12 Novembre 2008
La chanteuse Miriam Makeba, décédée dans la nuit du dimanche au lundi à l'âge de 76 ans en Italie, s'est illustrée par son combat, mais aussi par son talent et sa voix qui ont été source d'inspiration pour de nombreuses autres artistes à travers le continent. Bien plus qu'une artiste au génie certain, elle a ouvert la voie de la scène internationale à d'autres générations de chanteuses qui ne manquaient jamais une occasion de rappeler qu'elle a été une source d'inspiration.
Dans un entretien à l'Aps, la Sénégalaise Coumba Gawlo Seck a fait part de sa « tristesse » à l'annonce de la mort de celle qu'elle considère comme une « grand-mère ». Gawlo a donné une autre dimension à sa carrière internationale en reprenant Pata Pata, un des succès de Makeba qu'elle ne rencontrera qu'en 1999 alors qu'elle recevait un trophée dans le cadre des Kora Awards.
Miriam Makeba a été vraiment une « Mama Africa » pour des artistes africaines, plus ou moins jeunes, qui ont réussi à se faire une place dans le milieu de ce qu'on appelle World Music. Du nord au sud du continent, elle a ouvert la voie, servant d'exemple à ses « filles » qui ne rataient jamais une occasion de le dire.
Dans la bouche de ces chanteuses d'autres générations, le titre Mama Africa témoignait de l'affection et du respect qu'elles lui vouaient. On n'y retrouvait le sens et le poids du talent, du courage et du combat contre l'oppression et l'injustice. Pour la star béninoise Angélique Kidjo, Miriam Makeba a toujours été une référence absolue. Kidjo a enregistré sa version de Malaïka alors qu'elle était adolescente avant de se produire en première partie des concerts de la Sud-africaine.
De la même manière qu'elles sont attachées à leurs pays d'origine, les deux artistes, nées à 28 ans de distance (Makeba en 1932, Angélique Kidjo en 1960) ont eu un rayonnement international avec style empreint de jazz et de soul. C'est dans l'album Djin Djin (Emi, avril 2007) qu'Angélique Kidjo fait le plus sentir l'influence de Mama Africa au point de se poser en héritière idéale de la Dame de Johannesburg. Sa voix y est aussi juste et généreuse que celle de la sud-africaine.
Ses revendications pour un continent digne et sa dénonciation d'une Afrique de l'indifférence et des privilèges ont fait dire à Miriam Makeba que la Béninoise est son héritière spirituelle.
Le parcours de Miriam Makeba est celle d'une combattante qui a vu le destin de son pays basculer en 1947 avec l'arrivée au pouvoir des nationalistes afrikaners. A vingt-sept ans, elle quitte l'Afrique du sud pour entamer sa carrière internationale. Elle ne savait pas alors qu'elle allait être bannie de son pays pour ses prises de position contre le système de l'apartheid.
Miriam Makeba peut se targuer d'avoir des héritières aux quatre coins du continent, non pas par la similitude des voix ou de leurs styles, mais par l'influence qu'elle a exercée sur des artistes qui ont emprunté la voie d'une carrière internationale bien après elle.
La Guinéenne Djanka Diabaté, la Togolaise Afia Mala, la Burundaise Kadja Nine, l'Ivoirienne Nayanka Bell, les Camerounaises Coco Mbassi, Bébé Manga et Charlotte Mango, la Zimbabwéenne Chiwoniso, la Sénégalaise Suzanne Camara, entre autres, revendiquent souvent l'héritage de Miriam Makeba.
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