Africa Renewal (United Nations)
Gumisai Mutume
12 Novembre 2008
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Les accords intérimaires ne concernent que les produits, l'accès aux marchés de l'UE et la coopération pour le développement. Il est toutefois entendu qu'à la longue les signataires négocieraient la libéralisation des services et autres questions relatives aux échanges commerciaux, comme les investissements et la passation des marchés publics. L'Afrique du Sud a décidé de quitter les négociations à la suite de la demande qui lui a été faite par l'UE de libéraliser ses services, notamment en ouvrant les secteurs bancaires et touristiques aux entreprises européennes.
Hanno Rumpf, ambassadeur namibien à Bruxelles, signale un autre problème. En effet, dans le cadre des APE, l'Union européenne insiste pour que les gouvernements de la SADC cessent d'utiliser les taxes et les prélèvements à l'exportation pour encourager les entreprises locales à bonifier leur production. Ces mesures ont pour but de promouvoir l'augmentation des exportations de produits manufacturés, réduisant ainsi la dépendance des pays de la SADC vis-à-vis des exportations de minéraux et d'autres matières premières.
Certains pays africains et certaines organisations non gouvernementales préconisent une réouverture des négociations sur les points les plus controversés des accords intérimaires.
Une réunion de haut niveau sur les APE a affirmé qu'une aide supplémentaire des bailleurs de fonds "ne saurait compenser la rédaction précipitée des mauvaises dispositions de ces accords". Les participants à la réunion ont aussi estimé que les pays signataires des APE sont en droit d'exiger une réouverture des négociations pour s'assurer que les accords correspondent aux programmes et aspirations de développement national et régional.
Mary Chinery-Hesse, conseillère principale du Président du Ghana John Kufuor, affirme qu'il y a eu des progrès considérables depuis la conclusion il y a trois ans d'un accord entre les agences de bailleurs de fonds et les pays récipiendaires sur l'amélioration de la qualité et de l'efficacité de l'aide au monde en développement. Lors d'un forum de haut niveau consacré à l'efficacité de l'aide à l'Afrique qui s'est tenu du 2 au 4 septembre à Accra, la capitale du Ghana, elle a déclaré que, de son point de vue, il y avait eu des changements dans ce domaine. Cependant, a-t-elle déploré, "les changements sont lents. Il reste encore beaucoup à faire".
La manifestation, qui a rassemblé 1 700 participants du monde entier, dont plus d'une centaine de ministres et 80 représentants de la société civile, a évalué la mise en oeuvre de la Déclaration de Paris signée en 2005 par bon nombre de pays bailleurs de fonds, d'institutions multilatérales et de pays récipiendaires d'une aide. Ils ont invité les pays en développement à mieux assumer la mise en oeuvre des programmes d'aide et invité les bailleurs de fonds à mieux coordonner leur aide et à la conformer aux priorités nationales. Une enquête présentée au forum d'Accra a fait état de progrès dans de nombreux domaines, tout en soulignant le caractère encore très imprévisible de l'acheminement de l'aide ainsi que le long processus compliqué et onéreux de la présentation des conditions requises.
Le Président Kufuor a affirmé que les retards dans la distribution de l'aide pouvaient provoquer des désillusions sur le plan politique et fragiliser les gouvernements, notamment les équipes dirigeantes élues de manière démocratique. Ann Veneman, Directrice générale du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), a pour sa part précisé que le financement du développement restait souvent imprévisible, subordonné et lié à certaines conditions, alors qu'il devrait s'adapter aux "priorités et systèmes" des pays récipiendaires. Les participants au forum ont adopté le Programme d'action d'Accra qui prévoit, entre autres, le renforcement du leadership des pays, l'amélioration de la transparence en matière d'octroi et d'utilisation de l'aide et l'établissement de conditions propices à un engagement plus actif des groupes de la société civile.
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