Cameroon Tribune (Yaoundé)

Cameroun: Universités d'Etat - Les effectifs en folie

Yves Atanga

15 Octobre 2008


C'est donc l'heure de la reprise dans l'enseignement supérieur. Rentrée pour une année académique 2008/2009 pas tout à fait comme les autres. Et pour cause : elle va démarrer dans un contexte marqué par un nouvel enrichissement de l'offre dans les universités d'Etat. Mais aussi dans les institutions privées d'enseignement supérieur, de plus en plus nombreuses, de plus en plus diversifiées et pointues dans leurs offres.

L'université de Maroua apparaît ainsi comme la superstar des universités en cette période de rentrée. Il n'y a qu'à voir la ruée vers le concours d'entrée à l'Ecole normale supérieure de la ville pour comprendre l'opportunité et l'impact de cet avènement. Près de 40.000 candidats, d'après le Minesup pour près de 2000 places disponibles, c'est un signe d'engouement certain. Mais c'est aussi et surtout le reflet des défis qui attendent les responsables des universités d'Etat à l'aube de cette nouvelle année.

La question est là, qui se pose de manière récurrente depuis au moins trois rentrées : comment contenir l'afflux exponentiel des diplômés de l'enseignement secondaire ? Car après s'être félicité des progrès enregistrés au baccalauréat et au GCE Advanced Level, il vaut mieux ne pas perdre de vue que cette population constitue une source de presse démographique potentielle pour les universités du pays.

Les chiffres : au terme de la session 2008 des examens officiels, 37.350 jeunes ont obtenu le baccalauréat général ; 15.283, le GCE Advanced Level. Ainsi, sans même compter l'enseignement technique, voilà plus de 50.000 Camerounais susceptibles de frapper aux portes des différentes institutions universitaires. Auxquels il faut déjà ajouter la population existante.

Comment entend-on gérer cette demande potentielle ? La question trotte certainement déjà dans les esprits des responsables. Dans les sept universités d'Etat, premiers points de chute de cette masse de bacheliers, elle implique une adéquation avec l'offre de formation. Le nombre d'enseignants, les salles de cours, les bibliothèques. Mais aussi des commodités élémentaires comme les restaurants universitaires, les toilettes, et le logement.

C'est pour faire le point au cas par cas, que CT ouvre le dossier. Et les premières investigations montrent que des dispositions sont globalement prises pour éviter les surprises côté effectifs. Les universités fonctionnent avec un minimum de prévisions, qui aident à contenir la demande.

Mais évidemment, elles ne sont pas toutes logées à la même enseigne. A l'instar de Maroua, qui à peine au stade des balbutiements, doit déjà faire face à l'incroyable pression. Sur ce plan, Yaoundé I et Yaoundé II, Douala n'ont plus vraiment le monopole. L'université de Buea attire aujourd'hui presque autant, en raison de la réputation qu'elle s'est forgée au fil des années. Mais ici, un système de sélection strict, à l'anglo-saxonne règle une partie du problème.

Et dieu merci, la large ouverture au secteur privé constitue une véritable bouée de sauvetage. La mode aux formations courtes à caractère professionnel a favorisé l'essor des institutions de formations pour le Brevet de technicien supérieur (BTS) et son équivalent (NHD) dans le système anglophone. De même, on ne peut ignorer le rôle de l'université catholique d'Afrique centrale, salutaire pour bon nombre de bacheliers.

Mais qui au même titre que les universités d'Etat est aujourd'hui submergée par les candidats. A côté, d'autres institutions de même nature comme l'université protestante d'Afrique centrale apportent progressivement leur contribution à travers le pays. Et l'on a bel espoir d'avoir dans pas longtemps, une université dans chaque grande ville. En attendant, on va encore se serrer un peu, c'est clair.

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