Agence de Presse Sénégalaise (Dakar)

Afrique: Femi Kuti - "Il faut que le continent parle d'une seule voix à l'ONU"

12 Novembre 2008


Dakar — Les Africains ne pourront "commencer à changer" les choses sur le continent que lorsqu'ils se mettront à parler d'une seule voix au sein de l'Organisation des Nations unies, a soutenu l'artiste nigérian Femi Kuti, un des porte-voix de l'afro-beat, après le décès de son père Fela Kuti, l'inventeur de genre musical en fusion.

Mélange de jazz, de funk et de musique traditionnelle, l'afro-beat a fait la notoriété de Fela partout dans le monde et en particulier au Nigeria où il était en même temps considéré comme un homme politique. Il est décédé en 1997.

"Il faut se rendre à l'évidence, il n'y a aucun visionnaire, parmi les gens au pouvoir (en Afrique, NDLR) qui a l'inspiration pour lutter contre la corruption, amener plus de justice" sur le continent, a déclaré Femi Kuti dans une interview parue sur rfimusique.com.

Prié de dire quelle serait alors la solution pour l'avenir de l'Afrique, Femi Kuti a répondu : "Quand l'homme africain pourra s'asseoir à l'ONU comme un seul peuple, alors là, le cours des choses pourra commencer à changer".

"Il n'y a pas de démocratie en Afrique. Quant à l'Europe et aux Etats-Unis, ils étaient hypocrites lorsqu'ils promettaient d'investir sur le continent africain, pour aider au développement. Les combats à mener aujourd'hui sont les mêmes qu'hier", a-t-il tranché.

Selon rfiimusique.com, "Day By day", le dernier disque "excitant et original" de Femi Kuti "propose une musique infernale porteuse de mots à la rage rebelle, des cuivres en folie et une voix agitée d'orages".

Ce style rappelle fort bien celui de Fela, fondateur de l'organisation dénommée la "République de Kalakuta" et qui a grandement pesé, à ce titre, sur la vie sociopolitique de son pays natal. Fela se servait de sa musique comme d'une redoutable arme pour brosser un sombre tableau des mÅ"urs sociopolitiques.

Ses chansons en pidgin l'anglais du petit peuple - qui durent en moyenne un quart d'heure sont souvent de virulentes diatribes contre la dictature militaire, la corruption qui gangrène les élites, mais décrivent aussi la misère de la rue et suggèrent à l'Africain qu'il doit conquérir sa liberté par un retour aux sources qui lui rendra son identité et sa vérité.

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