Wal Fadjri (Dakar)

Sénégal: Accès à l'eau des populations en milieu rural - Le fluor résiste à la technique belge

Bocar M. Dieng

18 Novembre 2008


Malgré toutes les techniques mises en place par la coopération belge, le fluor résiste encore dans les villages du département de Gossas. Il a certes diminué dans l'eau de nombre de ses villages, mais pas suffisamment.

Les populations Ndiago et Saté Waly, villages situés dans le département de Gossas (région de Fatick), éprouvaient toutes les peines du monde pour s'approvisionner en eau potable avant l'intervention du Parpeba (Projet d'amélioration et de renforcement des points d'eau dans le bassin arachidier). La nappe phréatique dans cette zone a une forte teneur en fluor. Ce faisant, la consommation de cette eau souvent saumâtre constituait un danger pour les populations.

Dès lors, elles étaient obligées de parcourir des kilomètres pour trouver le liquide précieux. Mais depuis 2001, le Parpeba intervient dans ces deux villages avec la réalisation de forages grâce à la coopération technique belge. Ces forages ont été d'ailleurs inaugurés le 29 juin 2001 par Macky Sall, alors ministre des Mines et de l'Hydraulique, accompagné de l'ambassadeur du Royaume Uni de Belgique, Philipe De Clerc.

A Ndiago, le forage avec son château d'eau de 250m3/15m pour 38 km de réseau de distribution, dessert trente-trois villages. Le coût des investissements est estimé à 236 millions de francs Cfa. Par contre, à Saté Waly, le coût des investissements s'élève à 213 millions de francs Cfa. Le forage d'une capacité de 200m3 d'eau dessert en ce moment dix villages. Et ce sont ces deux sites qui viennent d'être visités par des délégations venues de onze pays africains, dans le cadre du Parpeba mis en place par la coopération belge.

La coopération belge vise, à travers cette visite, à procéder à l'échange d'expériences dans le domaine hydraulique entre ses différents partenaires africains. A la fin de la visite, les différentes délégations n'ont pas caché leur satisfaction. Selon Moustapha Thiam, coordonnateur de Parpeba, 'le projet a été une parfaite réussite. Nous sommes très satisfaits, car il y a eu une nette amélioration dans l'approvisionnement en eau.

Et avec l'installation des pilotes dans les maisons pour filtrer l'eau, le fluor a diminué', a-t-il révélé, avant de souligner 'qu'à Ndiago, le fluor existe toujours'. L'ambition réelle, selon les responsables du projet, est de faire disparaître le fluor pour permettre non seulement aux populations d'avoir de l'eau potable, mais aussi de pratiquer du maraîchage. Malheureusement, le fluor résiste encore malgré les techniques mises en place.

Lors de cette visite, les populations bénéficiaires ont, elles aussi, manifesté leur grande satisfaction. Elles en réclament encore. Le Parpeba tire à sa fin. Il est prévu un autre projet pour le suivi de ses réalisations, selon son coordonnateur Moustapha Thiam. Ce nouveau projet devrait intervenir, en plus des régions de Fatick et Kaolack, dans celle de Kaffrine. Atravers le Parpeba, la coopération belge vise, en fait, à lutter contre la pauvreté en milieu rural. A terme, ce projet devra permettre à 260 mille personnes des régions de Fatick, Kaolack et Diourbel d'avoir accès à l'eau potable.

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