Fraternité Matin (Abidjan)

Côte d'Ivoire: Identification : 58 centres ouverts sur 174 prévus à Bouaké - Les agents en grève à Abidjan

Adjé Jean-Alexis

18 Novembre 2008


Abidjan — Après le district d'Abidjan, le 29 septembre, c'est le tour de la ville de Bouaké, capitale de la Vallée du Bandama, en zone Cno, de recevoir des techniciens. L'opération d'identification des populations et du recensement électoral a été officiellement lancée, hier, au Lycée classique et moderne de Bouaké. Ce sont 58 centres de collectes qui ont été ouverts dans la commune de Bouaké sur les 174 prévus.

La cérémonie a été présidée par le ministre du Tourisme et de l'Artisanat, Konaté Sidiki, représentant le Premier ministre Soro Kigbafori Guillaume. Pour la circonstance, il était entouré par des autorités politiques, administratives et militaires de la ville ainsi que des responsables des forces impartiales et du système des Nations Unies.

Le maire de la commune de Bouaké Fanny Ibrahima, à cette occasion, indiqué qu'en organisant cette cérémonie, la CEI (Commission électorale indépendante) met du baume dans le coeur des populations celles de la ville de Bouaké.

Une opération qui mettra définitivement fin à la tracasserie liée à la question des cartes nationales d'identité, a-t-il précisé. C'est pourquoi, il a prié Dieu pour que cette opération soit couronnée de succès afin qu'elle permette aux populations de sa commune de se faire établir leur carte nationale d'identité.

Le superviseur de la CEI de la région de la Vallée du Bandama, Bamba Yacouba, représentant le président de ladite institution, a dit que le lancement de l'opération d'identification à Bouaké est un grand jour. Selon lui, cette opération ouvre à la Côte d'Ivoire le canal d'accès aux élections tant attendues par les Ivoiriens.

Pour ce faire, il a souligné que c'est le fruit de la convergence de plusieurs volontés. Celle des signataires des Accords politiques de Ouagadougou ainsi que des principaux acteurs politiques qui soutiennent et consolident le fondement desdits accords.

Celle de la communauté internationale qui déploie de gros efforts pour cristalliser et renforcer les mécanismes de l'évolution mis en place par les Ivoiriens.

Enfin, celle de la population ivoirienne, elle-même qui dans son ensemble souhaite une sortie de crise apaisée marquée par des élections démocratiques et transparentes.

Le superviseur de la CEI de la région de la Vallée du Bandama a fait savoir que le lancement de l'opération d'identification des populations à Bouaké permettra de donner un emploi temporaire à plus de 1044 jeunes Ivoiriens pour plusieurs semaines d'activités.

Le ministre Konaté Sidiki a fait remarquer que l'opération d'identification est importante pour toute la Côte d'Ivoire. Car aujourd'hui tous les Ivoiriens et le monde entier ont les yeux tournés vers Bouaké.

Parce que Bouaké est la deuxième ville de la Côte d'Ivoire mais aussi cette ville a été vue depuis 6 ans comme le quartier général des Forces nouvelles.

Puis, il a affirmé que, le processus d'identification s'est bien passé dans la partie sud et que Bouaké va ouvrir la porte à la partie nord du pays. Pour cela, il a noté que déjà plusieurs interrogations fusent de partout. Mais le ministre a tenu à rassurer les uns et les autres que Bouaké va et doit relever le défi.

«Pour ce faire, a-t-il fait remarquer, tous les responsables de la ville de Bouaké et leurs invités sont réunis ici ce matin. Afin que les uns et les autres prennent conscience de l'importance de cette journée pour tout le processus de sortie de crise en Côte d'Ivoire».

"L'acte suffit en lui-même pour dire si l'Accord politique de Ouaga est bon ou pas" a-t-il dit. Avant de poursuivre en ces termes "un accord n'est bon que s'il donne des résultats concrets. Or, ce que nous allons faire est concret, il s'agit de vous donner une carte nationale après l'opération que vous allez faire, donc l'APO est bon et peut nous amener à la paix".

le ministre Sidiki Konaté a souligné que le gouvernement compte sur la population de Bouaké, les acteurs politiques, les dignitaires religieux et les responsables des communautés ethniques pour sensibiliser les populations ivoiriennes à se faire enrôler massivement.

"Parce que s'il y a des cas de fraudes, les gens vont demander que l'opération soit arrêtée", a-t-il averti. Pour donner l'exemple, le ministre Konaté Sidiki, le général Soumaïla Bakayoko et le sous-préfet central de Bouaké, M'bahia Magloire se sont fait enrôler dans le centre de collecte du Lycée classique et moderne de Bouaké.

Après cette opération, le général Soumaïla Bakayoko a lancé un appel à l'ensemble de tous les militaires des Forces armées des Forces nouvelles pour se faire enrôler. Parce qu'il voudrait bien que son acte soit imité par ses hommes.

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