres éparpillés en pleine mer. Le renfort arrivera plus tard toujours avec les mêmes moyens de transport mais cette fois-ci avec trois gardes-côtes.

Après plusieurs tirs de sommation, 11 bateaux prennent le large seul le Global tree a été pris dans l'étau. Une fois à l'intérieur vers 2 heures du matin, les agents de la police demandent aux occupants de remonter leur filet avant de les escorter non loin des côtes à Assouindé.

L'arraisonnement suivi de l'escorte s'est poursuivi dans la matinée devant une population villageoise stupéfaite. Chacun voulait savoir ce qui se passait en bordure de mer. Car nombreux sont ceux qui ont abandonné leurs activités journalières pour se déporter vers la mer. Selon le lieutenant-colonel Tano Bertin, Directeur général-adjoint des Affaires maritimes et portuaires la procédure administrative va suivre son cours vu que plusieurs chefs d'inculpation sont retenus contre le bâtiment clandestin.

D'abord le Global Tree a l'allure d'une épave, en violation des textes de l'Organisation maritime internationale (Omi) qui exige la disparition des «navires poubelles.» Ce bateau n'ayant aucune licence de pêche, ni livret maritime s'expose par conséquent au paiement d'une amende.

Elle peut atteindre 50 millions de Fcfa. «S'il n'est pas capable de payer cette amende le bateau sera vendu aux enchères et le capitaine sera mis aux arrêts», souligne le Dga avant de féliciter ses éléments. Occasion qu'il a saisie pour revenir sur les conditions de travail difficiles dans lesquelles se trouve la police maritime. «Les affaires maritimes ne disposent d'aucun moyen nautique pour faire ce travail. Les agents qui sont en fonction ici ont pu accéder à ce navire grâce à une pirogue.

Les risques sont énormes, vous avez vu la houle. Et la mère est très agitée. Ceux qui ne sont pas habitués à utiliser ce type d'embarcation sont exposés à beaucoup de risques. Nous avons besoin dans l'immédiat d'au moins un patrouilleur rapide et deux vedettes de surveillance.

Vu la situation morose que connaît l'économie nationale, on ne peut pas demander mieux que cela. Mais les besoins urgent», soutient le lieutenant-colonel. A l'en croire c'est parce que ces clandestins savent que les eaux ivoiriennes ne sont pas surveillées qu'ils prennent «le malin plaisir de venir piller nos ressources et en plus ils y dégazent.»

N'existant pas de dépôt de ballastage au port d'Abidjan, des déchets sont immédiatement déversés dans la mer avec les risques que cela comporte. «Notre rôle ne consiste pas seulement à traquer les navires de pêche mais à lutter contre la piraterie, la pollution, les clandestins. C'est dans ce sens que nos agents avec ceux de la gendarmerie ont saisi dimanche près de 600 kilos de drogue. Certains utilisent ces bateaux de pêche pour convoyer des armes.

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