Le Soleil (Dakar)

Sénégal: Tests d'entrée à la Fastef - 4500 candidats pour 750 places

La Faculté des Sciences et technologies de l'éducation et de la formation (Fastef) a organisé cette année des tests d'admission, à la place d'une sélection sur dossier, à l'intention des candidats. Une nouvelle formule qui vise à donner plus de chance aux 4500 candidats qui convoitent 750 places.

Le soleil illumine petit à petit ses rayons dans l'enceinte du campus de la Fastef, en ce début de matinée du vendredi 24 octobre. La cour de la Faculté qui forme les enseignants des collèges et lycées du Sénégal est prise d'assaut par les candidats aux tests d'admission. Tôt le matin, avant le début des épreuves, les candidats se ruent vers le tableau d'affichage pour vérifier leurs noms et leur salle d'examen. Certains, pour vaincre le stress, prennent tranquillement leur tasse de café Touba. D'autres, assis sur les bancs de l'établissement, lisent les journaux et commentent l'actualité du jour.

Depuis le lundi dernier, c'est la même atmosphère qui prévaut à la Fastef. Pour cette année, la formule de recrutement a changé. Un test d'entrée a été retenu à la place d'une sélection sur dossier, comme ce fut l'année dernière. « Ce n'est pas un concours, mais des tests », a précisé le chef de département d'histoire et géographie, Babacar Fall. Et de poursuivre que « la nouvelle méthode est destinée à établir un système de recrutement juste, équilibré, qui permettra à tous les candidats de mettre à profit leur chance ». Une formule adoptée par « l'Assemblée nationale qui a adopté cette nouvelle formule au cours de sa session précédente », a spécifié le doyen de la Fastef, Abdoul Sow. « Pendant cette audience, ils ont tous jugé nécessaire de changer le mode de recrutement à la Fastef. Cela règle tous les problèmes. On vise la transparence. On veut donner la chance à tout le monde », a souligné Abdoul Sow. A l'en croire, dans l'ancienne formule, « des gens étaient retenus alors qu'en réalité, ils n'avaient pas le niveau pour enseigner ».

4500 candidats pour 750 places

Qu'à cela ne tienne, l'enseignement attire toujours au Sénégal. Cette année, 4.500 candidats se sont présentés pour toutes les sessions confondues, alors que le nombre de places disponibles n'est que de 750. Ce chiffre est ainsi réparti : 250 pour la Maîtrise, 185 pour la Licence et 300 pour le niveau Bac. Le test d'admission se déroule en deux phases : l'écrit et l'entretien avec le jury. « Cette dernière étape est capitale. On jauge les attitudes de communication des candidats pour nous rassurer que ceux qui veulent aller enseigner présentent les dispositions pour le faire », a soutenu le chef de département d'histoire et de géographie. A son avis, c'est le talent et la culture générale qui vont départager les candidats. « Le test comme modalité de recrutement limite la subjectivité », a-t-il ajouté. Les copies sont corrigées sur la base de l'anonymat. D'après le doyen, « il y aura une double correction des épreuves ».

La durée de la formation est de 2 ans pour le niveau bac dans lequel on en retrouve des diplômés provenant de d'autres écoles de formation et n'ayant pas trouvé du travail.

Epreuves abordables

Pour cette présente session, les avis des candidats sont partagés. Selon cette étudiante préférant garder l'anonymat, « le test permet à chaque candidat de saisir sa chance ». Mieux, « il instaure la transparence dans le recrutement », a-t-elle soutenu. De nombreux candidats ont laissé entendre que les épreuves sont dans l'ensemble « abordables ». Cependant, Amadou Bâ, candidat pour les tests en Lettres, l'air souriant, se veut prudent. « Il est facile d'avoir une bonne note comme le contraire peut se produire dans toutes les épreuves. Le test demande de la prudence », a-t-il indiqué. Les étudiants candidats à la formation payante à la Fastef doivent prendre leur mal en patience. Ils sont obligés d'attendre la fin des présents tests pour en subir les leurs, en fonction des places disponibles. Les autorités de la Fastef, pour accompagner cette demande de formation, comptent recruter 8 assistants dans certaines sections.

Il faut rappeler que chaque année, le ministère envoie à la Fastef une liste des professeurs qui font leur formation à distance. Ils viennent à la fin de l'année faire leurs examens à la Fastef. A cela, s'ajoutent les stagiaires du ministère de l'Education (vacataires en service) et les candidats de l'enseignement privé catholique.

Un grand nombre de bacheliers

Les candidats du niveau Bac sont plus nombreux. Selon M. Fall, « c'est la pression énorme dans les facultés qui pousse les nouveaux bacheliers à faire les tests ». Il estime que les étudiants ont intérêt à poursuivre leurs études jusqu'à l'obtention de la maîtrise complète. « En ce moment, ils ont plus de chance d'être admis à la Fastef », a-t-il constaté. Le chef du département d'histoire et géographie reconnaît toutefois qu'il y a deux logiques qui se confrontent : l'exigence gouvernementale et celle des formateurs.

La première consiste à mettre à la disposition des collèges un nombre suffisant d'enseignants. Selon lui, elle vise à couvrir la carte scolaire. Donc à satisfaire les besoins des établissements en termes de professeurs. La seconde a pour objectif de former des professeurs de très haut niveau. M. Fall souligne toutefois que la logique du gouvernement prend toujours le dessus sur celle des formateurs.

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