Nord-Sud (Abidjan)

Côte d'Ivoire: Ultimatum des combattants du Model / Un haut gradé de l'armée ivoirienne - "Nous prenons ces menaces très au sérieux"

Djama Stanislas

28 Octobre 2008


Les menaces de Marcus Pierson, présenté dimanche par Rfi comme commandant et porte-parole d'un groupe de miliciens libériens du Model cacheraient «des choses», selon des sources militaires en Côte d'Ivoire.

L'armée ivoirienne «ne néglige pas» les informations relatives aux miliciens libériens du Model, a confié hier une bonne source. «Nous les prenons très au sérieux. Non pas, pour leur contenu, mais surtout pour ce que cela cache», a expliqué ce haut gradé de Forces de défense et de sécurité (Fds). Les menaces des combattants d'une ancienne faction rebelle du Libéria, le Model, rendues publiques ce week-end par Rfi ont été largement relayées par la presse ivoirienne, hier. Ces miliciens réclament aux «autorités ivoiriennes» le versement «des compensations pour les services» qu'ils leur auraient rendu en les aidants à «combattre les rebelles» aux heures chaudes de la crise du 19 septembre 2002.

Le porte-parole et commandant de ces miliciens libériens, un certain Marcus Pierson, connu au Libéria sous le nom du général «Tout couleur» annonce avoir reçu des informations selon lesquelles le gouvernement ivoirien aurait remis 200.000 dollars américains, «au chef du Model», soit environ 103 milliards Fcfa. Une somme que lui et ses hommes affirment n'avoir pas encore perçue. «Si nous ne recevons pas cet argent, nous irons le réclamer» a-t-il menacé. Selon notre source, dès diffusion de l'information, le dimanche «en fin d'après midi», l'état-major a réagi. «Il y a eu une rencontre entre plusieurs responsables des Forces de défense et de sécurité sur cette affaire. Car, elle cache quelque chose», a soutenu notre interlocuteur refusant d'être plus précis.

Tout au plus, ajoute-t-il, «il est curieux que ce soit subitement maintenant dans ce contexte de sortie de crise que des inconnus se mettent à réclamer de l'argent. L'histoire des « zinzins et baéffouès » ne se répètera pas», a-t-il lancé. Lorsque Marcus Pierson affirme : «Le gouvernement ivoirien a pris la décision de nous chasser parce que nous sommes descendus dans la rue pour demander des compensations pour les services que nous avons rendus». Notre source dément catégoriquement. Selon elle, il n'y a jamais eu de contact entre l'armée ivoirienne et ces miliciens libériens qui «étaient indésirables dans la crise ivoirienne». Joint au téléphone, le colonel Attounglé, chargé du Désarmement et de la démobilisation des milices (Ddm) au sein du Centre de commandement intégré (Cci) a expliqué que sa structure «ignore s'il y a eu des choses» entre les autorités et le Model. «Nous n'en sommes pas informés.

Le fait qu'on n'en sache rien me contraint à ne rien dire de cette affaire». Selon lui, aucun porte-parole de groupe de miliciens répondant au nom de Marcus Pierson n'a contacté le Cci au moment où cette structure recensait les groupes dans le cadre du désarmement et de la démobilisation. «Le Cci se trouve à Yamoussoukro», a-t-il rappelé.

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