Pierre Emangongo
20 Novembre 2008
Kinshasa — Le président de la Commission de l'Union africaine, le Gabonais Jean Ping a eu, en marge de la conférence des ministres des Finances, le mercredi 12 novembre 2008, un entretien avec la presse à l'hôtel Ramada Plaza de Tunis. Répondant à une question sur le déploiement d'une force régionale dans l'Est de la République démocratique du Congo, M. Jean Ping a fait savoir que c'est le communiqué de Nairobi qui a recommandé le déploiement d'une force régionale des Grands Lacs.
Interrogé sur la contribution de l'UA pour le déploiement de cette force, Jean Ping a répondu par l'affirmative, en déclarant : « Nous sommes au Darfour, comment croyez-vous que l'on fasse ? On fait comment en Somalie, on fait comment au Darfour, on fait comment ailleurs ? Nous y sommes ». Cependant, il a fait remarquer simplement que la crise du Congo a commencé avant la naissance de l'Union africaine qui n'a que six ans d'existence. Quand l'Union africaine est née, on avait déjà les forces de l'Onu, la Monuc était, d'après Jean Ping, déjà présente au Congo.
Il a, ensuite, fait remarquer qu'il ne faut pas oublier que l'Onu n'est pas un organisme étranger, et que sur les 192 pays membres de l'Onu, 53 sont des Etats africains. Et c'est l'Onu qui a la responsabilité première du maintien de la paix dans le monde. C'est ainsi que l'UA a, selon Jean Ping, estimé, à juste titre, que l'Onu étant là, nous lui laissons faire ce travail là. Tout en reconnaissant qu'il y a eu un certain nombre de progrès, le président de la Commission de l'UA a constaté que ces progrès sont insuffisants et que l'action de l'Onu reste une action insuffisante en raison du mandat même qui a été donné à la Monuc dans l'Est du Congo.
« Ce n'est pas une force d'imposition de la paix. C'est une force de maintien de la paix ou d'interposition et qu'elle n'a pas donc toujours l'autorisation de tirer. Quoi qu'en ce qui concerne la Monuc, il y a des éléments du chapitre 7 qui permettent quand même à la Monuc de pouvoir faire usage de la force dans certaines circonstances précises mais ça ne permet pas, pour le moment, à cette force de régler tous les problèmes qui se posent à l'Est du Congo », a-t-il expliqué.
Ce qui justifie, selon lui, la déception des populations et celle des Etats africains qui ont demandé à l'Onu de modifier son mandat et de renforcer ses troupes sur place. Il a, cependant, déclaré qu'il fallait être réaliste parce qu'à l'Onu ce sont cinq membres du Conseil de sécurité, le P5, qui ont le droit de veto. C'est dans ce contexte que M. Jean Ping a conclu qu'«il faut prendre des mesures qui permettent de maintenir le cessez-le-feu, d'assurer l'aide humanitaire aux populations qui souffrent et de rechercher une paix durable au Congo».
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2008 Le Potentiel. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.