3 Novembre 2008
La sixième édition du Forum mondial sur le développement durable a été bien celui de l'Afrique. Pour la première tenue sur le continent, les autorités congolaises et les dirigeants africains n'ont pas marchandé leur participation du 27 au 30 octobre 2008 à ce grand cadre de réflexion à Brazzaville. Le président du Faso, Blaise Compaoré a été le porte-voix de ses pairs dans cette nouvelle vision pour la bonne marche de l'humanité.
Le palais du Parlement de Brazzaville (République du Congo) a affiché en permanence salle comble pour la sixième édition du Forum mondial sur le développement durable que l'Afrique accueille pour la première fois. Des acteurs de la société civile, des décideurs des spécialistes dans divers domaines ont accouru des quatre coins pour se pencher du 27 au 30 octobre 2008, sur un thème d'actualité : "Afrique - Environnement - Mondialisation".
La réflexion autour du triptype doit conduire à ce souhait : "Protégeons et léguons une planète aux générations futures". La mobilisation des Africains à ces assises témoigne de leur intérêt pour le sujet et l'enjeu de ce forum. Dix huit (18) pays ont été représentés au plus haut niveau soit par un chef d'Etat (9), soit par un Premier ministre (1) ou par des ministres (8).
Suscité par Emile Malet, fondateur français de la revue "Passages" avec l'aval du gouvernement, le Forum mondial sur le développement durable entend proposer à travers des échanges tous azimuts un ordre nouveau et consensuel pour un progrès juste et équitable de la planète. "Il n'y a pas de puissance sans limite, de jouissance sans retenue, d'exploitation sans rationalité. Il faut réfléchir à la possibilité d'envisager une alternative à tout désordre environnemental, économique et social. L'Afrique est une chance pour le développement durable. Aller vers le Congo, c'est défricher un espace de liberté pour un nouvel élan du développement", a expliqué Emile Malet, délégué général du Forum.
S'appuyant sur le socle de l'environnement, le développement durable veut entrevoir d'autres issues pour le bien-être humain en prônant une utilisation et une exploitation conscientes et responsables des ressources. A juste titre, le bassin du Congo a ravi la vedette aux préoccupations inscrites à l'ordre du jour de cette sixième édition. Poumon écologique du monde après l'Amazonie, le bassin hydraulique et forestier du Congo renferme plus de 50% des ressources en eau douce du continent et la deuxième plus grande forêt de la planète.
Face à un contexte marqué par le réchauffement climatique avec ses conséquences de sécheresse, d'inondations, d'intempéries, de crises alimentaires et sanitaires, l'Afrique s'engage à prévenir les maux de son poumon vert et éviter à la planète une catastrophe environnementale. "Les questions environnementales constituent l'un des enjeux fondamentaux de l'avenir du monde. Il faut une synergie des voix. Ceux qui ont déboursé des sommes faramineuses pour sauver leur pays de la crise financière se montrent bien lents quand il s'agit de l'environnement. L'Afrique refuse d'être le tombeau d'une humanité dont elle a été le berceau", a indiqué Denis Sassou N'Guesso, président de la République du Congo.
Il propose la création d'un fonds africain pour le développement durable qui va servir d'aimant aux autres sources de financement de l'environnement. Dans une allure de meeting, le prix Nobel de la paix et ambassadeure itinérante du Bassin du Congo, Wangari Muta Mataï a plaidé pour une aide publique au développement plus accrue consacrée à la promotion de la bonne gouvernance, à l'amélioration des infrastructures, la protection de l'environnement. Elle a réaffirmé son engagement à lutter pour un cadre de vie décent. Le Forum a revisité à l'africaine les recommandations des Sommets de Rio et de Kyoto.
Prenant la parole au nom de ses pairs, le président du Faso, Blaise Compaoré a invité les pays africains et la communauté internationale à une introspection en vue de faire jouer pleinement la carte de la solidarité à une période où le monde traverse une zone de turbulences, conséquence d'actions humaines irraisonnées. "Si la pauvreté est à la fois cause et effet d'un accroissement rapide de la population, elle l'est également pour de nombreuses dimensions de la dégradation de l'environnement. La gestion durable des ressources naturelles est une condition essentielle si l'on veut assurer la croissance à long terme et faire reculer la pauvreté", a-t-il signifié.
Les crises actuelles (alimentaire, énergétique, financière apparaissent comme une aubaine pour tout repenser. Pour le président du Faso, le développement durable commande de veiller sur l'équité intergénérationnelle, de contenir l'impact des actions sur la viabilité de l'écosystème mondial, de garantir un environnement vivable pour tous en réduisant les inégalités et en respectant les valeurs humaines. Pour ce faire, l'Afrique refuse de rester en marge du débat sur la refondation du système financier international.
A l'unanimité, les chefs d'Etat présents au Forum de Brazzaville ont réclamé la participation de l'Union africaine à la rencontre de Bretton Woods, le 15 novembre prochain. "La crise financière actuelle met en exergue l'interdépendance entre les sociétés. L'Afrique a sa voix dans la grande concertation sur la réfondation des institutions de Bretton Woods. Une réunion regroupera à Tunis le 12 novembre les ministres des Finances et les gouverneurs des Banques centrales d'Afrique pour donner une réplique à la session de Washington", a souligné Denis Sassou N'Guesso, président de la République du Congo.
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