L'Autre Quotidien (Cotonou)

Bénin: «Mama Africa » quitte les feux de la rampe

Franck Raoul Pedro

11 Novembre 2008


La chanteuse sud-africaine, Miriam Makeba, affectueusement appelée «Mama Africa» grande figure de la lutte contre l'apartheid, est morte d'une crise cardiaque dans la nuit de dimanche à lundi, peu après s'être produite sur scène. Devenue un des symboles de la lutte contre l'apartheid, Miriam Makeba, chanteuse sud-africaine née à Johannesburg le 4 mars 1932 et dont le titre phare «Pata, Pata» a fait le tour de la planète, n'aura de cesse de plaider dans ses chansons pour l'amour, la paix et la tolérance.

« Miriam Makeba s'était évanouie et gisait sur le sol » témoigne un photographe de l'Agence France presse. Rapidement transportée à la clinique Pineta Grande de Castel Volturno, la chanteuse est décédée peu après des suites d'une crise cardiaque. Environ un millier de personnes avaient assisté à ce concert donné sur une commune considérée comme un des fiefs de la mafia napolitaine, la Camorra, et où six immigrés africains et un Italien ont été abattus dans des conditions encore obscures en septembre dernier.

Miriam Makeba avait accepté de participer à ce concert dédié au combat de Roberto Saviano, en compagnie de sept de ses musiciens. De son vrai prénom «Zenzi» (diminutif de Uzenzile), Miriam Makeba avait vu le destin de son pays basculer en 1947 avec l'arrivée au pouvoir des nationalistes afrikaners. A vingt-sept ans, elle quitte l'Afrique du sud pour les besoins de sa carrière, sans savoir qu'elle va être bannie de son pays pour ses prises de position anti-apartheid. Un exil qui durera 31 ans et qui la fera vivre un peu partout, de l'Europe aux Etats-Unis.

La chanteuse connait un véritable succès, même si son mariage en 1969 avec le leader des Black Panthers Stokely Carmichael - dont elle se séparera en 1973 - n'est pas du goût des autorités américaines et la pousse à émigrer en Guinée. Après la mort de sa fille unique en 1985, elle retourne vivre en Europe. En 1990, Nelson Mandela avait réussi à la convaincre de revenir en Afrique du sud. Miriam Makeba était devenue Commandeur des Arts et des Lettres en 1985 et avait obtenu la nationalité française en 1990.

«Mama Africa» fut la première musicienne noire sud-africaine à obtenir une reconnaissance internationale, dès la fin des années 1950 aux Etats-Unis. Fille d'une femme de ménage, elle avait débuté dans la chorale de l'école et appris son art en écoutant des enregistrements de chanteuses américaines comme Ella Fitzgerald.

Son style mélangeait le jazz avec des sons traditionnels africains. Sa manière d'inclure les «clics», des claquements de langue propres à la langue Xhosa, lui valut notamment la notoriété. Elle commença à attirer l'attention d'un large public en devenant chanteuse d'un groupe célèbre dans son pays, les Manhattan Brothers, puis perça sur la scène internationale quand Harry Belafonte la fit venir à New York en 1959. Elle ne regagna plus son pays avant 1990, ses prises de position contre le régime d'apartheid la condamnant à l'exil, de l'Europe aux Etats-Unis. Miriam Makeba, qui racontait que son premier mari la frappait souvent, avait divorcé à quatre reprises.

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