Le Potentiel (Kinshasa)

Zambie: Election présidentielle sur fond de contestation

Pierre Emangongo

31 Octobre 2008


Kinshasa — Près de quatre millions d'électeurs Zambiens se sont rendus hier jeudi 30 octobre aux urnes pour élire le nouveau président de la République. L'opposition a déjà dénoncé des fraudes électorales. Mais, un analyste demande aux leaders zambiens d'éviter les violences.

Près de 4 millions de Zambiens étaient appelés aux urnes jeudi pour un scrutin présidentiel particulièrement tendu, le leader de l'opposition Michael Sata ayant accusé la police et la commission électorale de tentatives de fraudes et répétant qu'il rejetterait des «résultats truqués», a rapporté l'AFP.

Après avoir déposé son bulletin dans l'urne, Michael Sata a de nouveau affirmé que le Mouvement pour la démocratie multipartite (MMD) de son principal rival, le président par intérim Rupiah Banda, ne pouvait légalement remporter cette élection.

«En aucun cas, le MMD ne peut gagner», a-t-il déclaré, estimant que si le parti au pouvoir l'emportait «cela signifierait qu'ils ont triché».

«Nous savons que la police et la commission électorale sont impliquées dans les tentatives de fraudes», a encore accusé le chef du Front patriotique (PF). Ce septuagénaire au discours populiste a prévenu depuis la semaine dernière qu'il ne reconnaîtrait pas les résultats de ce scrutin, organisé après le décès en août du président Levy Mwanawasa, s'il les considérait truqués en faveur du président par intérim.

Les autorités ont placé le mercredi 29 octobre 2008 en état d'alerte l'armée et la police après des échauffourées entre policiers et militants de l'opposition à Livingstone, à la frontière du Zimbabwe.

«Nous sommes ici pour voter et nous ne votons pas pour la violence», a toutefois assuré jeudi M. Sata. Malgré ce contexte tendu, le vote se déroulait jeudi dans le calme. Selon le chef de la mission d'observateurs de l'Union africaine (UA), Anil Gayan, «le déroulement de scrutin est un peu lent». «Mais je crois que cela va s'améliorer dans la journée», a-t-il déclaré dans la matinée.

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Les électeurs, qui attendaient patiemment de voter devant quelques policiers déployés à l'extérieur des bureaux de vote, craignaient de revivre une nouvelle flambée de violences comme en 2006.

Dans le cas d'espèce, un analyste estime que les leaders politiques zambiens devront, à tout prix,éviter les violences post-électorales à l'exemple du Kenya et du Zimbabwe.

Car, la déstabilisation de la Zambie fragilisera certainement la région de l'Afrique australe qui éprouve jusqu'à ce jour de sérieuses difficultés pour rapprocher le président Robert Mugabe et l'opposant Morgan Tsvangirai afin de former un gouvernement d'union nationale au Zimbabwe.

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