Freddy Mulumba Kabuayi
20 Octobre 2008
Kinshasa — Le sommet de la francophonie s'est cloturé aujourd'hui à Quebec après deux jours des débats sur les grands enjeux à savoir « démocratie et Etat de droit », « gouvernance économique », « environnement » et la « langue francaise ». Etaient présents, à l'ouverture du sommet le secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon, José Manuel Barroso, président de la commission européenne et Nicolas Sarkozy, président en exercice de l'Union européenne.
Le président algérien Abdelaziz Bouteflika, dont le pays n'a jamais accepté d'intégrer l'Organisation internationale de la Francophonie, était présent en tant qu'invité spécial. Parmi les présidents absents, il faut signaler le président Kabila de la RDC, le président suisse, le président Laurent Gbagbo de la Cote d'Ivoire, le président Kagame et le président Mauritanien. L'ouverture officielle a été faite par le premier ministre canadien Harper en présence d'une cinquantaine de chefs d'État et de gouvernement, du secrétaire général de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et du secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies.
Dans son mot d'ouverture, le premier ministre canadien annonce les couleurs. « Les actions de la Francophonie doivent être ciblées et efficaces. Elles doivent être faites en concertation avec les autres organisations internationales et régionales. Pour atténuer les crises qui affligent notre planète, en particulier certains pays francophones, on doit apporter des solutions collectives et réalistes ».
Le premier ministre a encouragé les chefs d'État et de gouvernement à examiner des mesures visant à renforcer les capacités de l'OIF en matière de diplomatie préventive et de médiation. Par ailleurs, il a aussi rappelé la nécessité de poursuivre la modernisation de l'OIF.
« Les organisations multilatérales doivent être efficaces, responsables et redevables. Le Canada est ouvert au monde. Le Canada reflète la diversité. C'est aussi pour cette raison que notre appartenance à la Francophonie internationale est primordiale », a mentionné le premier ministre canadien. Monsieur Harper a profité de l'occasion pour annoncer qu'il augmentera le financement consacré par le Canada à TV5.
De son coté, le Sg de la Oif, le président Abdou Diouf, Souligne, dans son discours d'ouverture, que l'Oif « a vocation à jouer un rôle toujours plus important dans un monde en proie à des mutations inédites et contraint à en tirer au plus vite toutes les conséquences ». Le monde bouge, la francophonie aussi, dit-il. Le sg de l'Oif a engagé l'organisation dans la voie de la modernisation administrative et financière. Il a profité de l'occasion pour féliciter l'administrateur de l'Oif, Clément Duhaime, pour son souci de rigueur, de transparence, d'économie, de justice et d'éthique. Depuis 1er janvier 2008, l'organisation s est dotée d'un plan de gestion stratétgique pluriannuel qui vise à développer une culture de gestion axée sur les résultats.
Malgré cette gestion rigueur, l'Oif est confrontée aux problèmes financiers. 32 Etats membres n'ont toujours pas versé leur contribution statutaire, 26 ont des arriérés représentant 11,5 millions d'euros, souligne, le Sg.
Conférence ministérielle de la Francophonie - La ministre Monique Gagnon-Tremblay fait l'état des lieux de la 24ème session tenue à Québec
A la suite de la 24e session de la Conférence ministérielle de la Francophonie (CMF), la ministre des Relations internationales et ministre responsable de la Francophonie, Mme Monique Gagnon-Tremblay, a tenu à souligner les avancées positives de la Francophonie, mais aussi la nécessité de poursuivre les efforts amorcés dans la résolution de ses défis.
« Je constate, tout d'abord, que l'entreprise de modernisation de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), lancée et soutenue par le Secrétaire général depuis janvier 2006, est non seulement engagée, mais porteuse de résultats tangibles.
Sous sa direction vigilante, l'OIF a retrouvé le chemin de l'équilibre financier, au prix d'efforts parfois difficiles, notamment de la part du personnel de la maison. Il faudra continuer de faire des efforts durables pour réellement ancrer une nouvelle culture en notre sein », a souligné la ministre.
Rappelons que, depuis 2006, des actions ont été entreprises pour redresser la situation financière de l'OIF et instaurer une gouvernance plus transparente et axée sur les résultats. Des efforts sont engagés par l'OIF et les opérateurs pour resserrer leurs actions et pour développer de nouvelles collaborations autour des projets plus structurants pour les communautés, principalement celles du Sud.
Madame Gagnon-Tremblay a également réitéré l'importance qu'ont les opérateurs pour la Francophonie : « J'avais émis le voeu à Vientiane, et à maintes reprises par la suite, que les ministres francophones puissent entendre les opérateurs et les questionner sur leurs activités, peut-être même qu'ils expriment leurs attentes à leur égard, dans le cadre d'une discussion franche et ouverte (...) je me réjouis de constater que la synergie entre nos opérateurs est amorcée. D'ores et déjà, nous avons la promesse que les réalisations seront au rendez-vous ».
Par ailleurs, cette 24e session de la CMF aura également permis aux ministres responsables de la Francophonie de s'entendre sur la nécessité de mieux faire connaître les nombreuses actions de l'Organisation aux populations des pays membres.
Menées au quotidien, ces actions visent notamment à promouvoir la langue française et la diversité culturelle, les droits de la personne et l'égalité entre les hommes et les femmes, l'éducation et la formation des jeunes ainsi que le développement durable des communautés de l'espace francophone.
Abdou Diouf de l'OIF dresse le bilan de son organisation
En janvier 2006, le Secrétaire général de la Francophonie me faisait le grand honneur de me nommer au poste nouvellement créé d'Administrateur de l'Organisation internationale de la Francophonie, elle-même née en novembre 2005 par l'adoption de la Charte de la Francophonie.
Ce faisant, et grâce à votre soutien, le Secrétaire général Abdou DIOUF réalisait le rêve des pères de la Francophonie : celui de créer une organisation politique dont le socle et le ciment sont la langue française et dont la raison d'être est la solidarité entre les peuples francophones : solidarité culturelle et linguistique, bien sûr, mais aussi solidarité économique, éducative, politique, scientifique et environnementale. Qu'il me soit permis, devant vous, de mettre en lumière ces réalisations.
Mesdames et messieurs les ministres et chefs de délégation,
Notre Organisation n'est rien sans les femmes et les hommes qui la font vivre au quotidien. Ensemble, ils mettent en oeuvre, avec engagement et passion, nos projets de coopération dans près de 50 pays. 330 personnes, de quarante nationalités, travaillent au Siège à Paris et dans nos implantations situées sur quatre continents.
Nos représentations permanentes auprès des Nations unies, à Genève et à New York, auprès de l'Union européenne, à Bruxelles, et auprès de l'Union africaine, à Addis Abeba font entendre en français nos positions communes sur les grands enjeux internationaux. Nos cinq implantations régionales complètent ce dispositif. Ainsi, à Bucarest, à Hanoi, à
Libreville, à Lomé et à Port-au-Prince, notre Organisation exerce une diplomatie d'influence persuasive et efficace.
Enfin, nos trois organes subsidiaires, l'Institut de l'énergie et de l'environnement de la Francophonie dont les bureaux se trouvent dans cette belle ville de Québec, l'Institut de la Francophonie numérique et enfin, le Comité international des Jeux de la Francophonie, concourent, chacun dans leur domaine, à développer une expertise au service de notre Organisation et de ses membres.
Sous la conduite à la fois rigoureuse et dynamique du Secrétaire général, l'ensemble de ce dispositif se veut le fer de lance de la coopération multilatérale francophone. Grâce à votre accueil, votre contribution et votre mobilisation, cette coopération donne des résultats toujours plus probants, et j'aimerais partager avec vous quelques réussites concrètes de notre Organisation depuis le dernier Sommet, il y a deux ans :
1. Dans le secteur de la langue, nous avons signé 14 accords de partenariat avec les États et gouvernements de la Francophonie, membres de l'Union européenne. Au total, 25 000 diplomates, fonctionnaires et journalistes ont participé à des cours de français à Bruxelles et dans les capitales européennes. Sur le continent africain, où se concentre le plus grand nombre de locuteurs francophones au monde, nous déployons des efforts en faveur de la promotion du français, en tant que langue des relations internationales. Depuis 2006, plus de 1 000 diplomates et hauts fonctionnaires africains ont été formés dans ce cadre. À cela s'ajoutent également les milliers d'enseignants de français qui sont formés dans nos centres régionaux du français, en Afrique, en Asie et en Europe de l'Est.
2. Afin de favoriser l'accès aux livres et au savoir, et en particulier dans les zones rurales des pays du Sud, nous avons mis en place près de 230 centres de lecture et d'animation culturelle, dans 18 pays. Depuis 2006, ces centres, qui sont de véritables maisons de la jeunesse et de la culture, ont accueilli plus de 6 millions de visiteurs, dont la grande majorité ont moins de 18 ans. Plus de 60 000 livres ont été envoyés dans ces centres ces deux dernières années et s'ajoutent aux 500 000 ouvrages déjà alloués.
3. En 2007 et 2008, des dizaines de milliers de manuels scolaires ont été édités avec le soutien de notre Organisation dans 7 pays africains. Par ailleurs, dans les prochains jours, 100 000 Dictionnaires francophones, élaboré par notre Organisation et l'Agence universitaire de la Francophonie, seront distribués gratuitement auprès de nos partenaires en éducation grâce à une opération de mécénat de la Fondation Jean-Luc LAGARDÈRE qui a répondu généreusement à l'appel de notre Secrétaire général.
4. Dans le sillage de l'adoption, à l'UNESCO, de la convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, nous avons accompagné les efforts du Secrétaire général, grâce notamment à une alliance stratégique avec les communautés lusophone, hispanophone et arabophone, pour encourager le plus grand nombre d'États à ratifier cette convention. Nous finançons la circulation des artistes et des créateurs. Depuis 2006, nous avons ainsi apporté notre soutien à l'organisation de 190 tournées au bénéfice de 255 compagnies et artistes originaires de 26 pays. Nous avons également épaulé une vingtaine de gouvernements à bâtir des politiques de protection et de promotion des industries culturelles dans leur arsenal juridique, en s'inspirant, notamment, de la réussite de la Société de développement des entreprises culturelles du Québec.
5. Dans le domaine de la paix et de la démocratie, nous nous sommes engagés à accompagner les pays membres de notre Organisation qui connaissent une transition démocratique. Depuis 2006, nous avons dépêché près de 20 missions chargées de former du personnel, d'aider à l'établissement de listes électorales et d'observer le déroulement des scrutins avec l'Assemblée parlementaire de la Francophonie. Nous contribuons également au développement d'une culture démocratique à travers, notamment, le soutien à plus de 65 radios communautaires et l'émergence d'une presse libre et pluraliste. Ainsi, à travers notre fonds d'appui à la presse francophone, nous avons soutenu près d'une vingtaine de sociétés de presse de langue française depuis 2006.
6. Dans le domaine du développement économique, près de 7 000 personnes, à travers 140 ateliers, ont été formées en négociation et mise en oeuvre des politiques commerciales grâce à un partenariat ambitieux avec le Commonwealth et un important financement de l'Union européenne. Une trentaine de conseillers techniques, mis à disposition par l'OIF, apportent également aux pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, l'expertise nécessaire pour leur permettre de jouer leur partition dans le concert économique mondial.
7. Sur Internet, notre Organisation offre une information variée et spécialisée qui touche autant la jeunesse, l'enseignement du français, l'économie, le développement ou le droit. Ainsi, notre portail de droit francophone donne accès à plus de 4 000 sites juridiques de référence.
Dans le domaine du développement durable, Médiaterre est devenue la plus grande base de données sur l'environnement en français. Elle accueille des visiteurs issus de 130 pays et diffuse annuellement 3 500 dépêches. Au total, depuis deux ans, les 18 sites Internet de l'OIF ont été consultés par près de 5 millions d'internautes. Ils préfigurent le grand portail Internet que nous appelons de nos voeux. 8. Enfin, parce que la Francophonie est aussi festive, chaque année, plus de 1 000 manifestations sont organisées sur les cinq continents, à l'occasion du 20 mars, journée internationale de la Francophonie. C'est dire l'attrait de notre Organisation auprès de la société civile et des 200 réseaux d'experts qui font la force et l'originalité de notre mouvement.
Mais les chiffres ne disent pas tout. Notre Organisation s'illustre également par sa visibilité sur la scène internationale et par sa capacité à faire entendre la voix des francophones sur les grands enjeux mondiaux.
Je ne vous citerai que quelques exemples :
- l'Événement francophone organisé avec le Comité olympique international, à l'occasion des Jeux de Beijing ;
- la rencontre qui s'est tenue, ici-même à Québec, pour réfléchir sur les meilleurs moyens d'atteindre l'égalité entre les hommes et les femmes dans l'espace francophone ;
- la première rencontre internationale de la Francophonie économique, qui s'est tenue à Québec en mai dernier, afin d'encourager l'émergence d'un espace économique francophone ;
- le symposium international que nous avons organisé conjointement avec le gouvernement tunisien sur le thème des technologies de l'information et de la communication au service de l'éducation, ou enfin ;
- le séminaire international organisé par la Communauté française de Belgique rappelant l'importance du rôle régulateur de l'État dans le domaine de l'éducation.
Je voudrais aussi vous parler de l'esprit de collaboration qui ne cesse de s'intensifier entre notre Organisation et les opérateurs spécialisés de la Francophonie (Agence universitaire de la Francophonie, TV5, Association internationale des maires francophones, Université Senghor) ainsi que les deux conférences ministérielles (CONFEMEN et CONFEJES). Cette synergie accrue entre les opérateurs, voulue par le Secrétaire général de la Francophonie, notre Organisation a su lui donner corps en travaillant à la mise en oeuvre de trois projets pilotes d'envergure : les jeunes volontaires francophones, la formation à distance des maîtres et les maisons multimédias des savoirs.
En permettant à la jeunesse de nos pays de s'engager et de découvrir la francophonie de terrain ou en formant à grande échelle des instituteurs, la Francophonie prouve sa capacité d'initier des projets novateurs capables de répondre efficacement aux grands enjeux contemporains. Je laisserai le soin à mes collègues opérateurs de vous en dire davantage, eux qui se sont engagés avec enthousiasme pour la réussite de ces projets pilotes.
Mesdames et messieurs les ministres et chefs de délégation, Je voudrais maintenant vous dire quelques mots sur la modernisation dans laquelle le Secrétaire général a résolument engagé l'Organisation.
Cette modernisation, qui s'est traduite par l'adoption d'un Plan de gestion stratégique, a notamment impliqué une nouvelle gouvernance de notre Organisation, une rigueur budgétaire renforcée, une approche axée sur l'atteinte de résultats tangibles et mesurables ainsi qu'un souci constant de transparence. Permettez-moi de remercier Madame la Ministre Josée VERNER qui, dès le printemps 2006, nous a apporté un appui financier substantiel pour accompagner la modernisation de notre Organisation. Voyons ensemble :
- Notre Organisation a retrouvé, en deux ans, l'équilibre financier et a reconstitué ses réserves. En procédant à une revue de l'ensemble de nos dépenses, nous avons pu, depuis 2006, réduire de l'ordre de 5 % par année nos frais de fonctionnement.
- La gestion de l'Organisation fait désormais l'objet de plusieurs niveaux de contrôle externes et internes. Outre le contrôle a priori du Contrôleur financier et celui a posteriori du Commissaire aux comptes, l'Organisation a créé la fonction d'auditeur interne et de conseiller juridique.
- Le fonctionnement quotidien de l'Organisation s'appuie sur un système informatisé de gestion améliorée auquel tous les gestionnaires de projets ont été formés. Ce système permet d'assurer la planification budgétaire, le suivi en temps réel des résultats financiers et la transparence des opérations.
- Dans le domaine de la communication, en se basant sur les conclusions d'un audit externe entièrement financé par le groupe HAVAS de Monsieur Vincent BOLLORÉ, l'Organisation a mis en oeuvre sa nouvelle stratégie de communication, en repensant son identité visuelle, en renouvelant ses publications, en modernisant son message, ou encore en développant de nouveaux outils de communication.
- Sur le plan budgétaire, je voudrais tout d'abord remercier, au nom du Secrétaire général, les États et gouvernements qui ont répondu à son appel en régularisant la totalité de leur arriéré de contributions statutaires. Après les annonces du Niger, du Congo et du Liban, s'ajoutent maintenant celles du Cap-Vert, du Tchad et de la République démocratique du Congo. Cela représente, comme vous pouvez l'imaginer, un important potentiel d'action pour notre Organisation. En outre, la recherche de nouveaux financements commence à porter ses fruits. Séduit par plusieurs de nos projets de coopération, le Japon s'est déjà engagé à financer une centaine de centres de lecture et d'animation culturelle en Afrique, et d'autres annonces pourraient suivre. Avec le Qatar et les Émirats arabes unis, d'importantes rencontres qui doivent se tenir dans les prochaines semaines nous laissent penser que des perspectives encourageantes pourraient se présenter pour notre Organisation. Par ailleurs, l'ISESCO, l'Organisation islamique pour l'éducation, les sciences et la culture s'est, quant à elle, engagée à investir un million de dollars dans nos actions de coopération, notamment dans le secteur de la culture et de l'éducation.
À terme, cette dynamique de modernisation aura pour effet d'accroître l'efficacité de notre action et d'optimiser nos moyens d'intervention.
Enfin, et cela m'amène à ma conclusion, l'Organisation est engagée depuis plusieurs mois dans la préparation de sa programmation 2010-2013 qui sera, comme vous l'avez souhaité, resserrée, novatrice et centrée autour de ses créneaux d'excellence, tout en restant fidèle aux missions que vous nous avez confiées dans le Cadre stratégique décennal.
Mesdames et messieurs les ministres et chefs de délégation,
Comme les Sommets sont souvent propices aux voeux, je me permets de vous communiquer les ambitions que le Secrétaire général et moi-même avons pour cette nouvelle programmation de l'OIF : que le Sommet de Québec prenne acte de la nouvelle concurrence linguistique et culturelle qui se déploie sur notre planète et décide de mettre à la disposition de notre Organisation des capacités renouvelées.
Aucun pays francophone ne peut relever seul les défis posés par la mondialisation culturelle, linguistique et économique. Notre Organisation est dès lors votre instrument, peut-être le seul d'ailleurs, qui permettra de donner tout son sens à cette francophonie solidaire voulue par nos pères fondateurs :
- une francophonie attachée à sa langue qui saurait répondre, dans le respect des langues nationales, à la demande croissante d'enseignement du et en français dans les pays membres et ailleurs dans le monde, notamment par la création de nouveaux centres régionaux du français en Afrique centrale et dans les Caraïbes ;
- une francophonie ambitieuse qui permettrait de former à distance, à l'horizon 2015, plus de 300 000 instituteurs en Afrique et dans les Caraïbes afin de contribuer, à notre mesure, aux Objectifs du millénaire des Nations Unies pour le développement ;
- une francophonie de terrain qui permettrait de disposer, au cours des prochaines années, de plus de 1 000 centres de lecture et d'animation culturelle ;
- une francophonie mobilisée pour sa jeunesse qui permettrait, un jour, à des centaines de jeunes entrepreneurs, juristes, instituteurs, informaticiens, etc. de participer à un grand programme de volontaires francophones ;
- une francophonie rassembleuse qui verrait plus de 3 000 jeunes participer aux compétitions sportives et culturelles des Jeux de la Francophonie qui se dérouleront à Beyrouth en septembre 2009 ;
- une francophonie soucieuse du développement durable qui permettrait à notre Institut de l'énergie et de l'environnement de devenir l'acteur majeur d'un grand projet mobilisateur sur l'accès à l'eau ;
- une francophonie économique qui permettrait de développer les échanges et les relations de partenariat et les transferts de savoir-faire entre les entreprises francophones, notamment dans le domaine des industries culturelles ;
- une francophonie de la liberté qui permettrait d'assister les membres de notre Organisation qui souhaitent moderniser leur appareil judiciaire afin de rendre la justice plus accessible et plus efficace ;
- une francophonie moderne et branchée qui serait le catalyseur d'une grande bibliothèque numérique francophone qui permettrait de rendre accessible les grands textes juridiques fondateurs, les collections de presse, les oeuvres littéraires de référence ainsi que les 1 400 oeuvres audiovisuelles du Sud que nous avons soutenues. Ces ambitions sont à notre portée. Le passage à un autre niveau est désormais indispensable. Il dépend de vous et de votre volonté d'y investir les ressources humaines et financières nécessaires pour que nous puissions relever, ensemble, ce défi aussi considérable qu'exaltant.
La prochaine Conférence ministérielle sera appelée à approuver la nouvelle programmation.
Mesdames et messieurs les ministres et chefs de délégation, Ce sont les langues qui forment les peuples, bien plus qu'elles ne sont formées par eux. La langue française a formé le peuple de mes ancêtres, elle les a accompagnés dans leur conquête de liberté. Elle leur a insufflé, durant quatre siècles, courage, créativité et détermination. C'est cet héritage, partagé aujourd'hui par plusieurs millions de Québécois et de Canadiens, que je continuerai, avec fierté et constance, à mettre au service de notre Organisation.
Je vous remercie.
Clôture de l'Assemblée générale de l'AIMF
La XXVIIIe assemblée générale de l'Association internationale des maires francophones (AIMF) s'est tenue à Québec du 14 au 16 octobre sous la présidence du maire de Paris, Bertrand Delanoë et du maire de Québec, Régis Labeaume, hôte de cette rencontre.
Les deux journées de travail ont permis aux nombreux maires présents d'échanger leurs bonnes pratiques sur deux thèmes suivants : les finances locales et le rapport entre l'Etat et les collectivités locales.
Cette rencontre a également été l'occasion de dégager des perspectives d'avenir et d'adopter un programme stratégique 2009-2013 qui porte notamment sur la gestion de l'accès à l'eau, l'éducation et l'amélioration des services publics.
Le réseau des villes francophones, au nombre de 170 villes de 46 pays, est un outil de solidarité au service des populations. En 2007, 1,5 millions de personnes ont bénéficié des projets menés par l'AIMF.
FIN DES TRAVAUX DE LA 24E CMF
La Conférence ministérielle de la Francophonie (CMF) a clôturé ses travaux le 16 octobre au Centre des Congrès de Québec, sous la présidence de Mme Josée Verner, ministre du Patrimoine canadien et de la Condition féminine, ministre de la Francophonie, en présence des ministres des Affaires étrangères et des ministres en charge de la Francophonie.
Le volet coopération a permis à l'Administrateur de l'OIF et aux responsables des opérateurs spécialisés de présenter un rapport sur leurs activités respectives. La CMF a marqué un grand intérêt pour les actions de terrain conduites par la Francophonie. Elle a encouragé les initiatives engagées au sein du Conseil de coopération sous la présidence du Secrétaire général de la Francophonie en vue du renforcement des synergies et des complémentarités opérationnelles. La CMF a approuvé la démarche engagée par l'OIF dans le cadre de l'élaboration de la programmation 2010-2013 ainsi que les orientations d'ores et déjà retenues pour cette programmation.
La Conférence a adopté le Vade-mecum sur les modalités de fonctionnement des Sommets ainsi que le Règlement intérieur de la CMF et les directives portant sur les relations entre les institutions de la Francophonie et les OING, tels qu'ils ont été harmonisés avec les dispositions de la nouvelle Charte de la Francophonie.
La CMF a examiné et formulé un avis à l'attention du XIIe Sommet sur les demandes d'adhésion (Lettonie et Thaïlande) et de modification de statut (Arménie) à l'Organisation internationale de la Francophonie.
Enfin, la Conférence a examiné le projet de Déclaration de Québec qui sera adopté le 19 octobre par les chefs d'Etat et de gouvernement ainsi que les projets de résolution sur la langue française, les droits de l'enfant, les personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays et la promotion du tourisme dans les pays francophones du Sud.
M. Guy Nzouba-N'Dama, Président de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie, est intervenu ce soir auprès des Chefs d'Etat et de gouvernement réunis à l'occasion du XIIe Sommet de la Francophonie.
Il a présenté les résolutions adoptées sur les thèmes majeurs du Sommet de la Francophonie de Québec : résolution sur les principes d'action pour la promotion de la langue française dans un contexte de plurilinguisme, résolution sur les situations politiques dans l'espace francophone, résolution sur la crise alimentaire et la cherté de la vie et résolution sur l'environnement et le développement des sociétés.*
Quatre représentants du Parlement francophone des jeunes ont assisté au Sommet de Québec. Les jeunes membres de la quatrième Session du PFJ ont déposé devant les Chefs d'Etats et de gouvernement les résolutions qu'ils ont adoptées lors de la Session de Libreville en juillet 2007. Le Parlement francophone des jeunes tiendra sa cinquième Session à Paris en juillet 2009.
Par sa présence aux Sommets, l'APF, qui représente les intérêts et les aspirations des peuples de l'espace francophone, participe à la vie institutionnelle de la Francophonie en apportant une perspective politique issue des débats des parlementaires qui la composent.
* Résumé de l'Avis de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie
LA LANGUE FRANÇAISE
Sur proposition de la commission de l'éducation, de la communication et des affaires culturelles, l'APF recommande que le Sommet adopte un plan stratégique de reconquête et de promotion de la langue française mettant en avant la modernité dont elle est porteuse. Elle recommande entre autres aux gouvernements et aux parlements des pays ayant le français en partage de définir et de mettre en oeuvre une politique permettant l'usage des langues officielles dans les organisations internationales et les institutions européennes et rappellent à ceux, qui, francophones, ont l'honneur de représenter leurs pays ou des organismes qui en dépendent, de s'exprimer dans les séances officielles en langue française.
LA PAIX, LA GOUVERNANCE DEMOCRATIQUE ET L'ETAT DE DROIT
Sur proposition de la commission politique, l'APF prend position sur les situations politiques qui suscitent des inquiétudes dans le monde francophone. Elle condamne notamment les attentats commis à l'encontre des parlementaires au Burundi et au Liban ; elle souhaite l'envoi d'une mission d'information au Burundi et d'une mission d'évaluation au Tchad et en République centrafricaine ; elle recommande à la Francophonie de s'impliquer dans les prochaines étapes de la consolidation des institutions et du processus de paix en République démocratique du Congo (RDC) et de poursuivre son soutien à la transition en cours en Côte d'Ivoire; elle décide de maintenir sous observation la situation en Haïti pour une année supplémentaire.
LA GOUVERNANCE ET LA SOLIDARITE ECONOMIQUE
Sur proposition de la commission politique, l'APF a adopté une résolution sur la crise alimentaire et la cherté de la vie. Elle demande l'augmentation de l'aide alimentaire d'urgence sous la houlette du Programme alimentaire mondial (PAM). Elle souhaite aussi que les Etats et gouvernements engagent des politiques leur permettant de développer une agriculture vivrière indépendante du marché mondial, afin d'harmoniser et de mieux contrôler les prix alimentaires.
L'environnement
Sur proposition de la commission de la coopération et du développement, l'APF réitère son soutien à une approche multidimensionnelle dans la lutte contre la déforestation, qui s'appuie, notamment en Afrique francophone, sur la création de zones protégées, de zones de replantation, de mesures réglementaires et fiscales et la mise en place d'un dispositif de certification des exploitations de bois. L'APF demande à l'OIF d'allouer davantage de ressources financières à l'accroissement des capacités institutionnelles des Etats de la Francophonie pour l'élaboration et la mise en oeuvre des stratégies nationales de développement durable. Elle incite aussi l'OIF, par l'intermédiaire de l'Institut de l'Energie et de l'Environnement de la Francophonie (IEPF), à mener davantage d'actions de coopération de terrain avec la participation des populations locales et au profit de celles-ci.
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