Christian Lang
17 Novembre 2008
Après trois ans de négociations, la convention collective des journalistes a été signée hier 12 novembre 2008 à Yaoundé entre les différentes parties . Un jour nouveau s'est levé pour les journalistes et auxiliaires de la presse du Cameroun. La convention collective nationale des journalistes et des métiers connexes de la communication a été signée à Yaoundé mercredi 12 novembre 2008.
« Sous nos yeux, le troisième millénaire vient de naître », s'est réjouit Jean Pierre Biyiti bi Essam, le ministre de la Communication. Il compare cette signature de convention collective à la célébration « des noces des journalistes du Cameroun ».
C'est un jour nouveau qui se lève donc. Car, à en croire le Mincom, il y a la liberté de la presse au Cameroun. Mais les journalistes ne sont pas libres.
Parce que les conditions de travail et de rémunération sont dérisoires. « La convention qui est devant nous vient mettre un terme à la traite des journalistes », a-t-il ajouté.
Robert Nkili, ministre du Travail et de la sécurité sociale, se réjouit de la signature de cette convention collective « après de longues et harassantes négociations ». Aux journalistes et autres professionnels de la communication, il dira, triomphaliste : « votre convention collective est enfin là ! »
Elle va enfin sortir le journalisme « du maquis ». Il demande cependant aux journalistes de faire preuve de professionnalisme « afin que le plus beau métier du monde retrouve ses lettres de noblesse en terre camerounaise ». Jean Baptiste Sipa, représentant du groupe des travailleurs à la Commission mixte paritaire de négociation, salue cet aboutissement.
Pour lui, c'est « une oeuvre de solidarité et de parité ». Jusqu'à présent, les relations entre les employeurs et les employés ne sont pas toujours harmonieuses. « Lorsque le patron n'est pas content, il renvoie. Lorsque l'employé n'est pas content, il grève, il sabote l'entreprise.
Ce n'est pas comme ça qu'on va bâtir une entreprise », martèle J.B Sipa. Mais il prévient que la convention collective n'est ni une fin en soi ni une panacée.
Les entreprises de presse devraient, selon lui, s'ériger en de véritables entités techniquement, financièrement, économiquement et socialement viables.
Il ne manquera pas de mettre les patrons en garde : « Comprenez que vous n'aurez pas de sommeil tant que nous ne nous serons pas mis d'accord ».
Haman Mana, représentant du groupe des employeurs, pense que le gouvernement devrait prendre certaines de leurs préoccupations en considération.
Car, affirme le directeur de publication de Le Jour, le régime fiscal ne leur est pas favorable. En plus, les entreprises de presse ne bénéficient pas des exonérations qui leur sont concédées selon les termes de la Convention de Florence et le protocole additif de Nairobi. Il suggère une revalorisation de l'aide publique allouée à la presse au Cameroun.
La publicité quant à elle devrait revenir en priorité aux entreprises camerounaises. Tout ceci, pour que la convention collective ne soit pas simplement une masse de papiers.
Sur les 14 employeurs figurant sur la liste de travail de la Commission, seul neuf ont paraphé le document, soit 65% de signatures pour contre 100% pour le groupe des travailleurs.
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