Africa Renewal (United Nations)
Efam Dovi
12 Novembre 2008
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L'Institut mondial des caisses d'épargne estime que le nombre de comptes d'épargne postaux dépasse dans certains pays celui de tous les comptes de dépôt détenus par les banques ordinaires. La caisse nationale d'épargne postale du Bénin gérait en 2001 environ 360 000 comptes d'épargne, par comparaison aux 162 000 des banques traditionnelles. Au Kenya en 2003, le nombre de comptes postaux atteignait presque celui des comptes de dépôt bancaires.
Selon Hugues Kamewe, un conseiller financier de l'Institut, les caisses d'épargne postales ont un rôle vital à jouer dans l'infrastructure économique et sociale des pays d'Afrique où la majorité de la population économiquement active n'a pas accès aux banques traditionnelles.
La contribution des nouvelles technologies
Les récents développements technologiques de la téléphonie mobile peuvent aider à améliorer l'accès des plus pauvres aux services financiers, et on l'espère, à mobiliser l'épargne. En Afrique du Sud, en République démocratique du Congo, en Zambie et au Kenya la téléphonie mobile a étendu les services bancaires à des régions éloignées où les banques traditionnelles étaient physiquement absentes ou trop chères. Les abonnés au téléphone peuvent ouvrir un compte, vérifier leur solde, régler des factures ou transférer de l'argent (cf. Afrique Renouveau, janvier 2008).
Bien que peu d'Africains aient un compte en banque, selon l'Union internationale des télécommunications, près de 80 millions ont un téléphone cellulaire. FinMark Trust, un cabinet d'études qui veut rendre les services financiers plus accessibles, rapporte qu'au Kenya et au Botswana 17 % de ceux qui n'ont pas de compte en banque ont néanmoins un téléphone mobile. Au Kenya, 1 million de personnes utilisent le système de paiement par téléphonie mobile M-Pesa.
Viser l'investissement
"Développer l'épargne et s'assurer qu'elle est orientée vers des investissements productifs est essentiel pour la croissance économique", note le rapport 2005 du Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies intitulé Mobiliser les ressources financières nationales pour le développement. Le rapport affirme que "ces objectifs devraient par conséquent être une préoccupation centrale des décideurs nationaux."
Actuellement cependant, les pays africains n'ont pas la capacité d'orienter efficacement l'épargne nationale vers les investissements productifs à cause de leurs "systèmes financiers peu diversifiés" et d'institutions financières peu performantes, note M. Gayi. Il suggère la mise sur pied de fonds d'investissements à long terme. "Les ressources nécessaires pourraient être mises en commun par un large rassemblement d'opérateurs financiers possédant d'importantes liquidités, comme les compagnies d'assurance, les banques privées ou les fonds de pension."
Quand il y a un boom des matières premières ou des revenus d'exportation plus élevés que prévus, ajoute M. Gayi, "une partie de cette aubaine pourrait être allouée à ce fonds." "Les politiques qui aident les pays africains à améliorer la mobilisation et l'utilisation de leurs ressources nationales pourraient ainsi profiter à l'économie en général."
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