Sidwaya (Ouagadougou)

Burkina Faso: Politique agricole au Burkina Faso - Les paysans veulent une loi

La Confédération paysanne du Faso (CPF) a organisé, du 27 au 29 octobre 2008 à Ouagadougou, un atelier d'information et de formation au processus d'élaboration d'une Loi d'orientation agricole (LOA).

Au Burkina Faso, 80% des actifs sont du secteur agricole. Mais cette grande majorité n'est pas protégée par des instruments juridiques. Le monde agricole, sous la houlette de la Confédération paysanne du Faso (CPF) veut remédier à cette situation.

Une Loi d'orientation agricole (LOA) pourrait résoudre les difficultés et harmoniser les objectifs poursuivis par les paysans. C'est l'une des attentes de l'atelier d'information et de formation organisé à Ouagadougou par la CPF à l'intention de ses membres.

Ainsi, pour expliquer aux participants ce que c'est qu'une loi d'orientation, son contenu et la démarche pour aboutir à son élaboration, la CPF s'est inspirée de l'exemple du Mali, du Sénégal et de la France.

L'élaboration d'une loi agricole est d'autant impérative, parce que le Burkina n'en dispose pas. Pour le président de la CPF, Bassiaka Dao, le Burkina ne dispose que de politiques sectorielles qui ne sont pas dans un cadre fédérateur. "Or, dit-il, l'élaboration d'une LOA peut être un cadre fédérateur pour l'ensemble des intervenants du secteur agricole".

C'est pourquoi, durant les trois jours de formation, les participants ont appris à élaborer entre autres le statut du paysan, celui de l'exploitation familiale, de la protection sociale du paysan. Aussi, selon M. Dao, le paysan a droit à la formation et à l'éducation qui sont des obligations : "les paysans sont des citoyens comme les autres qui ont besoin du prix minimum garanti et seule la LOA peut nous garantir cela".

Car la CPF n'est pas toujours conseillée dans la prise des décisions qui tendent à améliorer les conditions de vie des paysans. La preuve, le gouvernement a distribué les semences améliorées aux paysans sans l'apport et la contribution de la CPF.

Toutes choses qui rendent la LOA impérative, l'expérience du Sénégal étant la bienvenue pour la CPF. Selon Baba N'Gom secrétaire général du Conseil national de concertation et de coopération des ruraux du Sénégal, depuis que le Sénégal a adopté sa LOA, les conditions de vie des paysans se sont nettement améliorées.

"Tout début n'est pas facile, nous avons souffert pour en arriver là où nous sommes. Je demande à nos frères du Burkina de faire preuve de patience et à ne pas baisser les bras", a souligné M. N'Gom. Il a par ailleurs affirmé que des difficultés subsistent toujours. Mais grâce à l'atelier de Ouagadougou, ils trouveront ensemble des solutions.

Ces solutions, la CFP compte sur l'ensemble de tous les paysans du Faso pour les trouver, afin de mener un plaidoyer auprès de l'Etat pour l'adoption d'une LOA et l'amélioration des conditions de vie des braves paysans.


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