Libreville — Les commerçantes déguerpies des marchés anarchiques de Libreville par la mairie, constituées en comité, ont demandé mercredi à Libreville au domicile de la présidente de l'association des commerçantes du Gabon, Patience Dabany, à être dédommagées.
Ces femmes se sont rendues en masse ce mercredi chez l'ex première dame du pays, pour lui demander d'être leur fidèle interprète auprès des autorités gouvernementales. « Nous voulons que nos marchandises qui ont été détruites nous soient remboursées et que de nouveaux marchés soient construits dans les 6 arrondissements de la capitale. C'est pourquoi nous sommes venues demander à la présidente de l'association d'être notre porte parole auprès du président de la République », a confié à GABONEWS Ginette Bouanga, la présidente du Comité.
Mais avant, elles ont fait un tour au ministère des Affaires sociales, de la Solidarité, de la Famille, chargé de la Promotion de la Femme, où elles n'ont pu être reçues par la responsable dudit département, Angélique Ngoma. Pour les commerçantes, les pertes occasionnées par ce déguerpissement "inattendu et brutal" sont énormes et les mettent dans des situations inconfortables. « Nous avons des tontines et des crédits que nous avons contractés dans les différentes maisons de micro crédits de la place. Comment allons-nous faire pour nous en sortir ? », s'est alarmé Ginette Bouanga, qui reconnaît que, lors de sa tournée, le maire leur avait prévenu d'un éventuel déguerpissement. « Seulement, au moment de l'exécution de l'opération nous ne nous attendions pas du tout », a-t-elle prétendu. Dans cette délégation, chaque site déguerpis (Feux tricolores et Rond-point de Nzeng-Ayong, Charbonnages, Pk8 et Awendjé) était représenté par une trentaine des femmes.
Depuis le début de ce mois, la mairie de Libreville a lancé une opération, dénommée « libérons les trottoirs pour que la circulation soit fluide », visant à débarrasser la ville de tous les marchés anarchiques et autres étals qui jonchent les trottoirs et grands carrefours. Du côté de l'Hôtel de Ville où les autorités ont fait de l'assainissement l'une de leurs priorités, on affirme que les commerçants avaient été avisés de cette opération et que selon les cas, et dans la mesure du possible, certains pourraient être "relogés".
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