Le Potentiel (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: Francophonie - Déroulement du sommet de Québec

Freddy Mulumba Kabuayi

20 Octobre 2008


Kinshasa — Le sommet de la francophonie s'est cloturé aujourd'hui à Quebec après deux jours des débats sur les grands enjeux à savoir « démocratie et Etat de droit », « gouvernance économique », « environnement » et la « langue francaise ». Etaient présents, à l'ouverture du sommet le secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon, José Manuel Barroso, président de la commission européenne et Nicolas Sarkozy, président en exercice de l'Union européenne.

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika, dont le pays n'a jamais accepté d'intégrer l'Organisation internationale de la Francophonie, était présent en tant qu'invité spécial. Parmi les présidents absents, il faut signaler le président Kabila de la RDC, le président suisse, le président Laurent Gbagbo de la Cote d'Ivoire, le président Kagame et le président Mauritanien. L'ouverture officielle a été faite par le premier ministre canadien Harper en présence d'une cinquantaine de chefs d'État et de gouvernement, du secrétaire général de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et du secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies.

Dans son mot d'ouverture, le premier ministre canadien annonce les couleurs. « Les actions de la Francophonie doivent être ciblées et efficaces. Elles doivent être faites en concertation avec les autres organisations internationales et régionales. Pour atténuer les crises qui affligent notre planète, en particulier certains pays francophones, on doit apporter des solutions collectives et réalistes ».

Le premier ministre a encouragé les chefs d'État et de gouvernement à examiner des mesures visant à renforcer les capacités de l'OIF en matière de diplomatie préventive et de médiation. Par ailleurs, il a aussi rappelé la nécessité de poursuivre la modernisation de l'OIF.

« Les organisations multilatérales doivent être efficaces, responsables et redevables. Le Canada est ouvert au monde. Le Canada reflète la diversité. C'est aussi pour cette raison que notre appartenance à la Francophonie internationale est primordiale », a mentionné le premier ministre canadien. Monsieur Harper a profité de l'occasion pour annoncer qu'il augmentera le financement consacré par le Canada à TV5.

De son coté, le Sg de la Oif, le président Abdou Diouf, Souligne, dans son discours d'ouverture, que l'Oif « a vocation à jouer un rôle toujours plus important dans un monde en proie à des mutations inédites et contraint à en tirer au plus vite toutes les conséquences ». Le monde bouge, la francophonie aussi, dit-il. Le sg de l'Oif a engagé l'organisation dans la voie de la modernisation administrative et financière. Il a profité de l'occasion pour féliciter l'administrateur de l'Oif, Clément Duhaime, pour son souci de rigueur, de transparence, d'économie, de justice et d'éthique. Depuis 1er janvier 2008, l'organisation s est dotée d'un plan de gestion stratétgique pluriannuel qui vise à développer une culture de gestion axée sur les résultats.

Malgré cette gestion rigueur, l'Oif est confrontée aux problèmes financiers. 32 Etats membres n'ont toujours pas versé leur contribution statutaire, 26 ont des arriérés représentant 11,5 millions d'euros, souligne, le Sg.

Conférence ministérielle de la Francophonie - La ministre Monique Gagnon-Tremblay fait l'état des lieux de la 24ème session tenue à Québec

A la suite de la 24e session de la Conférence ministérielle de la Francophonie (CMF), la ministre des Relations internationales et ministre responsable de la Francophonie, Mme Monique Gagnon-Tremblay, a tenu à souligner les avancées positives de la Francophonie, mais aussi la nécessité de poursuivre les efforts amorcés dans la résolution de ses défis.

« Je constate, tout d'abord, que l'entreprise de modernisation de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), lancée et soutenue par le Secrétaire général depuis janvier 2006, est non seulement engagée, mais porteuse de résultats tangibles.

Sous sa direction vigilante, l'OIF a retrouvé le chemin de l'équilibre financier, au prix d'efforts parfois difficiles, notamment de la part du personnel de la maison. Il faudra continuer de faire des efforts durables pour réellement ancrer une nouvelle culture en notre sein », a souligné la ministre.

Rappelons que, depuis 2006, des actions ont été entreprises pour redresser la situation financière de l'OIF et instaurer une gouvernance plus transparente et axée sur les résultats. Des efforts sont engagés par l'OIF et les opérateurs pour resserrer leurs actions et pour développer de nouvelles collaborations autour des projets plus structurants pour les communautés, principalement celles du Sud.

Madame Gagnon-Tremblay a également réitéré l'importance qu'ont les opérateurs pour la Francophonie : « J'avais émis le voeu à Vientiane, et à maintes reprises par la suite, que les ministres francophones puissent entendre les opérateurs et les questionner sur leurs activités, peut-être même qu'ils expriment leurs attentes à leur égard, dans le cadre d'une discussion franche et ouverte (...) je me réjouis de constater que la synergie entre nos opérateurs est amorcée. D'ores et déjà, nous avons la promesse que les réalisations seront au rendez-vous ».

Par ailleurs, cette 24e session de la CMF aura également permis aux ministres responsables de la Francophonie de s'entendre sur la nécessité de mieux faire connaître les nombreuses actions de l'Organisation aux populations des pays membres.

Menées au quotidien, ces actions visent notamment à promouvoir la langue française et la diversité culturelle, les droits de la personne et l'égalité entre les hommes et les femmes, l'éducation et la formation des jeunes ainsi que le développement durable des communautés de l'espace francophone.

Abdou Diouf de l'OIF dresse le bilan de son organisation

En janvier 2006, le Secrétaire général de la Francophonie me faisait le grand honneur de me nommer au poste nouvellement créé d'Administrateur de l'Organisation internationale de la Francophonie, elle-même née en novembre 2005 par l'adoption de la Charte de la Francophonie.

Liens Pertinents

Ce faisant, et grâce à votre soutien, le Secrétaire général Abdou DIOUF réalisait le rêve des pères de la Francophonie : celui de créer une organisation politique dont le socle et le ciment sont la langue française et dont la raison d'être est la solidarité entre les peuples francophones : solidarité culturelle et linguistique, bien sûr, mais aussi solidarité économique, éducative, politique, scientifique et environnementale. Qu'il me soit permis, devant vous, de mettre en lumière ces réalisations.

Mesdames et messieurs les ministres et chefs de délégation,

Notre Organisation n'est rien sans les femmes et les hommes qui la font vivre au quotidien. Ensemble, ils mettent en oeuvre, avec engagement et passion, nos projets de coopération dans près de 50 pays. 330 personnes, de quarante nationalités, travaillent au Siège à Paris et dans nos implantations situées sur quatre continents.

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