7 Novembre 2008
interview
L'international égyptien, meilleur buteur du championnat d'Angleterre.L'arrivée d'Amr Zaki en Premier League, à l'orée de la saison 2008/2009, est passée pratiquement inaperçue. Huit journées plus tard, l'attaquant international égyptien, prêté par Ezzamalek à Wigan, est devenu l'un des buteurs les plus redoutés du championnat d'Angleterre.
Il y a dix ans, vous évoluiez à Mansoura, un petit club de deuxième division égyptienne. A l'époque, vous imaginiez-vous jouer un jour en Premier League ?
Aujourd'hui, j'affronte des joueurs dont je portais le maillot dans ma jeunesse. Je les regardais à la télévision et je suivais attentivement les résultats de certains clubs.
En y repensant, je crois que l'on peut dire que ma carrière a vraiment démarré sur les chapeaux de roue. En fait, j'ai débuté en troisième division, à El Merrikh, avant de rejoindre Mansoura, le club de ma ville. J'ai joué mon premier match officiel à l'âge de 16 ans et, quelques années plus tard, je me suis engagé en faveur de l'Enppi, une équipe de première division.
A l'époque, le montant de mon transfert avait battu des records. Avec le recul, je remercie Dieu de m'avoir aidé à gravir les échelons si vite. Je n'ai que 25 ans, mais ce beau parcours me permet d'avoir énormément confiance en moi lorsque je dois affronter quelques-uns des meilleurs joueurs du monde chaque week-end.
Vous n'avez pas parlé de votre passage au Lokomotiv Moscou...
Je dois avouer que je n'en suis pas très fier. Après la victoire de l'Egypte en finale de la Coupe d'Afrique des nations 2006, l'ENPPI a voulu réaliser une bonne affaire en me transférant.
Le marché hivernal était déjà terminé en Europe occidentale, mais pas en Russie. Le Lokomotiv a fait une belle offre.
Malheureusement, je ne suis resté là-bas que trois mois et je n'ai joué aucun match. J'étais toujours blessé et j'avais le mal du pays. Pour ne rien arranger, je n'ai jamais pu me faire au climat russe.
Pourtant, vous vous êtes plutôt bien adapté à Wigan...
Cette fois-ci, les choses sont différentes : je joue dans un championnat qui m'a toujours attiré. Je savais à quoi m'attendre et j'ai reçu beaucoup de soutien.
Tout le monde au club m'a aidé à m'installer en Angleterre. Les dirigeants m'ont même aidé à faire venir ma famille, afin de faciliter mon adaptation. Je suis également très reconnaissant envers les supporters de Wigan, qui ont été tout simplement fantastiques avec moi.
Pensez-vous que vous auriez pu faire encore mieux, si vous aviez rejoint un club plus ambitieux?
La ville de Wigan n'est peut-être pas très grande, mais le club est parfaitement à sa place en Premier League. Nous pratiquons l'un des jeux les plus attrayants du championnat et nous avons dans nos rangs d'excellents joueurs comme (Emile) Heskey et (Antonio) Valencia.
Nous avons toujours été meilleurs que nos adversaires jusqu'à maintenant, même lorsque nous avons perdu. Nous avons simplement manqué de réussite de temps en temps.
On vous sent très attaché à votre club. Pourtant, certaines rumeurs prétendent que vous aimeriez rejoindre un club du Big Four dès le mois de janvier...
Tout ce qui m'intéresse pour l'instant, c'est d'aider Wigan à gagner des matches. Je veux marquer un maximum de buts pour mon équipe.
C'est le moins que je puisse faire pour mon entraîneur, Steve Bruce, qui a tout fait pour me recruter. Pourtant, je peux vous dire que les négociations ont traîné en longueur !
Il a toujours cru en moi et je tiens absolument à lui rendre une partie de sa confiance. Je lui dois bien ça, à lui et aux supporters de Wigan.
Parlons maintenant de l'équipe nationale. L'Egypte ne s'est plus qualifiée pour la Coupe du monde de la Fifa depuis 1990. Les Pharaons seront-ils présents en 2010 ?
Je ne vois pas comment il pourrait en être autrement, étant donné que nous venons de remporter la Coupe d'Afrique des nations à deux reprises.
Il ne fait aucun doute que nous sommes actuellement les meilleurs en Afrique. Il est donc de notre devoir de nous qualifier pour l'Afrique du Sud.
Le prochain tour des éliminatoires promet d'être beaucoup plus relevé, mais c'est justement dans ce genre de situation que nous sommes les plus efficaces.
Y a-t-il certaines équipes que vous préféreriez éviter pour ce troisième tour ?
Je n'ai peur de personne. Posez plutôt la question aux autres joueurs et demandez-leur s'ils n'aimeraient pas éviter l'Egypte ! J'estime qu'entre huit et douze équipes en Afrique mériteraient de jouer la Coupe du monde. Seuls les plus forts iront au bout.
Jusqu'où l'Egypte peut-elle aller lors de la prochaine Coupe des confédérations de la Fifa?
C'est une chance formidable de pouvoir jouer contre le Brésil, l'Italie et l'Espagne. Nous sommes champions d'Afrique, les gens s'attendent donc à nous voir gagner. Je crois que nous en avons les moyens.
Après avoir remplacé Mido en demi-finale de la Coupe d'Afrique des nations 2006 contre le Sénégal, vous avez marqué sur votre premier ballon. Peut-on dire que vous avez connu d'entrée votre plus grand moment en sélection ?
C'est ce que pensent beaucoup de gens, mais ils oublient que depuis cette époque, j'ai joué beaucoup de matches avec la sélection et j'ai accumulé les très bonnes performances.
Le football égyptien traverse actuellement une période faste. Etes-vous excité à l'idée que votre pays organise la prochaine Coupe du monde de la Fifa U-20, l'année prochaine ?
J'ai une tendresse particulière pour cette compétition, car je faisais partie de l'équipe qui a été championne d'Afrique de la catégorie en 2003, au Burkina Faso.
Par la suite, nous avions atteint les huitièmes de finale de la Coupe du monde U-20 à Dubaï, où nous avions été battus par l'Argentine. A l'époque, notre sélectionneur s'appelait.
Hassan Shehata ! Beaucoup de joueurs qui étaient sous ses ordres à l'époque ont été rappelés en équipe nationale pour les CAN 2006 et 2008, avec le succès que l'on sait.
Je crois que les Egyptiens sont vraiment très heureux de pouvoir organiser un tournoi aussi prestigieux. Ce sera sans doute une grande fête du football, comme cela avait déjà été le cas avec la CAN en 2006.
Vous semblez bien décidé à aider Wigan et l'Egypte à se maintenir à leur niveau actuel, mais quels sont vos objectifs à titre personnel?
Je crois qu'il est temps pour moi de remporter le titre de Joueur africain de l'année. Cela fait plus de 25 ans que cette récompense n'est pas revenue à un Egyptien.
C'est beaucoup trop ! On me dit souvent que j'ai toutes mes chances cette année. Il me paraît logique que le titre revienne à un Egyptien, puisque nous avons réussi à conserver notre couronne continentale.
C'était incontestablement l'événement de l'année en Afrique. Je pense que mon plus sérieux rival sera Mohamed Aboutrika. Grâce à lui, Al Ahly est devenu le meilleur club en Afrique.
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